Archives du décembre, 2008

Chapitre VI — Initiation : parfum et chair de femme

Chapitre VI — Initiation : parfum et chair de femme

Quelques mois avant de quitter la maison familiale, je remarquai une magnifique jeune femme blonde qui avait certainement vingt-trois ou vingt-quatre ans. Elle demeurait seule dans l’appartement adjacent au nôtre. Impossible pour un jeune homme de mon âge (seize ans) d’être insensible à sa beauté et ses courbes toutes en féminité. Je ne manquais jamais l’occasion de la saluer au passage et de lui faire savoir, par mon sourire et mes yeux posés sur elle, l’attirance que je ressentais. Elle était belle et blonde comme un lever de soleil et émanait d’elle un parfum légèrement vanillé. Elle avait les yeux bleus – pour l’amour — et un corps suggérant tous les plaisirs. Cette femme nourrissait très souvent mes fantasmes nocturnes.

Oui, j’ai bien eu de petites aventures amoureuses et charnelles auparavant, mais je n’avais pas encore goûté à la plénitude de l’extase que procure une relation intime complète avec une femme, d’expérience de surcroît. Pour un jeune homme, cette première vraie rencontre au féminin est un moment très attendu et ardemment souhaité. Ce jour-là, je pris mon courage à deux mains et alla sonner à sa porte. Elle me répondit avec un naturel désarmant, comme si elle m’attendait! Elle m’invita à entrer et m’offrit quelque chose à boire. Assis au salon, nous engageâmes la discussion, et très rapidement je m’informai de ce qu’elle faisait comme travail, d’où elle était native, si elle avait un copain, etc. Quoique pour le copain, j’avais remarqué qu’un certain nombre de garçons venaient la visiter occasionnellement. En vérité, cela ne me dérangeait guère, car ce que je désirais n’était pas de l’ordre amoureux, mais…

Je me souviens qu’à la deuxième bière offerte je suis allé la rejoindre à la cuisine. Pendant qu’elle débouchait celle-ci, moi placé derrière elle, je posai mes mains sur ses épaules, déposai mes lèvres sur le bas de son cou en l’embrassant tendrement, tout en laissant glisser mes mains sur ses hanches, fébrilement jusqu’à ses fesses. Ces prémisses se poursuivirent jusqu’au salon par des échanges de baisers salivés et langoureux. Tout ce manège des corps brûlants de désir dura pendant quatre soirs consécutifs. Elle me refusa l’accès au plaisir ultime jusqu’au soir (le quatrième) où elle décida que le moment était venu. Après que nos bouches se soient retrouvées et nos corps reconnus, elle me prit par la main, me tira doucement vers sa chambre, me guida jusqu’à son lit. Mon cœur palpitait au rythme de celui d’un marathonien. Nous nous retrouvâmes nus dans un temps record. Ma bouche, mes mains, mon corps tout entier ne savaient plus où donner de la tête. Elle prit mon pénis dans sa main et le dirigea très adroitement vers l’antre tant convoité. Pour la suite, je vous laisse imaginer…

Ce que je me rappelle aujourd’hui avec le recul, c’est que je n’avais que seize ans : c’était ma première fois! Malheureusement, je n’ai pas su faire durer le plaisir. Mais quand même, j’avais le sentiment d’avoir franchi une étape importante dans ma vie de jeune homme. Après l’avoir quitté, difficilement d’ailleurs, je rentrai chez mes parents par la fenêtre de la salle de bain que j’avais préalablement entrouverte. Il faut que vous sachiez que ma mère barrait les portes le soir avant de se coucher. Comme j’avais perdu ma clé et qu’il était très tard, je ne voulais pas déranger la famille endormie. Marchant sur la pointe des pieds avec tous mes vêtements dans les bras pour me rendre au sous-sol où était ma chambre, j’aperçus ma mère, m’attendant la jambe branlante, assise dans le fauteuil du salon. Elle me fit savoir qu’elle n’était pas contente de l’heure de mon arrivée et de mes fréquentations peu recommandables, faisant allusion à la jeune déesse d’à côté!

Sur ces propos brefs et peu flatteurs, j’allai me coucher, le cœur léger, le corps et la tête toujours avec la jeune femme de peu de vertus. Au matin, toute la famille réunie pour le déjeuner, ma mère plus silencieuse que d’habitude, mon père, lui, posa sur moi un regard complice et fier. Je comprenais qu’il signifiait sa satisfaction de mâle à l’égard de son fils aîné.

Je garderai en mémoire jusqu’à la fin de mes jours le souvenir de cette magnifique jeune femme qui fut la première à me faire découvrir l’intimité au féminin.

Brûle, brûle, passion que j’ai !

Brûle, brûle, passion que j’ai !

ATTENTION

Contenu brûlant !


Chapitre V – Mystère et boules noires

Chapitre V – Mystère et boules noires

Comme je vous le mentionnais, l’année de mes dix-sept ans fut riche en expériences et en découvertes. Avec la décennie des années 1970, apparaissent au Québec dans la mouvance du phénomène de la contre-culture aux États-Unis (mouvement hippie, réaction à la guerre du Viêt Nam, Woodstock) les premières communes hippies. À vrai dire, la perception populaire face au phénomène ne bénéficiait pas d’une image très positive. Pour bien des gens, ces communes étaient des regroupements de hippies fumeux de pot en marge de la société, pratiquant l’amour libre.

La Source décida, dans l’optique d’un prolongement de l’action lié à la mission de l’organisme, de créer une commune. Lieu de réflexion et de réalisation de projets concrets, celle-ci regroupait des personnes membres de la Source. De mémoire, il me semble que cinq à six personnes en faisaient partie. Vous comprendrez que l’esprit qui animait mes amis n’avait rien à voir avec le libéralisme des mœurs et la recherche de joies enfumées lors des soirées festives des communes hippies de l’époque. L’idée de me joindre à ce groupe m’animait vraiment! J’avoue que je me foutais pas mal de ce que les gens pouvaient en penser. De toute façon, je connaissais la valeur de la démarche de mes collègues et le sérieux de notre organisme sous la direction du Père Giroux.

Au grand découragement de mes parents, ceux-ci ont dû s’habituer à me voir sandales aux pieds, portant barbe et cheveux longs. Je vécus cette période de quelques mois (quatre) très intensément, faisant l’apprentissage du partage des tâches, la préparation des repas et la dynamique de groupe. Pas toujours évident d’assumer les règles établies par la majorité et de s’harmoniser au caractère de chacun. Enfin, j’y ai appris beaucoup sur moi-même et le sens du mot communiqué.

À cet âge, se retrouver sous le même toit qu’un professeur, un philosophe, un prêtre, un travailleur social et un ouvrier dont les démarches sont à la fois spirituelles et engagées dans la poursuite de l’action humanitaire, commandait une maturité que je ne possédasse pas totalement. Malgré tout, j’étais à l’école de la vie et j’apprenais en écoutant parler mes amis plus vieux et expérimentés. J’avais abandonné le secondaire, et ce, malgré le désaccord et l’incompréhension ressentis par les membres de ma famille. Je savais intérieurement que j’y retournerais un jour. Dans ma tête, tout était clair : je serais tôt ou tard diplômé universitaire, un point c’est tout. Je ne pouvais envisager mon cheminement académique sans des pauses incontournables où j’apprenais sur moi et calmais ma soif de vivre et de découvrir de nouveaux horizons.

Je vais vous raconter une histoire authentique liée à l’apprentissage de la préparation du repas du soir pour un groupe d’hommes affamés après une journée de travail exigeant. Un de mes amis avait la charge, ce soir-là, de nous concocter le repas du souper. Moi je travaillais comme inspecteur sur la tour à gaz d’Hydro Québec, rue Verdun dans le quartier St-Malo. J’étais assigné à la ronde de nuit depuis le début de mon emploi, c’est-à-dire quelques mois. Les autres membres de la commune occupaient des postes de jour. Chacun d’entre nous avait la tâche de préparer le souper, et ce, à tour de rôle. Ce soir-là, la personne désignée nous annonça en grande pompe qu’un civet de lièvre avec petites patates bouillies accompagné d’une salade verte de jardin agrémentée de crème fraîche nous serait servi vers les 19 heures, heure habituelle du repas du soir. Nous avons faim et sommes pressés de goûter ces lièvres cuisinés par le maître-chef du jour. Ce dernier nous permettait à l’occasion d’aller humer ces petites bêtes à la vue desquelles nos papilles gustatives s’emballaient, sachant qu’elles allaient faire notre délice. Voilà le moment tant attendu enfin arrivé. Table bien montée et verre de rouge accompagnaient ce repas un peu spécial!

Chacun d’entre nous est appelé à la cuisine par le chef pour qu’il remplisse notre assiette du délicieux civet et des petites patates rondes bouillies à point. Une fois tout le monde servi, nous levons notre verre à la santé de notre ami le cook et commençons à déguster notre plat. Nous mangeons tous avec appétit et sans retenue, manifestant par une gestuelle approbatrice le goût fin et magnifiquement assaisonné des lièvres bouillis.

La parole est animée, heureuse, contre poids à une journée de travail souvent éreintante pour plusieurs d’entre nous. Le plat principal terminé, la discussion bifurque sur la préparation et la façon d’apprêter ce petit animal des bois. Notre ami le chef explique comment il s’y est pris pour la cuisson du lièvre en nous avouant candidement qu’il en est à sa première expérience du genre. Des félicitations et des bravos accompagnaient notre satisfaction. Franchement, pour une première fois, c’était drôlement réussi! Au fur et à mesure de ses explications, nous découvrons que nous avons aussi mangé les abats de nos petits animaux. Pourquoi pas? Excellent pour la santé le foie et tout le tralala… Enfin, nous cherchons à identifier les petites boules noires rencontrées çà et là dans nos assiettes. Question : d’où provenaient-elles? Interrogations, tentatives d’explications, rien à y faire, personne autour de la table ne détenait la réponse. L’un d’entre nous décida d’en avoir le coeur net et téléphona à un copain cuisinier professionnel dans un restaurant de Québec. Silence. Nous écoutons tous religieusement la réaction de Pierre et tentons d’anticiper la réponse. Ce dernier revient s’asseoir à la table, le regard un peu gêné, et nous dévoile que le contenu des petits sacs insérés dans l’antre de nos bêtes contenait aussi l’intérieur des intestins de nos lièvres dégustés. Pas un mot dans la pièce, nous ne venons d’apprendre que les petites boules noires englouties avec gourmandise étaient le produit de l’intestin grêle de nos petits lièvres! Blancheur sur certains visages, rictus non contrôlé pour d’autres, nous reniflions nos haleines, incrédules d’avoir mis en bouche le crottin fort goûteux de cet animal héros perdant d’une des fables de Lafontaine. Pas besoin de vous dire que cette histoire drôle à en vomir de gêne a poursuivi pendant des années notre chef-cuisinier d’un soir, ses hôtes ridiculisés par l’ingestion de ces petites boules noires.

Chapitre IV – La source, encrage de ma jeunesse

Chapitre IV – La source, encrage de ma jeunesse

Un jour, un copain de collège m’informe qu’il existe des jeunes (18-35 ans) regroupés à Beauport sous le nom de La Source. Ils travaillaient bénévolement à sensibiliser la population de la région de Québec à l’importance de l’aide humanitaire internationale et la dénonciation des injustices sociales dans notre milieu. Quelques années plus tard (à l’âge de dix-sept ans, 1971), j’intègre avec enthousiasme cette bande de jeunes ouvriers et intellectuels dont le chef était le Père Jacques Giroux, missionnaire du Sacré-Coeur, enseignant à l’école secondaire aujourd’hui dénommée François-Bourrin. La mission du groupe, l’esprit de camaraderie, la poursuite d’une démarche humanitaire et culturelle m’attiraient au plus haut point! J’étais le benjamin du groupe, j’avais la chance de côtoyer une jeunesse adulte, belle dans le coeur et dans l’âme. Le lieu physique où se déroulaient les activités était une ancienne grange-porcherie derrière l’école secondaire François-Bourrin de Beauport. Désaffecté et rénové, ce bâtiment plein de charme, chaleureux, entouré d’arbres centenaires, permettait la présentation de soirées artistiques, de conférences, de réunions et autres activités.

Je me souviens qu’un soir Félix Leclerc, le chantre, le poète était en spectacle sur la scène de cette petite salle à l’italienne finie en planches de grange et de bardeaux de bois. Elle pouvait accueillir près de soixante-dix personnes collées les unes près des autres. Deux spots pour l’éclairage, une petite console, un micro, un immense foyer au mur du fond de la salle, des tables en bois avec quatre chaises et des nappes à carreaux, une ambiance telles les boîtes à chansons des années soixante. Bien entendu, ce soir-là, salle comble, des émotions, des bravos, le coeur plein, un sentiment de fierté d’appartenir à ce peuple que les musiques et les textes poétiques de Félix suscitaient en chacun de nous. À toute heure du jour ou du soir, des discussions animées naissaient autour de la table de la cuisine, pièce centrale du bâtiment. Café, bière, tabac, papier à cigarettes et guitare accompagnaient nos échanges et points de vue sur les sujets les plus divers. Cette table accueillait surtout du rire, du rire plein nos mâchoires. Le sentiment d’être heureux ensemble, d’appartenir à une jeunesse privilégiée et marginale. Nous étions contents de vivre, ne manquions aucune occasion de faire la fête. À ce chapitre, nous savions faire! J’étais très souvent l’instigateur de soirées festives et bien animées.

Sur le plan sociologique, les années soixante-dix représentent une époque époustouflante, effervescente même! Fin de la Révolution tranquille, l’avènement du Parti Québécois, le rapport Parent (révolutionne le monde de l’éducation), la création des cégeps et des polyvalentes, le Bill 22, la loi 101 qui suivit plus tard, l’arrestation et l’emprisonnement des trois chefs syndicaux à Orsainville (j’étais de la marche des contestataires), la montée du féminisme, la création du FLQ (Front de libération du Québec) et ses conséquences malheureusement tragiques, la montée du nationalisme politique et culturel au Québec, l’idée de la sociale démocratie, la nationalisation d’un certain nombre de richesses naturelles, les René Lévesque et les Pierre Bourgault, les Jean Lesage, Daniel Johnson, Gilles Vigneault et Félix Leclerc. En somme, un Québec qui a le goût de grandir, de s’ouvrir à lui-même, aux autres, au monde.

Un projet qui nous tenait beaucoup à cœur était celui du développement de la petite communauté de Villa Riva en République Dominicaine. Toutes nos énergies étaient mobilisées au soutien d’actions concrètes et structurantes : rénovation de l’usine de riz, travaux d’entretien du dispensaire, visite des malades à la léproserie, aide financière pour l’éducation des jeunes du village. Déjà à cette époque, la réflexion du groupe et du Père Giroux sur la problématique du développement des pays du Tiers-Monde était alimentée par une expérience du terrain et une vision lucide de celle-ci. Nous étions dans la mouvance de la théologie de la libération et c’est cette grille d’analyse pour l’affranchissement des peuples opprimés par la dictature et le capitalisme sauvage que nous avions adoptée. L’année de mes dix-sept ans fut riche en expériences, en évolution personnelle et en émotions diverses. Mon intégration à La Source fut pleine et entière. Je me sentais aimé et apprécié par des gens plus vieux que moi que j’admirais et de qui j’apprenais à développer une certaine compréhension du monde, mon goût artistique, et surtout la confiance en moi.

Je peux affirmer aujourd’hui, avec le recul et la connaissance des hommes, que le père Jacques Giroux était un visionnaire, un être engagé et hautement charismatique. Un homme d’une grande spiritualité, un être d’exception par sa détermination, sa foi dans la jeunesse et l’humanité souffrante.

À ceux et celles qui se reconnaissent et qui étaient de cette époque, faites-moi parvenir vos commentaires et photos. Il me fera plaisir de faire partager ces moments sur mon site.

Amour filial

Amour filial

Toi, à l’âme pure et lumineuse
Comme les aurores boréales des nuits célestes,
Venues du pays des glaces éternelles

Mon amour plus fort que la mort elle-même!
Mémoire de ta rentrée dans ce monde
Telle une héroïne à la détermination et au courage
À déchirer les vents d’un autre ailleurs

Ta beauté et ton intelligence du cœur m’émeuvent,
Me touchent, là, dans les profondeurs de mon être
Je t’aime dans la déchirure des regrets silencieux
Du manque de nous deux

Je sais, je sais, ne dis rien!
Nous marcherons seuls le temps qu’il faut
Pour la suite de l’armoire des jours à bâtir

Tu me parleras de ta vie,
Nous parlerons de nous,
Engrangerons dans notre grenier d’amour filial,
Nos regards complices.

Émerveillé devant ce bel être humain que tu es devenu.

Courage ma fille, la quête de soi et la réalisation de ses rêves Exigent du temps!
En attendant, ne gâche pas ton présent,
Mords dans les petits bonheurs de ton quotidien, sois heureuse D’exister,
La vie est un rêve éveillé!

Ton père