Archives du décembre, 2008

Misère et grandeur d’homme

Misère et grandeur d’homme

Trop d’années à boire ta vie
Engourdir le spasme de tes émotions
enfouit dans le creux de tes blessures
mal cicatrisées !

Un soir, j’entend frapper à ma porte,
c’est toi, tremblant de tous tes membres,
la respiration haletante,
fragile comme la feuille d’automne
me demande de l’aide, quoi faire ?

Placer tes vêtements dans un petit sac de toile,
juste ce qu’il faut pour l’urgence !
Tu es beau dans ton combat contre les forces obscures
qui envahissent ce corps en manque de toi depuis trop longtemps !

Seul avec ton âme rebelle, tu quittes en marchant,
ton petit sac de toile à la main, accompagné d’un ange ami, Mario !

Tu es déja Roi.
Trois jours, deux nuits de sevrage,
À croire que tu vas y laisser ton enfance !

Aujourd’hui, six mois plus tard, ton regard est de lumière,
ton corps droit comme les héros des légendes
Ton être tout entier dans l’attente et l’espérance
des yeux de tes fils, posés sur toi !

Je sais ce qu’ils te diront mon ami !
Nous savons maintenant que l’amour existe!

Amitiés,mon ami Jacques

L’affligée

L’affligée

La maladie t’afflige depuis longtemps
tes paroles, sûres et amères,
comme le fiel de l’oublié

Tu ne vois plus la beauté
des regards posés sur toi
Offre ton âme à l’univers
Cherche les sources d’amour
elles sont quelque part, tu les trouveras!

Fais confiance!

Si tu entends, écoute les plus grandes musiques,
le chant des oiseaux, le vent qui souffle dans la nuit.

Si tu vois, lis les plus grands poètes,
regardes la nature qui t’entoure.

Si tu as ton odorat, sens les plus belles fleurs,
les meilleurs arômes, les fruits des champs en été.

Si tu as le toucher, caresses le visage des enfants,
prends la main de ceux que tu aimes.

Si tu as du cœur, aime sans retenue et sans attente de retour
Si tu as de l’esprit, laisse aller ton imaginaire
Si tu as de l’âme, sache que tu es un être unique,
que tu appartiens à l’univers!

Fils d’une seule femme

Fils d’une seule femme

Amour premier
Pudeur du sentiment
Quête de l’absolu
Souvent en manque de toi

Découvre avec les années
la femme, l’artiste, trop longtemps dans la retenue d’un silence obligé
Rançon d’une certaine destinée
Femme d’un seul homme, plein d’enfants à aimer

Infirmière de vocation
Des patients à soigner
Comment ne pas t’oublier !

Aujourd’hui, je t’offre mon regard admiratif
devant ton âme forte, ta relation au monde renouvelée
Mon cœur applaudit, mère passionnée, ce que tu es
à la ligne d’arrivée

Reconnaissance et plus grand sentiment
accompagnent le présent et la suite des temps lumineux.
Saches, quand j’y serai, mère adorée,
me réclamerai d’être ton fils le premier…

 
Mes amours, Roberte ma mère

Citation

Citation

« Les femmes, c’est comme le mois de mai : ça s’en va mais ça revient. » – Félix Leclerc

Chapitre VI — Initiation : parfum et chair de femme

Chapitre VI — Initiation : parfum et chair de femme

Quelques mois avant de quitter la maison familiale, je remarquai une magnifique jeune femme blonde qui avait certainement vingt-trois ou vingt-quatre ans. Elle demeurait seule dans l’appartement adjacent au nôtre. Impossible pour un jeune homme de mon âge (seize ans) d’être insensible à sa beauté et ses courbes toutes en féminité. Je ne manquais jamais l’occasion de la saluer au passage et de lui faire savoir, par mon sourire et mes yeux posés sur elle, l’attirance que je ressentais. Elle était belle et blonde comme un lever de soleil et émanait d’elle un parfum légèrement vanillé. Elle avait les yeux bleus – pour l’amour — et un corps suggérant tous les plaisirs. Cette femme nourrissait très souvent mes fantasmes nocturnes.

Oui, j’ai bien eu de petites aventures amoureuses et charnelles auparavant, mais je n’avais pas encore goûté à la plénitude de l’extase que procure une relation intime complète avec une femme, d’expérience de surcroît. Pour un jeune homme, cette première vraie rencontre au féminin est un moment très attendu et ardemment souhaité. Ce jour-là, je pris mon courage à deux mains et alla sonner à sa porte. Elle me répondit avec un naturel désarmant, comme si elle m’attendait! Elle m’invita à entrer et m’offrit quelque chose à boire. Assis au salon, nous engageâmes la discussion, et très rapidement je m’informai de ce qu’elle faisait comme travail, d’où elle était native, si elle avait un copain, etc. Quoique pour le copain, j’avais remarqué qu’un certain nombre de garçons venaient la visiter occasionnellement. En vérité, cela ne me dérangeait guère, car ce que je désirais n’était pas de l’ordre amoureux, mais…

Je me souviens qu’à la deuxième bière offerte je suis allé la rejoindre à la cuisine. Pendant qu’elle débouchait celle-ci, moi placé derrière elle, je posai mes mains sur ses épaules, déposai mes lèvres sur le bas de son cou en l’embrassant tendrement, tout en laissant glisser mes mains sur ses hanches, fébrilement jusqu’à ses fesses. Ces prémisses se poursuivirent jusqu’au salon par des échanges de baisers salivés et langoureux. Tout ce manège des corps brûlants de désir dura pendant quatre soirs consécutifs. Elle me refusa l’accès au plaisir ultime jusqu’au soir (le quatrième) où elle décida que le moment était venu. Après que nos bouches se soient retrouvées et nos corps reconnus, elle me prit par la main, me tira doucement vers sa chambre, me guida jusqu’à son lit. Mon cœur palpitait au rythme de celui d’un marathonien. Nous nous retrouvâmes nus dans un temps record. Ma bouche, mes mains, mon corps tout entier ne savaient plus où donner de la tête. Elle prit mon pénis dans sa main et le dirigea très adroitement vers l’antre tant convoité. Pour la suite, je vous laisse imaginer…

Ce que je me rappelle aujourd’hui avec le recul, c’est que je n’avais que seize ans : c’était ma première fois! Malheureusement, je n’ai pas su faire durer le plaisir. Mais quand même, j’avais le sentiment d’avoir franchi une étape importante dans ma vie de jeune homme. Après l’avoir quitté, difficilement d’ailleurs, je rentrai chez mes parents par la fenêtre de la salle de bain que j’avais préalablement entrouverte. Il faut que vous sachiez que ma mère barrait les portes le soir avant de se coucher. Comme j’avais perdu ma clé et qu’il était très tard, je ne voulais pas déranger la famille endormie. Marchant sur la pointe des pieds avec tous mes vêtements dans les bras pour me rendre au sous-sol où était ma chambre, j’aperçus ma mère, m’attendant la jambe branlante, assise dans le fauteuil du salon. Elle me fit savoir qu’elle n’était pas contente de l’heure de mon arrivée et de mes fréquentations peu recommandables, faisant allusion à la jeune déesse d’à côté!

Sur ces propos brefs et peu flatteurs, j’allai me coucher, le cœur léger, le corps et la tête toujours avec la jeune femme de peu de vertus. Au matin, toute la famille réunie pour le déjeuner, ma mère plus silencieuse que d’habitude, mon père, lui, posa sur moi un regard complice et fier. Je comprenais qu’il signifiait sa satisfaction de mâle à l’égard de son fils aîné.

Je garderai en mémoire jusqu’à la fin de mes jours le souvenir de cette magnifique jeune femme qui fut la première à me faire découvrir l’intimité au féminin.

 Citation

 Citation

« Aucun changement dans l’homme depuis Caïn : le frère tue son frère. La seule harmonie entre hommes s’appelle alliance, s’il y a un gain. » – Félix Leclerc

« S’il y a pertes : jugements et redevances éternelles. » – Christian Bilodeau

Brûle, brûle, passion que j’ai !

Brûle, brûle, passion que j’ai !

ATTENTION

Contenu brûlant !


Chapitre V – Mystère et boules noires

Chapitre V – Mystère et boules noires

Comme je vous le mentionnais, l’année de mes dix-sept ans fut riche en expériences et en découvertes. Avec la décennie des années 1970, apparaissent au Québec dans la mouvance du phénomène de la contre-culture aux États-Unis (mouvement hippie, réaction à la guerre du Viêt Nam, Woodstock) les premières communes hippies. À vrai dire, la perception populaire face au phénomène ne bénéficiait pas d’une image très positive. Pour bien des gens, ces communes étaient des regroupements de hippies fumeux de pot en marge de la société, pratiquant l’amour libre.

La Source décida, dans l’optique d’un prolongement de l’action lié à la mission de l’organisme, de créer une commune. Lieu de réflexion et de réalisation de projets concrets, celle-ci regroupait des personnes membres de la Source. De mémoire, il me semble que cinq à six personnes en faisaient partie. Vous comprendrez que l’esprit qui animait mes amis n’avait rien à voir avec le libéralisme des mœurs et la recherche de joies enfumées lors des soirées festives des communes hippies de l’époque. L’idée de me joindre à ce groupe m’animait vraiment! J’avoue que je me foutais pas mal de ce que les gens pouvaient en penser. De toute façon, je connaissais la valeur de la démarche de mes collègues et le sérieux de notre organisme sous la direction du Père Giroux.

Au grand découragement de mes parents, ceux-ci ont dû s’habituer à me voir sandales aux pieds, portant barbe et cheveux longs. Je vécus cette période de quelques mois (quatre) très intensément, faisant l’apprentissage du partage des tâches, la préparation des repas et la dynamique de groupe. Pas toujours évident d’assumer les règles établies par la majorité et de s’harmoniser au caractère de chacun. Enfin, j’y ai appris beaucoup sur moi-même et le sens du mot communiqué.

À cet âge, se retrouver sous le même toit qu’un professeur, un philosophe, un prêtre, un travailleur social et un ouvrier dont les démarches sont à la fois spirituelles et engagées dans la poursuite de l’action humanitaire, commandait une maturité que je ne possédasse pas totalement. Malgré tout, j’étais à l’école de la vie et j’apprenais en écoutant parler mes amis plus vieux et expérimentés. J’avais abandonné le secondaire, et ce, malgré le désaccord et l’incompréhension ressentis par les membres de ma famille. Je savais intérieurement que j’y retournerais un jour. Dans ma tête, tout était clair : je serais tôt ou tard diplômé universitaire, un point c’est tout. Je ne pouvais envisager mon cheminement académique sans des pauses incontournables où j’apprenais sur moi et calmais ma soif de vivre et de découvrir de nouveaux horizons.

Je vais vous raconter une histoire authentique liée à l’apprentissage de la préparation du repas du soir pour un groupe d’hommes affamés après une journée de travail exigeant. Un de mes amis avait la charge, ce soir-là, de nous concocter le repas du souper. Moi je travaillais comme inspecteur sur la tour à gaz d’Hydro Québec, rue Verdun dans le quartier St-Malo. J’étais assigné à la ronde de nuit depuis le début de mon emploi, c’est-à-dire quelques mois. Les autres membres de la commune occupaient des postes de jour. Chacun d’entre nous avait la tâche de préparer le souper, et ce, à tour de rôle. Ce soir-là, la personne désignée nous annonça en grande pompe qu’un civet de lièvre avec petites patates bouillies accompagné d’une salade verte de jardin agrémentée de crème fraîche nous serait servi vers les 19 heures, heure habituelle du repas du soir. Nous avons faim et sommes pressés de goûter ces lièvres cuisinés par le maître-chef du jour. Ce dernier nous permettait à l’occasion d’aller humer ces petites bêtes à la vue desquelles nos papilles gustatives s’emballaient, sachant qu’elles allaient faire notre délice. Voilà le moment tant attendu enfin arrivé. Table bien montée et verre de rouge accompagnaient ce repas un peu spécial!

Chacun d’entre nous est appelé à la cuisine par le chef pour qu’il remplisse notre assiette du délicieux civet et des petites patates rondes bouillies à point. Une fois tout le monde servi, nous levons notre verre à la santé de notre ami le cook et commençons à déguster notre plat. Nous mangeons tous avec appétit et sans retenue, manifestant par une gestuelle approbatrice le goût fin et magnifiquement assaisonné des lièvres bouillis.

La parole est animée, heureuse, contre poids à une journée de travail souvent éreintante pour plusieurs d’entre nous. Le plat principal terminé, la discussion bifurque sur la préparation et la façon d’apprêter ce petit animal des bois. Notre ami le chef explique comment il s’y est pris pour la cuisson du lièvre en nous avouant candidement qu’il en est à sa première expérience du genre. Des félicitations et des bravos accompagnaient notre satisfaction. Franchement, pour une première fois, c’était drôlement réussi! Au fur et à mesure de ses explications, nous découvrons que nous avons aussi mangé les abats de nos petits animaux. Pourquoi pas? Excellent pour la santé le foie et tout le tralala… Enfin, nous cherchons à identifier les petites boules noires rencontrées çà et là dans nos assiettes. Question : d’où provenaient-elles? Interrogations, tentatives d’explications, rien à y faire, personne autour de la table ne détenait la réponse. L’un d’entre nous décida d’en avoir le coeur net et téléphona à un copain cuisinier professionnel dans un restaurant de Québec. Silence. Nous écoutons tous religieusement la réaction de Pierre et tentons d’anticiper la réponse. Ce dernier revient s’asseoir à la table, le regard un peu gêné, et nous dévoile que le contenu des petits sacs insérés dans l’antre de nos bêtes contenait aussi l’intérieur des intestins de nos lièvres dégustés. Pas un mot dans la pièce, nous ne venons d’apprendre que les petites boules noires englouties avec gourmandise étaient le produit de l’intestin grêle de nos petits lièvres! Blancheur sur certains visages, rictus non contrôlé pour d’autres, nous reniflions nos haleines, incrédules d’avoir mis en bouche le crottin fort goûteux de cet animal héros perdant d’une des fables de Lafontaine. Pas besoin de vous dire que cette histoire drôle à en vomir de gêne a poursuivi pendant des années notre chef-cuisinier d’un soir, ses hôtes ridiculisés par l’ingestion de ces petites boules noires.

L’appel

L’appel

Plus fragile que la blessure du cœur
Dans la force des vents,
La beauté de tes émotions.
Nature intense et entière
À fleur de peau tes sensibilités exacerbées
Sois l’artiste que la vie appelle
Tu n’as besoin que de toi pour réaliser tes rêves

Citation

Citation

« L’humanité souffrante est un cierge allumé dans la nuit. » — Christian Bilodeau