Chapitre XVI – Le programme jeunesse Katimavik (suite)

J’entre en communication avec monsieur Maurice Tassé de la police amérindienne du Québec. Ses quartiers sont à Pointe-Bleue au Lac St-Jean. Aujourd’hui, cette communauté s’appelle Masteuiash. Je lui explique la nature de mon projet et les objectifs visés. Maurice Tassé est un homme très imposant physiquement, mais d’une grande sensibilité à tout ce qui concerne l’éducation et la jeunesse. Il décide de m’aider et d’assurer la réalisation du séjour des jeunes de Katimavik en forêt. Il connaît un amérindien du milieu, un ami qui est prêt à accueillir le groupe. Nous irons au nord de Girardville, dans le parc Chibougamau.

Nous prenons la route avec le véhicule vingt-quatre passagers appartenant à Katimavik. Nous suivons le véhicule de Maurice qui nous amène sur les lieux du campement. Nous sommes à peu près à cent kilomètres au nord de Girardville, au début du parc. Soudain, Maurice ralentit son véhicule en bordure de la route. Nous nous immobilisons et sortons à la rencontre de motoneigistes venant vers nous. J’en déduis que Maurice avait communiqué avec eux grâce à son cellulaire, les avisant que nous arrivions. Le temps est un peu grisâtre. Il est environ 14h30. Nous débarquons tous nos bagages et les plaçons sur le traîneau attaché à l’une des motoneige. Le transport du matériel et des participants se fait en deux temps. Le sentier de neige qui trace le chemin vers le campement amérindien est tout à fait fabuleux, voir féérique. La neige est abondante et épaisse sur les sapins et les épinettes. Elle est blanche comme du lait, contrastant avec le vert bouteille des épinettes et des pins.

Le trajet dure environ quinze minutes. J’aperçois au loin le bâtiment central du campement. Un imposant camp en bois rond avec une cheminée de tôle argentée. La cabane est entourée de conifères. Des raquettes, des motoneiges, des bidons d’essence et des têtes d’animaux à l’état squelettique sont accrochés aux branches. Ceinturant le campement central, des tentes de toiles épaisse, de couleur blanche tirant sur le gris. À l’intérieure de ces tentes, un petit poêle au milieu et du sapin frais étendu sur les côtés de l’abri. Ça sent bon !