Chapitre XVI – Le programme jeunesse Katimavik (suite)

Au fond, je réalise que je serai de moins en moins chez moi au cours de l’année. Je rencontre plein de nouvelles personnes et je commence à être de plus en plus confortable avec mes futurs collègues de travail. Je suis conscient que je me détache tranquillement de ma vie de couple. Mais j’assume mon choix, je fais confiance à la suite des choses. La formation dure plusieurs semaines. Je rencontre le Sénateur Jacques Hébert, fondateur du programme jeunesse Katimavik et du programme international Jeunesse Canada Monde. Il nous a donné un atelier sur la mission et la philosophie du programme Katimavik. Un personnage avec lequel je n’ai pas eu d’atomes crochus. Je le trouvais un peu froid, prétentieux, et même quelque peu dogmatique. Il est vrai que la feuille de route de l’homme était impressionnante. Il était doté d’une grande intelligence, vif d’esprit, cinglant si l’on ne partageait pas son point de vue. Je comprend pourquoi Pierre-Elliot Trudeau et lui entretenaient des liens d’amitiés solides. Deux personnages publics qui avaient une vision commune de ce que doit être le Canada. Je n’élaborerai pas davantage sur les réalisations et les idées qui unissaient les deux hommes. La littérature est abondante sur le sujet.

À une semaine de la fin de notre formation, j’apprends que mon futur lieu de travail sera Roberval. Une excellente nouvelle ! Je ne serai pas trop loin de Québec, assise de mon domicile et de ma vie amoureuse.

MON TRAVAIL D’AGENT DE GROUPE À ROBERVAL

Je me prépare psychologiquement à recevoir mon premier groupe de jeunes bénévoles arrivant de partout au Canada. Sur le plan organisationnel et logistique, tout est est en place. Je suis prêt et fébrile à vivre cette aventure hors des sentiers battus. Une expérience de travail et de vie très intense ! Ma grande force est ma capacité de relations publiques. Ma créativité et mon sens du leadership seront des atouts précieux pour la suite des choses. Le projet de travail pour les jeunes est extrêmement stimulant. Il s’agit de construire un parc récréatif pour les bénéficiaires de l’hôpital psychiatrique de Roberval. Un parc de grande dimension physique avec des installations de premier plan. Tout un défi pour les trois groupes de jeunes qui auront à réaliser ce projet. Chaque groupe séjourne trois mois dans la communauté d’accueil, puis se déplace ailleurs au Canada. Obligatoirement, ces jeunes feront trois séjours de trois mois au cours du programme. Le ratio est de deux communautés anglophones au pays et une francophone plus souvent au Québec. Douze participants âgés entre dix-sept et vingt-et-un ans forment un groupe. Ils proviennent de partout au Canada et sont regroupés sur le plan linguistique dans un ratio de huit anglophones pour quatre francophones. Une forme de microcosme du Canada à l’échelle linguistique et géographique.

Les participants reçoivent un dollar par jour. Ils sont logés, nourris et véhiculés en plus de bénéficier de la gratuité des diverses activités reliées à la formation et aux sorties éducatives du programme. Le projet profite de la présence d’un formidable contremaître et d’une collaboration sans faille du comité Katimavik local. La résidence des jeunes est située sur le bord d’un lac magnifique. Difficile de demander mieux !

SÉJOUR INOUBLIABLE CHEZ NOS AMIS LES AMÉRINDIENS

Je devais faire découvrir à nos jeunes participants une expérience de vie à la fois éducative et enrichissante sur le plan humain. Un temps d’arrêt de deux semaines était inscrit au programme de travail, tout spécialement pour ce forfait éducatif.

À suivre…