Chapitre XVI – Katimavik chez les Amérindiens (suite)

Les jeunes sont excités et heureux de vivre une expérience humaine enrichissante. De plus, ils découvriront l’univers au quotidien d’un homme de la forêt dans son rapport avec la nature et les animaux. Ce qui m’intéresse particulièrement, ce sont les mœurs, les coutumes et la spiritualité amérindienne. Chacun d’entre nous trouve sa place pour le coucher dans les tentes aménagées pour les circonstances. Le bois pour chauffer le poêle est cordé dehors à portée de main. Pendant notre séjour, nous avons été initiés aux techniques de trappes et nous avons dégusté des viandes de bois tels que l’orignal, le chevreuil et le lièvre. En arrivant au campement central par les sentiers, je remarquai des crânes d’animaux accrochés au bout des branches des arbres. Cette pratique m’intriguait au plus haut point. Je demande au guide de nous expliquer le pourquoi du comment. Il s’agit d’une pratique qui a une dimension spirituelle. Par respect pour l’animal, le chasseur conserve le crâne et le place à un arbre pour que son âme survive dans la forêt. Je ne me souviens plus des autres significations, mais avouons que cette relation entre l’homme et l’animal suppose une relation particulière et privilégiée à la nature.

Nous parcourons le sentier de trappes de notre ami amérindien puis nous arrêtons au piège à loutre. Là, une loutre morte, gelée depuis moins de deux jours a le cou cassé par le rabattement du piège. L’amérindien nous explique la technique de capture et les types d’appâts.

Après quatre jours dans les bois résineux du parc Chibougamau, nous devons faire nos adieux aux membres de la famille Robertson. Avec un petit pincement au cœur, nous repartons la tête heureuse et pleine d’images plus magnifiques les unes que les autres. Les jeunes sont encore sous le charme du vieil amérindien qui, la veille, nous a raconté une histoire de chasse vécue avec son père. Cette histoire, il l’a racontée dans sa langue : le montagnais. Ce voyage m’a ouvert l’esprit sur la sociologie amérindienne, les valeurs que ce peuple porte, le rapport qu’il entretient avec le monde et la beauté de sa culture ancestrale. Les problématiques sont nombreuses, complexes et difficiles à résoudre. La culture amérindienne est animée d’un souffle poétique dont la nature en est l’inspiration. Moi qui aime la poésie !

Je reviendrai sur le sujet à l’occasion de mon deuxième séjour là-bas dans le cadre de l’écriture de ma page Le Soleil en Classe, publiée dans le quotidien le Soleil de Québec. En 1988, je crois, j’organise un concours dans ma page afin de permettre à des jeunes du secondaire habitant le territoire du journal de vivre une expérience humaine et journalistique chez nos amis les Montagnais. J’écrirai sur le sujet bientôt.