Du plus loin que je me souvienne, surtout à partir de la jeune adolescence, je me trouvais maigrelet. J’étais complexé. Quand je pensais à mes grands-pères… Ils étaient des forces de la nature, construits pour veiller tard comme on dit par chez nous. J’ai souffert de ce complexe longtemps. Je savais que j’étais solide physiquement, mais je me sentais mal dans mon corps. Avec ma première compagne, j’ai intégré l’activité sportive à ma vie. À l’âge de vingt-deux ans, un soir en marchant sur la rue St-Joseph à Québec, je vois l’enseigne du Club de Judo de la vieille Capitale. Je suis curieux, j’y entre, juste pour voir! Au départ, comme j’ai un corps longiligne, le Karaté me semble être un sport de combat plus approprié pour moi. Enfin, je monte les deux étages du bâtiment et je regarde par la grande fenêtre pour y découvrir des gars et des filles pratiquants une forme de lutte, un corps à corps où chacun des partenaires cherche à projeter l’autre au sol ou à l’immobiliser. J’avoue qu’au premier abord, je suis un peu perplexe face à ce qui ressemble à du tiraillage. La séance terminée, je demande à parler au professeur. Je rencontre pour la première fois, monsieur Gérard Blanchet, le propriétaire et professeur du Club. Il m’invite à revenir le lendemain soir pour un essai libre. Le lendemain, j’enfile mon judogi, et c’est le coup de foudre.
Tout au long des années qui ont suivi, ce sport m’a apporté énormément sur le plan de mon développement personnel. Il a augmenté et consolidé la confiance en moi, ma force mentale et mon désir de vaincre. Encore aujourd’hui, malgré les épreuves qui se présentent à moi, je ressens toujours cette force intérieure qui m’habite. Je suis persuadé que l’esprit du judo m’a soutenu dans les moments difficiles de ma vie. Onze années de traitements d’hémodialyse sans monter sur le tatami et pratiquer le sport qui m’a le plus fait grandir, j’avoue que je me suis ennuyé. Combattre la force, les habiletés techniques de l’autre, sentir son énergie, c’est quelque chose de très intense comme sensation. La pratique régulière de ce sport permet de nourrir l’esprit de camaraderie entre hommes. La société ne nous le permet pas souvent aujourd’hui. J’ai appris le respect de l’adversité. La plus grande victoire est toujours sur soi-même. Le judo m’a aidé à développer cette conviction profonde que l’on peut vaincre même si l’obstacle se dressant devant soi est important.
L’une de mes plus grandes fiertés est l’obtention de ma ceinture noire, le 4 juin 2006. Le passage de grade s’est fait devant un jury d’experts en judo dans le Nord de Montréal. Pendant une année et demie, j’ai pratiqué mes techniques de projections debout, d’immobilisations au sol, de clés de bras, d’étranglements et les séries de Katas. Après plusieurs années d’absence au Club, je reprenais l’entraînement sous les conseils de mon professeur et maître en judo Gérard Blanchet. Greffé du rein le 9 juillet 2002, après onze années d’attente, je réalisais en 2006 le rêve inscrit dans ma tête depuis l’âge de vingt-deux ans, suite à douze ans de pratique. Revêtir le judogi, un honneur, un privilège! Merci au Judo, à mes camarades, partenaires d’entraînements et à mon professeur Gérard Blanchet pour m’avoir guidé tout au long de la route de l’apprentissage du judo, école de vie.







Mitsuko Thornquist
Everyone loves what you guys tend to be up too. Such clever work and reporting! Keep up the superb works guys I’ve included you guys to my own blogroll.