La transport de l’avion jusqu’au village nous annonçait de facto la dureté du climat, mais aussi la chaleur du peuple Inuit. Je ne parle pas l’Innuktituk, langue de nos hôtes. Nous avons avec nous un représentant Inuit de la Sûreté du Québec basé à Salluit qui, lors de notre séjour, fera office de traducteur. On arrive à se faire comprendre en parlant anglais, mais pour certaines rencontres la langue du pays sera essentielle. Là-bas, la première chose que je remarque est la capacité des Inuits à résister à des températures froides presque insupportables à mes yeux. Ils ont la peau épaisse et cuivrée. À l’occasion, nous apercevons des enfants têtes nues assis dans les sacs à dos de leur mère. Il fait -30 degrés sous zéro. Hallucinant !
Nous sommes hébergés dans des familles. Certains d’entre nous chez les villageois inuits, d’autres comme moi chez les blancs. J’habite chez le professeur blanc de la communauté. J’aurai la possibilité de réaliser une entrevue avec lui ainsi que les jeunes qui m’accompagnent dans le cadre du reportage journalistique. Enseigner dans le grand nord pour un blanc demande une adaptation et une souplesse indispensable aux réalités culturelles du milieu. C’est la même chose pour l’équipe médicale qui travaille au dispensaire du village, puisque la majorité du personnel provient du sud. Les blancs doivent faire face à des conditions de nursing et à des problématiques de santé communautaire bien spécifiques. Toutes les maisons se ressemblent et des odeurs de fuel et d’essence flottent dans l’air du village. La motoneige est reine. Elle représente le moyen de transport par excellence pour la chasse et tous les autres déplacements d’usages. Des chiens esquimaux en grappe aboient et hurlent après je ne sais trop quoi!. L’air est si sec que l’on peut aisément prendre un couteau et découper des petits blocs de neige à même le sol. Je sais maintenant pourquoi l’igloo est l’abri par excellence au pôle nord.
Nos habits, confectionnés pour le climat du nord, sont d’une utilité inimaginable. Je n’ai jamais de toute ma vie ressenti un plus grand froid que sur le détroit d’Hudson à la hauteur de Salluit. Le magasin général, administré par la compagnie de la Baie d’Hudson, offre tous les produits nécessaires à la vie quotidienne. Le fastfood est en demande chez les jeunes. Le coût de la vie est faramineux et les communications, soit par la poste ou avec le satellite, aiguisent la patience. Cette patience, les inuits la possède, ça il n’y a pas de doute ! C’est plus difficile pour les blancs qui doivent s’adapter au rythme de vie du Nord. Moi, j’ai compris ce qu’est la notion du temps pour un Inuit: si tu donnes rendez-vous à l’un d’eux à 10:00, il est fort possible qu’il arrive à 14:00. Une autre culture, une autre mentalité ! Je crois que c’est tout à fait normal, compte tenu de leur style de vie et de la relation forte qu’ils entretiennent avec la nature et le climat.
EXPÉDITION SUR LES GLACES DU DÉTROIT D’HUDSONNous nous levons tôt. Nous prenons un petit déjeuner conventionnel et buvons beaucoup de café. Nous partons avec les chiens et les motoneiges en expédition pour chasser le phoque sur les glaces du Détroit.







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