Début des années 1990. Je quitte le Soleil après une entente de règlement de départ. La haute direction sous la férule de Sir Conrad Black décide de se retirer du programme Journal en Classe et de fermer mon poste. Évidemment, la nouvelle ne me fait pas plaisir. Je m’entend bien avec monsieur Jean Fortier qui est le vice-président marketing de l’entreprise. Il me laisse entendre que si je le veux, il y a une place pour moi comme conseiller publicitaire ou peut-être à la salle de rédaction. Mais j’ai le goût de l’entrepreneuriat, de lancer ma propre firme,d’être mon propre patron. Avec la prime de départ, j’envisage de prendre un peu de repos et de mettre au monde ma petite boîte de communication. Quitter le Soleil n’est pas une chose facile. J’y laisse de bons collègues de travail, un attachement qui ne fait pas de doute. Quand l’essentiel de ton travail est de vendre ton entreprise, de la présenter, de la représenter, d’en faire la promotion et la mise en marché auprès de clientèles enthousiastes, il est difficile de quitter la scène.Dire adieu à ma page dominicale dont j’étais le concepteur et le réalisateur tant sur le plan de la facture que du contenu rédactionnel.J’apprendrai, avec le temps, à quel point il est difficile de faire le sevrage de l’égo quand il est nourrit par un média. L’humilité reprend ses droits et la vanité une bonne leçon de vie !
Ma vie sentimentale et amoureuse est dans une mouvance digne du cerveau humain : bicéphale. D’un côté la passion amoureuse et sexuelle, de l’autre, la raison, l’attachement,la sécurité du connu, la profonde complicité liée à treize ans de vie commune. Je suis mêlé, et pas à peu près ! Comment ai-je pu me retrouver dans une telle impasse psychologique ? Il faut que je m’en sorte, et je m’en sortirai ! Mais à quel prix !?




