Voilà, c’est clair et sans appel. Mon destin s’écrit. J’en connais la teneur et un peu les aboutissants. L’Hôtel-Dieu de Québec sera ma deuxième maison et la tubulure pour la dialyse deviendra le cordon ombilical me rattachant à la vie. J’aurai une machine comme mère purificatrice de mon sang et, si je suis chanceux, le rein d’un autre être humain. Mais en attendant, pas question que je capitule devant la vie et ses coups bas. J’ai décidé de vivre à plein régime et de ne pas m’économiser pour sauver quelques mois afin d’éviter l’incontournable.
J’offre mes services à la Société de coopération au développement international. Cette société, issue du mouvement coopératif Québécois, était à la recherche d’un directeur des communications pour travailler sur un mandat bien précis : sensibiliser les autorités politiques et la population en général au budget Canadien accordé à l’aide internationale. Ce budget annuel se retrouvait, avec les Conservateurs, sous le seuil du 1%, ce qui mettait en péril la survie d’un bon nombre d’ONG, d’ING et de projets dans le Tiers monde. Les services de ma firme sont retenus pour ce mandat. J’aborde ce dossier en deux volets : le volet politique, avec comme stratégie une tournée personnalisée des députés et ministres conservateurs du Québec. Accompagné du Président de Socodevi, j’organise des rencontres d’information et de sensibilisation auprès des principaux leaders politiques du gouvernement Conservateur. Le deuxième volet est la sensibilisation de l’ensemble de la population à la problématique de l’aide internationale. Ma stratégie consiste à organiser un concours national ciblant les jeunes de niveau secondaire en les invitants à venir passer dix jours avec des coopérants de Socodevi à Abijan en Afrique de l’Ouest. L’autorisation des parents est obligatoire et incite ces derniers à s’intéresser au concours. Un concours qui, grâce à la participation des médias écrits de Québécor et de TQS a permis l’atteinte de nos objectifs.
Mon mandat terminé, je quitte Socodevi pour travailler comme consultant auprès de quelques députés du Bloc Québécois. À cette époque, les députés du Bloc commençaient à la Chambre des Communes à Ottawa. Bon nombre d’entre eux n’avaient aucune expérience des médias et de l’importance de favoriser une image publique positive et cohérente. Je travaillai avec quelques députés de la région de Québec sur divers aspects reliés à la communication médiatique et publique. Mon état de santé est stable, mais les signes physiques ne mentent pas : j’ai les yeux bouffis, une fatigue généralisée m’afflige, j’ai de la difficulté à contrôler mon hypertension artérielle. Enfin, je vis une journée à la fois et je me concentre sur le développement de ma firme et la grossesse de ma compagne. J’ai encore, à l’occasion, des bouffées d’ennui. Pas facile de fermer la porte à l’appel d’une partie de soi-même et aux attraits d’une forte passion enivrante.




