Chapitre XXX – Début de mon chemin de Compostelle

Retour de notre tournée chantante dans toutes les régions de la France. Claude Bégin ne m’a pas offert d’être soliste. Je crois qu’il sait que tout ne tourne pas rond dans ma vie. Enfin, il me connaît après toutes ces années de chant choral. Le voyage m’a fait du bien sur le plan moral, mais le physique commence à m’inquiéter sérieusement. Je retrouve ma compagne et mon père à l’aéroport. Je sais dans mon cœur que la suite des choses m’appartient. Pendant mes quelques semaines d’absences, mon frère et mon père ont déménagé mes affaires personnelles chez ma compagne la mère de mon futur enfant.

Nous décidons de retourner vivre au pays de nos premiers amours : le Lac Beauport. La grossesse se déroule bien. J’ai quitté définitivement Le Soleil et j’ai créé ma propre entreprise de communications. J’ai installé mon bureau d’affaires dans le mail St-Roch à Québec. Mes premiers contrats s’orientent vers la levée de fonds. Je suis dans le financement du volleyball de plage pour la tenue d’un championnat. J’ai également comme client l’équipe de basketball du Rouge et Or de l’Université Laval. En parallèle, j’anime en direct une émission d’une heure qui s’appelle Dossier Actualités. Cette expérience d’animation télévisuelle durera une saison complète.

Ma compagne et moi nous préparons pour la venue de notre enfant. Nous sommes biens installés, la chambre du bébé est pratiquement prête. Je me sens si bizarre parfois ! Étranger dans cet univers, étranger à moi-même. Je m’ennuie de mon autre vie, j’ai des élans du cœur et surtout du corps qui me hantent ! J’arrive à m’accrocher, à me raisonner, mais je sais que je ne suis plus celui d’avant. J’ai changé, et seulement la venue de mon enfant pourra me retenir. Pas facile de faire des affaires dans l’univers des communications à Québec. J’approche mon ancien employeur le Soleil afin de leur offrir un partenariat pour la diffusion de mes ateliers-conférences sur les médias. La direction accepte de publiciser mes services sur l’ensemble de son territoire. En échange, j’utilise le Soleil et tout le matériel relié à la production et rédaction du journal pour mes démonstrations devant les diverses clientèles. Je cible le marché scolaire et les entreprises. Je voyage partout au Québec. Mes ateliers-conférences connaissent du succès, suffisamment pour que le Collège de Jonquière, au département des technologies des médias, s’intéresse au concept que j’ai développé. Il me contacte par l’intermédiaire de la directrice du département qui me propose de négocier une entente. Elle me rencontre à Québec pendant quelques minutes et m’invite à lui formuler une offre pouvant me satisfaire. Je lui ai fait une offre monétaire, puis d’autres propositions dans les semaines qui ont suivies notre rencontre. Je crois que ma demande en argent était trop substantielle, parce qu’elle me répondit par la négative.

Le temps s’écoule, une mauvaise nouvelle se profile à l’horizon.