07
2009
Chapitre XIX – Le Québec : Terre du bénévolat
Mon nouveau défi consiste à développer et structurer des projets de travail d’une durée de neuf mois pour l’implantation du programme Katimavik. J’ai développé le programme un peu partout dans les diverses régions du Québec, de Port Meunier à Bonaventure, en passant par Chibougamau, Sept-Îles, Havre St-Pierre et Bagotville. J’ai découvert en profondeur le Québec et sa sociologie. C’était une période de ma vie où j’étais très heureux mais pendant laquelle je me retrouvais rarement chez moi.
En structurant les projets de travail dans les villes et villages, j’ai compris à quel point le bénévolat représentait un apport important pour le développement communautaire du Québec. Quel bonheur que de découvrir les régionalismes du Québec. Les expressions langagières et le comportement du Gaspésien sont différents à certains égards de celui de l’Abitibien ou du Saguenéen. Mais il existe un dénominateur commun à toutes nos régions : sans le bénévolat, le Québec ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Quel courage qu’il a fallu à nos ancêtres pour construire un pays, une civilisation sur un si grand territoire !
Je vis à deux cent milles à l’heure. Ma vie se passe entre deux avions de Québécair, l’automobile de location, les motels de villages, hôtels des villes et les restaurants de routier. Parfois, les soirées d’hiver sont longues et pénibles, seul, dans ma petite chambre de motel à Rivière au Tonnerre. Enfin, on tente de combattre l’ennui au petit bar de la place en se noyant dans les yeux de la serveuse et en ingurgitant quelques bières. Pour la santé d’une vie de couple, disons qu’il y a meilleures conditions ! Jusqu’en 1984, je suis demeuré à l’emploi de Katimavik. À l’époque, le gouvernement conservateur de Brian Mulroney finit par changer la donne budgétaire pour le programme jeunesse Katimavik au Canada. Le changement de gouvernement annonçait des coupures substantielles. Katimavik ne fut pas épargné. Malheureusement, je perdis mon emploi comme bien d’autres collègues à la direction du programme. Je retourne à la maison, quelques mois d’arrêts feront du bien à tous les niveaux. Cette période de pause obligée me ramena au judo et au chant choral.




