Je croyais que j’avais touché le fond, comme on dit au Québec. La vie me réservait encore quelques petits coups bas, question de me démontrer que c’est elle qui mène. Je déménage dans le vieux Québec, sur la rue des Remparts. Mon adresse est le 0B. Imaginez… Mon adresse civique ressemblait à ma vie, à ma santé et à mes finances. Toutefois, mon petit appartement était d’un romantisme et d’un esthétisme à donner le goût de tomber en amour.
La vie au quotidien dans le vieux Québec est un privilège. Pas besoin de véhicule automobile. La marche dans les vieilles rues permet d’améliorer sa santé et est un bonheur pour les romantiques et les poètes. La vie culturelle et artistique est effervescente et riche de ses créateurs. En vivant dans le vieux Québec, je me rapproche de mes traitements qui sont offerts sur la rue Couillard, pas très loin de chez moi. Mais l’année 1992-93 en fut une d’effets secondaires de toutes sortes et d’adaptation à mon état de santé fragilisé. Il était difficile de planifier le développement de ma firme. Je passais mon temps à l’hôpital, soit pour mes traitements ou pour des périodes d’hospitalisations dûes à une ablation de la vésicule biliaire, une infection aux yeux, une sinusite chronique et tous le petits maux survenant après une greffe non réussie. Je me souviens, un soir, je n’étais plus capable de marcher. Je me rends de peine et de misère à l’urgence de l’Hôtel-Dieu en me traînant littéralement le long des murs menant à l’hôpital.
Disons que ce n’est pas la plus belle période de ma vie. Je me retrouve dans une pauvreté financière qui ne m’amuse pas du tout. Je suis trop fier, trop orgueilleux pour demander l’aide de l’état. Je réalise des petits contrats occasionnels, juste ce qu’il faut pour survivre. Ma vie sentimentale et affective se limite à voir ma fille au bon vouloir de la mère. Le relation entre elle et moi s’est quelque peu détériorée, disons-le. Ce qui me sauve de la déprime, c’est le chant choral. J’essaie de soutenir Claude Bégin dans certains projets de levées de fonds et de visibilité pour le groupe vocal. L’amitié et le plaisir d’être ensemble nourrit mon coeur et comble mon désir de fraternité humaine. Je dois beaucoup au chant choral.
UN SOIR, J’AI DÉFIÉ LA VIEJe suis chez-moi, étendu sur le divan qui me sert de lit. Je me sens au fond de l’abîme. J’ai mal, et je ne sais plus comment je vais faire pour m’en sortir. Je ne peux plus me faire confiance sur le plan de la santé et c’est là mon drame. Il faut que je relève la tête, prenne un grande respiration et défie la vie et le destin. Je suis en dialogue avec moi-même. Je refuse de baisser les bras et suis prêt à défier la vie elle-même, s’il le faut. Je l’oblige au respect et l’avise à plusieurs reprises de ma détermination à me battre jusqu’à la fin ultime. À partir de cet instant, ma vie changera et mon destin se transformera. Le prochain chapitre est le début d’une grande aventure amoureuse et de réalisations: Sur la route de Félix Lecler, un homme de lumière.
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