Je me souviens que ma fille Anne est la première personne que j’ai vue à mon réveil. J’ai demandé un crayon et un papier pour lui écrire Je t’aime. L’équipe des soins intensifs a été formidable et je ne peux qu’applaudir les prouesses de ces gens qui se dévouent dans un contexte de relocalisation temporaire, compte tenu des travaux de reconstruction de l’Hôtel-Dieu de Québec.
UN INFARCTUS EN PRIMEJe suis de retour à ma chambre depuis la veille de mon court séjour aux soins intensifs. Il est peut-être 9h00. L’objectif est d’être capable de contrôler le calcium contenu dans mon sang. Le chirurgien de garde termine son chiffre et arrête pour s’informer de mon état de santé. L’infirmière assignée à ma chambre est jeune et très minutieuse. Le calcium dans mon sang se profile aux rythmes des courbes bimodales. L’infirmière avise le chirurgien de garde de cette situation. Ce dernier s’enquière de ma capacité respiratoire. Il prend mon pouls et mes tensions artérielles. Je lui mentionne que je respire plus difficilement que la veille. Il demande une prise de sang en urgence pour vérifier ma fonction cardiaque.
Sur le champ, il diagnostique un début d’infarctus. Branle bas de combat dans ma chambre et sur le département. On me transporte encore une fois en catastrophe à l’unité coronarienne où l’équipe du cardiologue Boivin m’attend pour une coronarographie et une angioplastie. Il observe à l’examen que l’une de mes artères du coeur est bouchée. Il s’agit de la même artère qui s’était obstruée en 2007. Le stent qui avait été posé à l’époque n’a pas résisté au temps et s’est affaissé. L’intervention se déroule bien, quoique le chirurgien cardiologue doit travailler fort pour réaliser la pose d’un nouveau stent médicamenteux. Il communique avec la direction de la greffe rénale pour aviser de la décision qu’il doit prendre. Un stent médicamenteux nécessite la prise de plavix d’aspirine pour un minimum d’une année. Le cardiologue doit s’assurer, avec la direction de la greffe, de la compatibilité de son intervention et de la possibilité de demeurer sur la liste des receveurs potentiels pour une future greffe. La chef de la greffe rénale, Isabelle Houde, lui mentionne qu’elle ne voit pas d’inconvénient à ce qu’on me greffe un nouveau greffon si la possibilité se présentait. Ouf ! Je suis soulagé. Enfin une bonne nouvelle !
L’intervention terminée, je me retrouve aux soins intensifs de l’unité coronarienne. Nous sommes le mardi 21 avril et je suis sous surveillance 24 heures sur 24. On me donne un surplus d’oxygène pour mon confort personnel. Le mercredi soir, je commence une poussée de fièvre, ce qui inquiète mon infirmière. La fièvre ne veut pas descendre. Il est 23h00. Le docteur Lévesque arrive sur les lieux. La question est à savoir si je débute à nouveau un petit infarctus et dans ce cas, il faut aller voir ce qu’il en est. Là, sincèrement, j’en ai marre pas à peu près ! D’instinct, je sais que mes poumons sont embarrassés par un microbe qui a pour conséquence un début de pneumonie. Je discute de cette impression avec le cardiologue qui prend la décision de ne pas intervenir compte tenu de ma fièvre trop élevée et des risques encourus. Il considère l’hypothèse d’un début de pneumonie et donne acte dans ce sens pour la suite des choses. J’adore ce cardiologue. C’est un homme au service de la population qui possède un jugement et une compétence exceptionnelle. Je rend hommage à toute l’équipe et au personnel de la cardiologie de Québec. Nous sommes privilégiés de pouvoir compter sur une telle expertise et tant de dévouement.




