Comme je vous le mentionnais précédemment, pour la planification et l’organisation du lancement officiel du coffret d’art de l’oeuvre littéraire de Félix Leclerc, il a fallu dix-huit mois de travail acharné de la part de plusieurs personnes et organismes en périphérie de la Fondation Félix-Leclerc. Il serait trop fastidieux de décrire tous les détails et les étapes liés aux stratégies de mise en marché et de communication, aux politiques, aux éléments juridiques et aux relations publiques nécessaires à la concrétisation d’une telle opération. Il faut comprendre que la présence des administrateurs-organismes sur notre conseil trouve sa justification dans la création d’un fonds dédié à la mission de la fondation Félix-Leclerc. L’opération de la vente du coffret en France et au Québec est le moyen pour atteindre cet ultime objectif. En parallèle, je garde le cap sur la création d’un lieu de mémoire dédié à Félix sur l’Île d’Orléans.
LE 26 FÉVRIER 1997 : CONFÉRENCE DE PRESSE ET LANCEMENT OFFICIEL À PARISNous avons quitté le Québec pour la France le 23 février. Une semaine riche et intense en émotions de toutes sortes. Nathalie sera sous les feux de la rampe des médias et des relations publiques dans le cadre d’un agenda très chargé. Michèle Latraverse, la soeur de Guy Latraverse, travaille sur Paris comme agente auprès des médias français. Elle possède une petite firme de communications. Elle s’occupera de nous, plus particulièrement de Nathalie, bien entendu. Nous en sommes à notre deuxième voyage en France. Lors du premier séjour, elle représentait sa famille pour une inauguration près de Caen dans le cadre d’un hommage rendu à son père. Mes traitements d’hémodialyse sont planifiés depuis plusieurs semaines. Je suis dialysé sur Paris à deux pas de la Tour Effeil. Nous avons droit à un petit verre de vin accompagnant notre repas. Avouons que ce n’est pas désagréable comme service. Je me sens comme chez-moi. Le personnel est accueillant et chaleureux. En vérité, la France c’est mon deuxième pays.
UNE SOIRÉE MAGIQUE !Une voiture et son chauffeur nous attendent à la sortie de l’hôtel. Nous sommes légèrement excités à l’idée de se retrouver en compagnie d’artistes Français qui ont aimé et connu notre poète national. Surtout, j’ai hâte de voir et d’entendre les commentaires sur le coffret de luxe de l’oeuvre littéraire de Félix Leclerc. Le seul maillon faible de l’opération est le marketing et la publicité. Ces deux éléments reposent sur un individu qui occupe des responsabilités importantes au sein d’une grande société Française. Cette société est l’équivalent du mouvement Desjardins au Québec. D’ailleurs cet ami s’appelle Jacques Delgutte et travaillait à l’époque pour L’A.G.2.R de France. Il est un ami personnel d’Alban d’Amours, l’ancien président du mouvement Desjardins au Québec. Bref, je vous raconterai un peu plus tard le dénouement de l’opération marketing et publicitaire en France.
Nathalie et moi partons avec Henri Rivard et sa femme en direction du Palais Royal de Paris. Nous sommes attendus au Salon des Maréchaux. Sur place, nous découvrons une immense salle avec de la dorure et des lustres magnifiques au plafond. Plus de deux cents invités sont présents. Un esprit joyeux et le plaisir des retrouvailles se manifestent dès le début de la soirée.
NATHALIE : LA RÉVÉLATION DE LA SOIRÉEIl y a plein de gens intéressants et connus internationalement. Je rencontre les plus grands noms de la chanson, de la littérature et du cinéma français. Les Guy Béart, Raymond Devos, Nicole Croisille, Darry Cowl, l’imprésario Français Jacques Canetti (90 ans), le scientifique Hubert Reeves et plusieurs autres. Sur le plan politique, nous comptons sur la présence du Ministre de la Culture en France, Monsieur Douste Blazy et du Délégué Général du Québec à Paris, Monsieur Marcel Masse. Nous espérons aussi la venue d’autres politiciens et hauts fonctionnaires représentants la France et le Québec. Évidemment, le protocole oblige dans un tel événement culturel à volet international. Quatre individus prendront la parole : le Ministre, le Délégué Général du Québec, l’éditeur et Nathalie. Les discours sont intéressants et mettent en valeur le parcours artistique du poète, son oeuvre, la beauté et la qualité du travail de l’éditeur. L’amitié et les relations fraternelles entre le Québec et la France sont au coeur des prises de parole.
Voilà, c’est à Nathalie de dire quelques mots. Sans aucun discours ou notes de références, elle fait une petite allocution simple de beauté et d’authenticité. Dans la magnifique salle, artistes prestigieux et politiques, à commencer par le Ministre de la Culture de France, sont sous le charme. Désarmante de vérité et de beauté, ses cheveux mi-longs se posent légèrement au dessus de ses épaules dénudées. Elle arbore une belle robe de soirée bleue ajustée à la taille. Un magnifique collier de perles est son seul bijoux. Elle était, en fait, la reine des lieux. Ce soir là, je savais que Nathalie possédait un pouvoir de séduction et de relations publiques qui était de l’ordre du don. Toute la semaine, dans ses relations avec les médias Français, elle a conquis les journalistes de la radio, de la presse écrite et de la télévision. Sa beauté naturelle, sa simplicité et son sens inné des relations avec les diverses personnes qui l’approchent en font la digne fille de son père. Il y avait une grande différence entre la femme timide du début de notre relation et celle qui menait cette soirée au Palais Royal. Il s’était fait du chemin dans la tête de la fille du Roi Heureux.
L’AUTRE GRAND POÈTE QUÉBÉCOIS : GILLES VIGNEAULTNous nous rendons dans les studios de T.V.5 à Paris. Nathalie sera en entrevue avec Patrick Simonin, le chef d’antenne de cette télévision internationale. Avec les années, il deviendra un ami personnel et supporteur du projet de l’Espace Félix-Leclerc. Sur le parvis de l’immeuble, nous rencontrons l’autre grand poète de chez nous : Gilles Vigneault. Vous le savez sans doute, les ascenseurs en France sont très petits et étroits. Nous nous retrouvons donc tous, Nathalie, Michèle Latraverse, Gilles Vigneault et moi-même, dans le même ascenseur. Croyez-le ou non, je me retrouve nez à nez avec le poète de Natasquan. Comme il se trouve que mon appendice nasale est relativement important, la situation, pour lui comme pour moi, était pour le moins cocasse. Après les entrevues avec Patrick Simonin, nous nous sommes retrouvés assis dans un petit café avec l’artiste de la parole et des mots de Natasquan. Un beau moment avec le troubadour et poète de notre pays.




