Nous nous cherchons une petite maison sur l’île de la poésie. Félix Leclerc a légué à sa famille un patrimoine permettant à Nathalie d’habiter un jour l’ancienne maison de chez Jo et Jeannette Pichette. Cette petite maison ancestrale fut habitée par le poète en 1946 à l’occasion d’un séjour d’écriture chez l’habitant de l’île. Il y termina Pieds nus dans l’Aube et écrivit Le Fou le l’Île. D’ailleurs, une page du manuscrit original existe sur un des murs du salon de la maison.
La mère de Nathalie connaît nos démarches pour l’achat d’une maison à St-Laurent de l’Île d’Orléans. Elle décide d’entreprendre des travaux de réfection et de rénovation sur la maison juste à côté de la sienne, soit celle de la famille Pichette. Cette maison est sur la terre de Gaétane Morin-Leclerc et de Félix Leclerc. Il s’agit d’un cadeau fabuleux offert à Nathalie par sa mère. Elle transformera l’habitation de Jo l’habitant en une magnifique maison finie en pin plein de noeuds. Quand les fenêtres du salon filtrent les rayons du soleil, on croit voir, de l’autre côté, un champ de blé. C’est un antre pour être heureux et avoir des enfants. Je plante de magnifiques rosiers et des petits arbres sur la façade de la maison. Ça sent bon la vie quand nous vivons au pays de la lumière et des pommiers en fleurs.
Le regard de Nathalie sur la nature et son rapport au temps qui passe change ma façon de percevoir ma propre existence. En baignant dans l’univers de Félix, j’apprendrai doucement le sens et l’importance de la poésie et de l’imaginaire dans ma relation au monde. Aujourd’hui, avec le recul, je sais qu’il s’agit du plus beau cadeau qui me fut donné durant toutes ces années passées au coeur de l’univers du poète.
À LA RECHERCHE D’UN LIEU D’ANCRAGE POUR L’ESPACE FÉLIX-LECLERCLe projet est dans ma tête depuis 1994. J’en ai défini la structure et les paramètres au début de l’année 1995. Nous sommes résidents de l’île et cherchons activement un endroit pour la concrétisation de notre projet. Je me souviens, notre premier coup de coeur s’est arrêté sur le Théâtre le Galendor de St-Pierre de l’Ile d’Orléans. Ce lieu rassemblait tous les critères que nous avions déterminés pour les assises géographiques, physiques, et poétiques du lieu. La question financière serait analysée en son temps. Malheureusement, je ne vous expliquerai pas en détails tous les obstacles liés à cet endroit, ils seraient trop nombreux.
L’ancien presbytère de la paroisse de Ste-Famille de l’Île d’Orléans faisait aussi partie des endroits envisagés pour l’émergence de l’Espace. Toutefois, la fabrique de cette paroisse avait en tête d’autres projets. Les marguillers de la fabrique étaient, pour certains, membres de la Fondation François-Lamy. Cette fondation avait pour mission la conservation et la diffusion du patrimoine religieux. Ce bâtiment pourrait servir, éventuellement, au rayonnement de la mission de cette fondation qui possède la Maison de nos Aïeux à Ste-Famille.
Nous prenons conscience qu’il ne sera pas facile trouver un lieu correspondant aux critères objectifs et incontournables pour la réussite de notre projet. Il y a les règlements municipaux, l’U.P.A de l’Île d’Orléans, la Commission de la Protection du Territoire Agricole, la sociologie du milieu, les politiques et les hauts fonctionnaires du Ministère de la Culture, bref, bien des gens à convaincre et des obstacles à faire tomber.




