Archives du mai, 2009

Chapitre LII – L’histoire d’un petit musée pour un grand poète du pays (suite)

Chapitre LII – L’histoire d’un petit musée pour un grand poète du pays (suite)

Enfin, nous décantons un peu de la tempête des deux clochers de St-Pierre. Nous sommes heureux dans notre maison à l’île. Nathalie ne manque jamais l’occasion de me regarder par la fenêtre lors de mes départs pour mes traitements d’hémodialyse. Elle m’envoie la main à chaque fois. Je comprends mieux aujourd’hui la valeur de ces petits gestes. Ils peuvent sembler anodins, mais prennent tout leurs sens quand ils disparaissent. Anne vient passer quelques jours avec nous à chaque deux semaines. C’est une petite fille timide qui ne démontre pas ses sentiments. Je crois qu’elle n’accepte pas que je sois avec une autre femme que sa mère. Nathalie fait tout son possible avec elle, mais je sens et je vois que ça ne coule pas de source. Pourtant, Anne avait à peine quatre ans quand elle a connue Nathalie. Enfin, comme le dit le vieil adage : « Y en aura pas de facile ! »

NATHALIE RETOURNE À L’UNIVERSITÉ

Nous sommes en janvier 1997. Nathalie a décidé de s’inscrire au baccalauréat en orientation à l’université Laval. Elle étudiera à temps plein et résidera sur le campus universitaire. Nous nous verrons les fins de semaine. Comme nous n’avons qu’un seul véhicule, je ne pouvais m’en départir pour les fins de mon travail à la direction de la Fondation. Je sais que je vais trouver difficile son absence, mais je l’encourage à poursuivre une formation universitaire. Je l’aime assez pour désirer le meilleur quant à son développement personnel et professionnel. C’est une femme qui sera un jour appelée à diriger la destinée de la fondation portant le nom de son père. Je sais intérieurement que je devrai lui confier la direction de ce que je tente de construire pour la suite des choses. Mais pour le moment nous n’en sommes pas là.

Nous nous sommes entendus tous les deux sur nos attentes respectives. Quand l’Espace Félix-Leclerc aura vu le jour et que la viabilité du projet sera assurée, je lui laisserai la direction et j’agirai comme conseiller. Toutefois, il y a encore de la route à parcourir avant que cette situation ne se concrétise. Il faut construire ce lieu de mémoire et consolider les assises financières de la Fondation Félix-Leclerc.

L’ESPACE FÉLIX-LECLERC SUR LA TERRE D’UN PRODUCTEUR DE CASSIS

Enfin, je crois que nous avons trouvé la perle rare. À L’entrée de l’Île, dans la paroisse de St-Pierre existe un producteur de cassis qui s’appelle Bernard Monna. C’est un Français d’origine, ancien professeur d’école converti en producteur de cassis. Un vieux rêve je suppose. Sur l’île, il a une réputation qui le précède. On dit de lui qu’il n’est pas d’un commerce facile. Moi, les racontars, je m’en fou pas mal ! Je communique avec lui pour le sensibiliser à notre projet. J’attire son attention sur les difficultés que nous rencontrons à trouver un endroit sur l’île pour la construction de l’Espace. Il est au courant de la problématique que nous vivons et semble être sensible à ma démarche. Je lui propose de transformer sa grange qui traîne des allures d’abandon. Il m’informe qu’il est un ancien potier, sculpteur, peintre, en fait une âme d’artiste, ce qui n’est pas pour me déplaire. Cette grange est située dans un magnifique champ de cassis. La vue sur la chute Montmorency est imprenable. Il est dans l’achalandage touristique et l’univers poétique de Félix Leclerc. Que désirer de plus ? Je suis prêt à signer un bail emphytéotique sur cinquante ans. Il est notre dernier espoir ! J’aménagerais sa grange en centre d’interprétation en hommage à Félix avec une petite salle de spectacle. Il a un stationnement conforme à nos attentes.
De plus, je lui propose de faire des démarches auprès de monsieur Cyril Simard qui est à la direction des économusées du Québec. Nous pourrions greffer le processus de fabrication du cassis par le biais de cette fondation. Je pensais aussi faire découvrir le processus de création d’une chanson ou d’un texte poétique dans le cadre de cet économusée. Nathalie est très enthousiaste à l’idée.

Je rencontre donc Cyril Simard pour échanger avec lui sur la teneur de notre projet. Il l’analyse sous toutes les coutures possibles et imaginables. Rien à faire ! Nous ne pouvons nous inscrire dans la philosophie des économusées. Je sais aujourd’hui, dix ans plus tard, que les filles Monna et leur père ont transformé une section de leur commerce en économusée du cassis. La vie est bien faite quand même !

Ce n’est pas grave ! On fonce avec le ministère et des partenaires en commandites s’il le faut. Je demande à notre ami architecte de préparer des plans pour la transformation de cette grange, d’évaluer les coûts inhérents au projet de transformation de la grange pour l’accueil d’un centre d’interprétation et d’une petite salle de spectacle. Nous rencontrons Bernard Monna et sa famille. Nous nous réunissons tous à la maison. J’explique, avec le soutien de Nathalie, tous les détails du projet en question. Nous sommes d’accords pour l’établissement d’un échéancier quant à une réponse affirmative ou négative. Celle-ci ne tarde pas : c’est oui ! J’impose deux conditions au respect de l’entente : l’accord de la Commission de la Protection du Territoire Agricole (que la grange qui sera transformée est dans la zone commerciale du droit acquis de 10 000 mètres carrés tel que prétendu par Bernard Monna) et la conformité avec les règlements de la Municipalité. Je sais que j’ai l’appui de notre député et une entente verbale avec la précédente Ministre Louise Beaudoin. Mais la politique étant ce qu’elle est…!! De toute façon, il faut jouer gagnant !

UNE CONFÉRENCE DE PRESSE POUR ANNONCER ET SIGNER L’ENTENTE

Il fait un soleil radieux. Nous sommes au théâtre Galendor de St-Pierre de l’Île d’Orléans pour annoncer l’entente et la signature avec Bernard Monna. Les journalistes de tous les médias sont au rendez-vous. Enfin, nous avions en main ce qu’il fallait pour mener à terme notre rêve. C’est un grand jour pour Nathalie et moi. J’étais convaincu que la question du droit acquis ne poserait pas de problème. Bernard Monna nous avait assuré qu’il avait le papier en main, sauf qu’il ne le trouvait pas dans le pèle mêle de ses dossiers. De toute façon, je n’aurai qu’à contacter les autorités de la commission et demander une audition qui prendra quelques mois d’attentes. Nous n’en sommes pas à quelques mois d’attentes près, n’est-ce pas ? Mais la guigne s’acharne sur nous. Les commissaires ne verront pas les choses du même oeil !

Malheureusement, le projet ne franchira pas l’étape de la Commission de la Protection du Territoire Agricole. Dix-huit mois de travail acharné pour que, finalement, les prétentions de Bernard Monna ne soient pas reconnues par les commissaires. Fin des programmes ! À une prochaine fois, peut-être !

Chapitre LII – L’histoire d’un petit musée pour un grand poète du pays (suite)

Chapitre LII – L’histoire d’un petit musée pour un grand poète du pays (suite)

Nathalie et moi sommes devant la ministre Beaudoin. Nous lui expliquons de long en large les tenants et aboutissants de notre projet. Louise Beaudoin est une femme sensible et très intelligente. Elle comprend l’importance de Félix Leclerc pour le patrimoine culturel Québécois. Nous savons que nous sommes en terrain favorable pour la réalisation de notre projet. Après une bonne discussion sur le dossier, elle nous annonce qu’elle supportera le projet sur l’Île d’Orléans. Elle nous informe que son ministère injectera une somme maximale de cinq cents milles dollars. Voilà. Louise Beaudoin, la Ministre de la Culture et des Communications, vient d’apporter au projet l’appui incontournable pour la crédibilité du dossier au ministère. Une première manche est gagnée, mais pas la bataille !

Quelques mois plus tard, nous reverrons Louise Beaudoin sur l’Île d’Orléans. Elle fera un petit arrêt de courtoisie à la maison. Elle s’enquerra de l’évolution du projet et renouvellera son soutien à la hauteur des chiffres entendus à son bureau. Sa présence nous réconforte et nous encourage dans la poursuite de nos démarches.

ST-PIERRE LES DEUX CLOCHERS

Nous évaluons la possibilité d’acheter la vieille église patrimoniale de St-Pierre de l’Île d’Orléans. Des discussions débutent avec le ministère par le biais de monsieur Pierre Lahoud. Tout permet de croire que ce bâtiment marquant le patrimoine religieux rural du début de la Nouvelle France était ce que nous recherchions. Il correspondait aux critères que nous avions élaborés quelques années plus tôt. En plus, sur le plan financier, nous pouvions envisager le respect de l’enveloppe budgétaire promise par Louise Beaudoin. Par contre, nous devions vivre avec un ensemble de restrictions liées à l’aspect patrimonial du bâtiment. Ces restrictions sont importantes et refroidissent nos ardeurs.

Je reçois un appel à la maison. Il s’agit de madame Josée Ferland, présidente de la Fabrique de St-Pierre. Elle m’informe qu’elle aimerait me rencontrer pour discuter de l’église et du projet de l’Espace sur l’Île. Moi, je ne sais pas qu’elle veut me parler de l’église nouvelle, celle qui a cinquante ans d’âge. J’accepte le rendez-vous avec un esprit curieux. La rencontre est cordiale et directe. Elle est accompagnée de l’un de ses collaborateurs sur le conseil. Nous faisons rapidement le résumé nos situations respectives, puis elle m’informe que la fabrique n’a plus les moyens d’entretenir l’église actuelle. Elle me dit que le conseil envisage le transfert des offices religieux dans l’église patrimoniale qui se trouve juste à côté. Je trouve l’idée intéressante et en discute avec Nathalie et quelques membres du conseil d’administration. Je demande une résolution du conseil de la fabrique, engageant ce dernier à vendre à la Fondation Félix-Leclerc pour la somme de 1.00$ le bâtiment représentant l’église en usage à St-Pierre. Je demande aussi une lettre de l’archevêché entérinant cette résolution. Quelques semaines plus tard, je reçois tous les documents pertinents. Nous sommes prêts à concevoir le projet sur le plan architectural. Nous avons déterminé le cadre financier avec l’aide de l’architecte. Le bâtiment correspond à nos attentes et offre beaucoup de possibilités. Une inspection de l’ensemble de l’édifice et de la structure est réalisée. Le stationnement n’est pas un obstacle au projet.

UNE RENCONTRE AVEC UNE JOURNALISTE DÉCLENCHE UNE TEMPÊTE SUR L’ÎLE

Nous parcourons avec un plaisir avoué l’exposition Les Voies de L’écriture présentée dans les voûtes de la Maison de L’Association Québec-France à la Place Royale. Une jeune femme est là, appréciant comme nous la facture et le contenu de cette exposition sur Félix Leclerc. Débute avec elle une conversation intéressante. Elle se présente comme journaliste au quotidien Le Soleil. Nous nous présentons et au fil de la discussion je lui annonce que le projet vient de trouver son dénouement. Je confirme officiellement qu’une entente signée avec la Fabrique de St-Pierre existe. Je lui dit qu’un architecte de Québec travaille sur le projet. Le lendemain matin, dans les premières pages du journal, la nouvelle est annoncée. Moi, je suis content de l’article qui est fidèle aux propos tenus auprès de la journaliste. Ce que nous ne savions pas, c’est que cet article allait déclencher une tempête auprès des fidèles de la paroisse. Cette nouvelle a eu un effet mobilisateur contre le projet de la Fabrique, donc contre le projet de L’Espace par ricochet. Les leaders se sont levés pour la conservation de cette église comme lieu de culte. Pas question de la céder à qui que ce soit ! Comme on dit par chez-nous, ça va mal à shop ! Jamais je n’aurais cru que les citoyens du village ne supporteraient pas leur Fabrique et leur curé dans ce dossier. Il y a une leçon que l’on apprend à tout âge : le peuple est souverain.

UNE ULTIME TENTATIVE : RENCONTRE HOULEUSE MAIS CIVILISÉE

Je veux donner une dernière chance au projet de survivre aux critiques et désaccords d’un bon nombre de citoyens. J’accepte l’offre du conseil de rencontrer les gens de St-Pierre. Une soirée d’information est organisée à l’église. Il y a du monde à en faire envier le curé de la paroisse. L’assistance est polie et civilisée, ce qui fait contrepoids aux découpures dans les médias locaux et les entrevues des principaux opposants au projet de la vente de L’église. L’architecte a préparé à ma demande une maquette permettant une compréhension visuelle du projet. Les questions sont nombreuses et souvent contre la décision unilatérale du conseil. Nathalie est avec moi au devant de la salle et assume son rôle et ses responsabilités de promoteur du projet. C’était une expérience difficile que de se retrouver à contre-courant d’une population. Toutefois, nous avons compris que cette dissension n’était pas contre l’idée de la création l’Espace Félix-Leclerc. Bien sûr, des citoyens étaient porteurs d’une autre vision que la nôtre face à Félix, tant sur le plan politique et idéologique que ce projet pouvait véhiculer. Nous acceptions que des citoyens ne reçoivent pas nos prétentions avec le même enthousiasme et la même conviction que nous.

NOUS NOUS RENDONS À L’ÉVIDENCE

Après la soirée d’information, je m’assois avec Nathalie et nous concluons que nous devons fermer ce dossier, compte tenu du contexte. Il n’est plus porteur de beauté et de fierté. Nous assumons les coûts reliés aux études, aux évaluations et au travail de l’architecte. Fin de la récréation ! Y en aura pas de commercial ! Je continuerai à organiser des spectacles bénéfices et des activités de levées de fonds pour faire vivre le projet et nous faire vivre aussi. Nous poursuivrons inlassablement notre but en espérant que l’île en sera la terre d’accueil.

Chapitre LII – L’histoire vraie d’un petit musée pour un grand poète du pays (suite)

Chapitre LII – L’histoire vraie d’un petit musée pour un grand poète du pays (suite)

Nous parcourons l’île et tous les villages pour trouver un endroit propice à la construction de l’Espace. Nous alertons tous nos contacts. Certains nous ont proposés des soubassements de toutes sortes : restaurant, église, n’importe quoi. Parfois, c’était décourageant ! Il fallait une détermination à toute épreuve pour ne pas abandonner.

Félix a vécu vingt cinq années sur l’Île. Pour plusieurs natifs, il était considéré comme un étrange, quelqu’un qui venait d’ailleurs. Cette réalité est propre aux gens qui vivent sur des îles. Je suis persuadé que Félix, comme bien d’autres arrivants, ressentait cette réalité. Je gardais en tête les critères énoncés depuis le début pour la viabilité du projet : être dans l’univers poétique de Félix Leclerc et dans l’achalandage touristique de l’Île. Pas évident de réussir un tel tour de force au pays de nos ancêtres. Il faudra un miracle !

UN APPUI DE TAILLE POUR LA CRÉATION DE L’ESPACE FÉLIX-LECLERC

Je communique avec le bureau de la ministre de la Culture et des Communications de l’époque, Madame Louise Beaudoin. Je demande qu’on m’accorde un rendez-vous avec cette dernière. Tout le dossier est sur le bureau des fonctionnaires du ministère. Un dossier complet, selon les normes gouvernementales et de l’entreprise privée. Je sens que nous avons besoin d’un appui solide pour faire bouger les choses et la crédibilité du projet. Je savais que peu importe la qualité du document, ce dossier se retrouverait dans les mains des politiques. Au Québec, le nom de Félix Leclerc ne laisse personne indifférent. Un nom avec une telle charge symbolique pour les nationalistes et souverainistes du Québec.

Comme président de cette fondation, j’ai toujours fait attention pour que le projet soit associé à l’ensemble des citoyens, peu importe leur point de vue sur le devenir politique du Québec. L’oeuvre littéraire et chansonnière du poète doit être accessible à tous ! Voilà ma position de l’époque. Félix Leclerc, dans son testament, ne voulait pas d’affrontement dans son oeuvre. L’Espace Félix Leclerc devait devenir un lieu où chacun qui y entre est un peu chez lui. L’univers poétique de l’artiste et du lieu doit transcender les partisaneries et les divergences politiques. La poésie littéraire et chansonnière de Leclerc fait place, bien sûr, au pays, mais aussi à la nature, à l’amour, aux animaux, au quotidien et aux autres thèmes de la vie des hommes. Le parcours humain et artistique du poète doit devenir une inspiration pour chacun d’entre nous.

Chapitre LII – L’histoire vraie d’un petit musée pour un grand poète du pays

Chapitre LII – L’histoire vraie d’un petit musée pour un grand poète du pays

Nous nous cherchons une petite maison sur l’île de la poésie. Félix Leclerc a légué à sa famille un patrimoine permettant à Nathalie d’habiter un jour l’ancienne maison de chez Jo et Jeannette Pichette. Cette petite maison ancestrale fut habitée par le poète en 1946 à l’occasion d’un séjour d’écriture chez l’habitant de l’île. Il y termina Pieds nus dans l’Aube et écrivit Le Fou le l’Île. D’ailleurs, une page du manuscrit original existe sur un des murs du salon de la maison.

La mère de Nathalie connaît nos démarches pour l’achat d’une maison à St-Laurent de l’Île d’Orléans. Elle décide d’entreprendre des travaux de réfection et de rénovation sur la maison juste à côté de la sienne, soit celle de la famille Pichette. Cette maison est sur la terre de Gaétane Morin-Leclerc et de Félix Leclerc. Il s’agit d’un cadeau fabuleux offert à Nathalie par sa mère. Elle transformera l’habitation de Jo l’habitant en une magnifique maison finie en pin plein de noeuds. Quand les fenêtres du salon filtrent les rayons du soleil, on croit voir, de l’autre côté, un champ de blé. C’est un antre pour être heureux et avoir des enfants. Je plante de magnifiques rosiers et des petits arbres sur la façade de la maison. Ça sent bon la vie quand nous vivons au pays de la lumière et des pommiers en fleurs.

Le regard de Nathalie sur la nature et son rapport au temps qui passe change ma façon de percevoir ma propre existence. En baignant dans l’univers de Félix, j’apprendrai doucement le sens et l’importance de la poésie et de l’imaginaire dans ma relation au monde. Aujourd’hui, avec le recul, je sais qu’il s’agit du plus beau cadeau qui me fut donné durant toutes ces années passées au coeur de l’univers du poète.

À LA RECHERCHE D’UN LIEU D’ANCRAGE POUR L’ESPACE FÉLIX-LECLERC

Le projet est dans ma tête depuis 1994. J’en ai défini la structure et les paramètres au début de l’année 1995. Nous sommes résidents de l’île et cherchons activement un endroit pour la concrétisation de notre projet. Je me souviens, notre premier coup de coeur s’est arrêté sur le Théâtre le Galendor de St-Pierre de l’Ile d’Orléans. Ce lieu rassemblait tous les critères que nous avions déterminés pour les assises géographiques, physiques, et poétiques du lieu. La question financière serait analysée en son temps. Malheureusement, je ne vous expliquerai pas en détails tous les obstacles liés à cet endroit, ils seraient trop nombreux.

L’ancien presbytère de la paroisse de Ste-Famille de l’Île d’Orléans faisait aussi partie des endroits envisagés pour l’émergence de l’Espace. Toutefois, la fabrique de cette paroisse avait en tête d’autres projets. Les marguillers de la fabrique étaient, pour certains, membres de la Fondation François-Lamy. Cette fondation avait pour mission la conservation et la diffusion du patrimoine religieux. Ce bâtiment pourrait servir, éventuellement, au rayonnement de la mission de cette fondation qui possède la Maison de nos Aïeux à Ste-Famille.

Nous prenons conscience qu’il ne sera pas facile trouver un lieu correspondant aux critères objectifs et incontournables pour la réussite de notre projet. Il y a les règlements municipaux, l’U.P.A de l’Île d’Orléans, la Commission de la Protection du Territoire Agricole, la sociologie du milieu, les politiques et les hauts fonctionnaires du Ministère de la Culture, bref, bien des gens à convaincre et des obstacles à faire tomber.

Le rêve qu’il me faut…

Le rêve qu’il me faut…

Toi au coeur blessé et généreux
Tu m’invites à une fête de nuit
Plaisir renouvelé de notre marginalité mise à nue
Tu t’offres en spectacle, artiste sans filet, intense, troublante de beauté.
Ta voix et ton corps aux rythmes de sonorités souterraines
Douce folie libertaire
Tu enivres nos esprits à contre-jour
Nos corps, nos bouches, usent le bonheur du moment
Ton rire me rend heureux
Le bleu de tes yeux apporte à ma vie le rêve
Peu importe maintenant !
Tu resteras à jamais
la fleur de tous mes imaginaires Bjorkien.

À Sophie…

Chapitre LI – La création du Prix Félix-Leclerc de la Chanson

Chapitre LI – La création du Prix Félix-Leclerc de la Chanson

À l’été 1996 a été créé le Prix Félix-Leclerc de la Chanson dans le cadre des Francofolies de Montréal et de La Rochelle en France. Je vais aujourd’hui vous raconter l’histoire de ce prix et vous parler des acteurs qui ont contribué à sa naissance.

La Fondation Félix-Leclerc a créé ce prix avec l’aide de Madame Diane Charland du M.R.I et le travail de soutien de Monsieur Denis Brière, fonctionnaire au même ministère. Comme président de la Fondation Félix-Leclerc, j’ai négocié les éléments de l’entente avec monsieur Alain Simard, président des Francofolies de Montréal. À l’époque, le pendant international était les Francofolies de La Rochelle avec Jean-Louis Foulquier comme responsable.
Je veux surtout souligner le travail formidable de Diane Charland qui a contribué à la création de ce prix de la chanson. Si ma mémoire m’est fidèle, c’est en juillet 1996 que nous avons décerné, en présence du Consul général de France, le premier prix Félix-Leclerc de la chanson au Québec. La récipiendaire du prix a été l’artiste Marie-Jo Thériault. De l’autre côté de l’Atlantique, l’auteur-compositeur Pascal Mathieu méritait cette distinction.

POURQUOI NE PAS AVOIR CHOISI LE FESTIVAL D’ÉTÉ?

Tout simplement un concours de circonstances et le fait que siégeait sur notre conseil d’administration le fondateur des Francofolies de Montréal, Monsieur Guy Latraverse. Comme les deux Francofolies existaient de chaque côté de l’océan, il était plus facile de développer un partenariat avec ces deux organismes voués à la promotion de la chanson francophone. Je me souviens que nous offrions aux récipiendaires une bourse de 5,000 $, ce qui représentait pour notre fondation un déboursé de 10,000 $. Je peux vous avouer aujourd’hui que j’en ai vendu des billets pour des soirées-bénéfices au profit du prix Félix-Leclerc de la chanson. Ce prix représentait en tout point le fondement de notre mission : soutenir la relève artistique francophone en chanson.

UN SOUVENIR MÉMORABLE

Je ne sais plus de quelle édition il s’agissait, mais nous étions au Sentier des Halles à Paris, notre deuxième partenaire après les Francofolies de La Rochelle. Nous sommes une soixantaine de personnes à l’intérieur de l’ancienne charbonnerie convertie en petite salle de spectacle pour la diffusion de la chanson francophone. Lynda Lemay a fait ses premiers pas en France sur les planches de cette chaleureuse scène de Paris. Nous nous retrouvons dans la Ville lumière pour la remise du Prix Félix-Leclerc de la chanson. Nathalie et moi représentons la Fondation Félix-Leclerc pour cette première présence dans le cadre de cette remise de prix. Nous avons le privilège d’avoir avec nous Raymond Devos, Yves Duteil, le PDG des Éditions Raoul Breton, Gérard Davoust, des représentants d’organismes franco-québécois et des représentants de la Délégation Générale du Québec à Paris. En fait, une belle réussite que nous devons au personnel de la Délégation générale du Québec à Paris et la Fondation Félix-Leclerc.

Nous sommes sur scène, Nathalie et moi. Nous nous préparons à remettre en duplex avec Montréal les deux prix Félix-Leclerc de la chanson. Nous annonçons officiellement les lauréats du prix pour le Québec et la France. Nous demandons à Raymond Devos de venir remettre le prix français sur scène. En plus de faire la remise, ce grand poète-humoriste de l’imaginaire offre généreusement au public un mini spectacle tout à fait improvisée. Quel bonheur que ce moment magique! Puis, Yves Duteil surprend les invités par une prestation de quelques chansons en hommage à notre poète. Voilà une soirée qui restera dans l’armoire des jours longtemps pour ceux et celles venus assister à la première remise du prix Félix-Leclerc de la chanson à Paris.

Chapitre L – Suite du lancement et fin de l’opération quelques mois plus tard

Chapitre L – Suite du lancement et fin de l’opération quelques mois plus tard

Nous ferons une rencontre extrêmement signifiante lors de cette soirée du lancement du coffret d’art de l’oeuvre littéraire de Félix Leclerc. Nous sommes présentés à un monsieur Chabot, fondateur de l’Espace Georges Brassens à Sète. Ville du sud de la France, Sète est le lieu où a été construit un musée en hommage au poète chansonnier et ami personnel de Félix, Georges Brassens. Ce dernier est au courant de notre projet commémoratif. Il nous décrit la mission de sa fondation et les éléments qui composent l’Espace Georges Brassens. Nous parlons de l’amitié qui unissait Félix et Brassens, du rôle qu’a joué notre chantre Québécois dans le développent de la carrière artistique des Brassens, Brel et autres de la génération de ces artistes de la chanson francophone. Nous décidons, Nathalie et moi, que le lieu de mémoire, d’éducation, et de diffusion en hommage au poète s’appellera L’Espace Félix-Leclerc. Nous voulions souligner l’amitié qui liait ces deux grands de la chanson.

LA VENTE DU COFFRET DE L’OEUVRE LITTÉRAIRE DE FÉLIX LECLERC ÉCHOUE EN FRANCE

Toute la stratégie de mise en marché reposait sur des parutions publicitaires avec coupons d’achats dans des magasines en France bénéficiant d’un haut tirage. Notre contact privilégié avait ses entrées dans les publications ciblant le lectorat potentiellement acheteur du coffret d’art de l’oeuvre littéraire de Leclerc. Nous avions l’assurance au ministère que grâce à ses contacts et au poste qu’il occupait au sein de L’A.G.2.R, il pourrait convaincre les éditeurs des diverses publications de soutenir l’opération de la vente du coffret. Pour des raisons que j’ignore, cet allié et responsable de la stratégie de la vente et de l’achat de l’oeuvre de notre poète perdit son emploi et les possibilités qui en résultaient. La Fondation que je dirigeais ferma le dossier dans les règles de l’art avec la conviction d’avoir fait tout en son pouvoir pour minimiser les effets négatifs de ce contretemps.

Chapitre L – Lancement du coffret de l’oeuvre littéraire de Félix Leclerc au Palais Royal à Paris

Chapitre L – Lancement du coffret de l’oeuvre littéraire de Félix Leclerc au Palais Royal à Paris

Comme je vous le mentionnais précédemment, pour la planification et l’organisation du lancement officiel du coffret d’art de l’oeuvre littéraire de Félix Leclerc, il a fallu dix-huit mois de travail acharné de la part de plusieurs personnes et organismes en périphérie de la Fondation Félix-Leclerc. Il serait trop fastidieux de décrire tous les détails et les étapes liés aux stratégies de mise en marché et de communication, aux politiques, aux éléments juridiques et aux relations publiques nécessaires à la concrétisation d’une telle opération. Il faut comprendre que la présence des administrateurs-organismes sur notre conseil trouve sa justification dans la création d’un fonds dédié à la mission de la fondation Félix-Leclerc. L’opération de la vente du coffret en France et au Québec est le moyen pour atteindre cet ultime objectif. En parallèle, je garde le cap sur la création d’un lieu de mémoire dédié à Félix sur l’Île d’Orléans.

LE 26 FÉVRIER 1997 : CONFÉRENCE DE PRESSE ET LANCEMENT OFFICIEL À PARIS

Nous avons quitté le Québec pour la France le 23 février. Une semaine riche et intense en émotions de toutes sortes. Nathalie sera sous les feux de la rampe des médias et des relations publiques dans le cadre d’un agenda très chargé. Michèle Latraverse, la soeur de Guy Latraverse, travaille sur Paris comme agente auprès des médias français. Elle possède une petite firme de communications. Elle s’occupera de nous, plus particulièrement de Nathalie, bien entendu. Nous en sommes à notre deuxième voyage en France. Lors du premier séjour, elle représentait sa famille pour une inauguration près de Caen dans le cadre d’un hommage rendu à son père. Mes traitements d’hémodialyse sont planifiés depuis plusieurs semaines. Je suis dialysé sur Paris à deux pas de la Tour Effeil. Nous avons droit à un petit verre de vin accompagnant notre repas. Avouons que ce n’est pas désagréable comme service. Je me sens comme chez-moi. Le personnel est accueillant et chaleureux. En vérité, la France c’est mon deuxième pays.

UNE SOIRÉE MAGIQUE !

Une voiture et son chauffeur nous attendent à la sortie de l’hôtel. Nous sommes légèrement excités à l’idée de se retrouver en compagnie d’artistes Français qui ont aimé et connu notre poète national. Surtout, j’ai hâte de voir et d’entendre les commentaires sur le coffret de luxe de l’oeuvre littéraire de Félix Leclerc. Le seul maillon faible de l’opération est le marketing et la publicité. Ces deux éléments reposent sur un individu qui occupe des responsabilités importantes au sein d’une grande société Française. Cette société est l’équivalent du mouvement Desjardins au Québec. D’ailleurs cet ami s’appelle Jacques Delgutte et travaillait à l’époque pour L’A.G.2.R de France. Il est un ami personnel d’Alban d’Amours, l’ancien président du mouvement Desjardins au Québec. Bref, je vous raconterai un peu plus tard le dénouement de l’opération marketing et publicitaire en France.

Nathalie et moi partons avec Henri Rivard et sa femme en direction du Palais Royal de Paris. Nous sommes attendus au Salon des Maréchaux. Sur place, nous découvrons une immense salle avec de la dorure et des lustres magnifiques au plafond. Plus de deux cents invités sont présents. Un esprit joyeux et le plaisir des retrouvailles se manifestent dès le début de la soirée.

NATHALIE : LA RÉVÉLATION DE LA SOIRÉE

Il y a plein de gens intéressants et connus internationalement. Je rencontre les plus grands noms de la chanson, de la littérature et du cinéma français. Les Guy Béart, Raymond Devos, Nicole Croisille, Darry Cowl, l’imprésario Français Jacques Canetti (90 ans), le scientifique Hubert Reeves et plusieurs autres. Sur le plan politique, nous comptons sur la présence du Ministre de la Culture en France, Monsieur Douste Blazy et du Délégué Général du Québec à Paris, Monsieur Marcel Masse. Nous espérons aussi la venue d’autres politiciens et hauts fonctionnaires représentants la France et le Québec. Évidemment, le protocole oblige dans un tel événement culturel à volet international. Quatre individus prendront la parole : le Ministre, le Délégué Général du Québec, l’éditeur et Nathalie. Les discours sont intéressants et mettent en valeur le parcours artistique du poète, son oeuvre, la beauté et la qualité du travail de l’éditeur. L’amitié et les relations fraternelles entre le Québec et la France sont au coeur des prises de parole.

Voilà, c’est à Nathalie de dire quelques mots. Sans aucun discours ou notes de références, elle fait une petite allocution simple de beauté et d’authenticité. Dans la magnifique salle, artistes prestigieux et politiques, à commencer par le Ministre de la Culture de France, sont sous le charme. Désarmante de vérité et de beauté, ses cheveux mi-longs se posent légèrement au dessus de ses épaules dénudées. Elle arbore une belle robe de soirée bleue ajustée à la taille. Un magnifique collier de perles est son seul bijoux. Elle était, en fait, la reine des lieux. Ce soir là, je savais que Nathalie possédait un pouvoir de séduction et de relations publiques qui était de l’ordre du don. Toute la semaine, dans ses relations avec les médias Français, elle a conquis les journalistes de la radio, de la presse écrite et de la télévision. Sa beauté naturelle, sa simplicité et son sens inné des relations avec les diverses personnes qui l’approchent en font la digne fille de son père. Il y avait une grande différence entre la femme timide du début de notre relation et celle qui menait cette soirée au Palais Royal. Il s’était fait du chemin dans la tête de la fille du Roi Heureux.

L’AUTRE GRAND POÈTE QUÉBÉCOIS : GILLES VIGNEAULT

Nous nous rendons dans les studios de T.V.5 à Paris. Nathalie sera en entrevue avec Patrick Simonin, le chef d’antenne de cette télévision internationale. Avec les années, il deviendra un ami personnel et supporteur du projet de l’Espace Félix-Leclerc. Sur le parvis de l’immeuble, nous rencontrons l’autre grand poète de chez nous : Gilles Vigneault. Vous le savez sans doute, les ascenseurs en France sont très petits et étroits. Nous nous retrouvons donc tous, Nathalie, Michèle Latraverse, Gilles Vigneault et moi-même, dans le même ascenseur. Croyez-le ou non, je me retrouve nez à nez avec le poète de Natasquan. Comme il se trouve que mon appendice nasale est relativement important, la situation, pour lui comme pour moi, était pour le moins cocasse. Après les entrevues avec Patrick Simonin, nous nous sommes retrouvés assis dans un petit café avec l’artiste de la parole et des mots de Natasquan. Un beau moment avec le troubadour et poète de notre pays.

Chapitre XLIX – Histoire de…

Chapitre XLIX – Histoire de…

Nous récupérons tous les documents légaux et les démissions des anciens membres du conseil d’administration. Durant la même période, Henri Rivard planifie, avec l’aide du M.R.I, les avenues possibles pour la vente et la mise en marché du coffret de luxe de l’édition littéraire de Félix Leclerc en France. Il est à la recherche d’une fondation ou d’un organisme parrain qui pourrait être associé à une opération à la fois commerciale et caritative. Il communique avec Nathalie et moi pour un échange sur notre vision du développent de la Fondation Félix-Leclerc. Il nous explique la nature de son projet et nous parle des bénéfices qu’il pourrait engendrer. Un retour en France de notre poète par le biais d’un coffret de quatre livres d’art regroupant les témoignages de personnages de la francophonie, ça serait magique. Des peintures magnifiques complètent le travail d’artisan de l’éditeur. Voilà un retour en beauté dans un pays qui a révélé au monde l’immense talent de notre chantre national. Nous acceptons de partager le rêve de cet artisan de la beauté et de l’art. Une rencontre est planifiée avec la direction au M.R.I dans les jours qui ont suivis la réunion avec Henri Rivard. Autour de la table, on retrouve Madame Diane Charland, adjointe au sous-ministre Monsieur Denis Brière, qui est lui-même chargé de projets pour le M.R.I. On remarque également Henri Rivard, l’éditeur, Nathalie Leclerc et moi. L’objectif est de s’assurer du sérieux et de la faisabilité d’une telle opération. Apporter en valeur ajoutée une structure financière saine et dynamique à la Fondation Félix-Leclerc. Voilà un objectif fondamental pour le démarrage de notre organisme. La France et le Québec sont les marchés visés. Il s’agit d’une opération d’envergure internationale qui nécessitera presque dix-huit mois de planification et d’organisation. Il faudra le soutien de la délégation générale du Québec à Paris, du ministère de la Culture en France, de l’office Franco-Québécois pour la jeunesse et de l’association France-Québec pour créer les maillages nécessaires au lancement officiel du coffret de luxe de l’oeuvre littéraire du poète en France.

1995 : la naissance du nouveau conseil d’administration de la Fondation Félix-Leclerc

Au printemps 1995, au restaurant Les Ancêtres sur l’Île d’Orléans, sont réunis les membres officiels du premier conseil d’administration. Nous retrouvons autour de la table Nathalie Leclerc, fille de Félix Leclerc, représentante de la succession, Daniel Perron, directeur général de l’association Québec-France, Michel Leduc, secrétaire général de l’Officice Franco-Québécois pour la Jeunesse, Monsieur Guy Latraverse des Francofolies de Montréal et Pierre-André Themens, avocat de Montréal. Évidemment, j’y suis moi aussi, en tant que spécialiste en communication et développement de projet. Madame Diane Charland et Monsieur Denis Brière du M.R.I, ainsi que Monsieur Henri Rivard, éditeur, sont présents à la rencontre.

Deux projets prioritaires pour la Fondation Félix-Leclerc

À titre de président du conseil d’administration, je fais inscrire à l’ordre du jour deux projets qui me semblent prioritaires pour le développement de la mission de notre fondation : le projet de la vente du coffret de luxe de l’oeuvre littéraire de Félix Leclerc en France et au Québec, ainsi que la création d’un lieu de mémoire et d’éducation en hommage à l’oeuvre chansonnière et littéraire de notre poète national. Ce dernier projet est planifié sur papier depuis un certain temps. Je l’ai conçu au bout de la table de la cuisine. J’ai analysé la mission de la fondation et je me suis demandé comment nous pourrions atteindre tous les objectifs énoncés dans notre charte. Trois axes au niveau du concept ont retenus mon attention : la diffusion (petite salle de spectacle), la mémoire (centre d’interprétation) et l’éducation (ateliers pour les jeunes). Avec le soutien de Nathalie, la création d’un lieu de commémoration, d’éducation et de diffusion en hommage à son père deviendrait une priorité constante pour le devenir de la fondation. Moi, j’y croyais avec mon coeur et ma tête. Rien ne pourrait me faire dévier de ma trajectoire ! Je mettrai, au service de Félix et son oeuvre, toute mon intelligence, ma volonté et mon savoir-faire. Grâce à l’amour et au soutien de Nathalie, j’oublie mes traitements et ma déficience rénale. Je fonce droit vers le rêve !

Chapitre XLIX – L’histoire de la relance de la Fondation Félix-Leclerc

Chapitre XLIX – L’histoire de la relance de la Fondation Félix-Leclerc

Nous sommes au début de l’année 1995. Avec l’accord de Gaétane Morin-Leclerc, la mère de Nathalie, débute la relance d’une fondation malheureusement inactive depuis plusieurs années. Cette fondation a vu le jour en 1983 sous le vocable de Fondation Théâtre Félix-Leclerc. Pourquoi «Théâtre» ? Parce que la passion de Félix était d’abord et avant tout le théâtre. En décembre de la même année, les lettres patentes sont changées pour la Fondation Félix-Leclerc. La mission ne change pas. On souhaite soutenir la relève artistique francophone en théâtre, en chanson et en littérature. On veut créer un programme de bourses afin de venir en aide à ces jeunes artistes de talents. Un groupe d’amis avait proposé à Félix cette idée de fondation. Il semble qu’au départ, le poète de l’île n’était pas très chaud à l’idée de la création d’une fondation portant son nom. Toutefois, les arguments déployés par ses proches l’assurèrent de la pertinence d’une telle initiative. Une réalisation importante visant la création du théâtre Félix-Leclerc situé dans un immeuble de Montréal n’a pas connu le succès attendu. Enfin, quand j’ai pris la direction de cette fondation, si ma mémoire est fidèle, une seule bourse de 500$ a été offerte à Marie-Claire Séguin. Voilà à peu près ce à quoi ressemblait la contribution de la fondation auprès des jeunes artistes de la relève francophone depuis sa création en 1983. Un magnifique défi nous attendait !

Première étape : demander la démission de tous les administrateurs du conseil d’administration

Je connais, en tant que gestionnaire et promoteur de projet, l’importance d’avoir une permanence pour la gestion, le développement et la direction d’un organisme. Même les plus gros noms qui siègent sur un conseil d’administration ne peuvent permettre le développement et la croissance s’il n’y a pas une direction stable et efficace. La problématique de la Fondation Félix-Leclerc a longtemps résidé dans la non permanence de sa direction qui entraînait forcément une gestion déficiente des dossiers et des projets. Avec le soutien de Nathalie et de la famille, j’allais réclamer la démission de tous les administrateurs afin d’établir un nouveau conseil selon nos priorités et les nouveaux objectifs à atteindre. Avec l’aide du bureau d’avocats montréalais Goodman, Phillips et Vineberg, nous avons mis à jour cette fondation sur le plan juridique et légal. Nous avons obtenu, dans les règles de l’art, la démission de tous les administrateurs légalement reconnus par l’inspecteur général des Institutions Financières du Québec. La volonté de la famille a été respectée à la lettre et tous les administrateurs ainsi que le président de l’époque ont collaboré de façon admirable au désir de la famille.

Le rôle du Ministère des Relations Internationales dans la relance de la Fondation Félix-Leclerc

Henri Rivard, éditeur de livres d’art, vient de procéder au lancement de l’édition de luxe du coffret littéraire de Félix Leclerc. Il s’agit de quatre volumes dont le contenu est approuvé par Félix Leclerc lui-même avant sa mort. Dans une communication écrite au recteur de l’Université du Québec à Montréal, le poète avait mentionné, quelques temps avant son départ, les éléments de son œuvre qu’il voulait voir retenus pour une ultime édition. Nathalie et moi étions présents au lancement officiel à Montréal. Nous nous entendions bien avec Henri Rivard et sa femme. Ils nous avaient supportés lors des activités bénéfices pour A.G.I.R.. Henri était en contact avec le M.R.I pour un très gros projet concernant la vente et la diffusion du coffret d’art de l’œuvre littéraire de Félix Leclerc en France.