Chapitre LVlll:Je m’accroche de toutes mes forces

LA VIE REPREND SES DROITS

Les vacances m’ont fait le plus grand bien.Nous sommes en février 2003, il fait un froid glacial au Québec. Je commence à réfléchir aux activités entourant les 15 ans du décès de Félix Leclerc.J’élabore la programmation de spectacles en gardant la plus grande marge de liberté possible.J’inscris L’Espace Félix-Leclerc dans le réseau des diffuseurs de l’est du Québec:Le ROSEQ.
Je programme pour le printemps les, Marc Favreau, Jean Lapointe, Richard Séguin, Chloé Ste-Marie, Bia, Renée Claude, Létourneau, et plein d’autres.De jeunes artistes de la relève s’inscrivent dans le cadre de la programmation officielle et de la journée de l’hymne au Printemps de mon ami Jonquièrois;Yvan Giguère.Cette journée sera sous la Présidence d’honneur de la Gapésienne de Rivière au Renard:Laurence Jalbert.Les Manon Vincent, Mathieu Mathieu, Damien Plaisance, le Trio Bori et bien d’autres se feront valoir sur la scène de L’Espace.
Je me croise les doigts pour que la saison touristique de 2003 soit aussi forte que celle de 2002.
Je vais souvent à l’hôpital pour ma greffe.Quelques petits et importants rejets sont mon lot depuis le début de celle-ci.On tente de traiter un virus au greffon qui fait un tort considérable.Les néphrologues essaient toutes sortes de médicaments pour combattre ce sacré virus.Rien y fait!
Je commence à perdre espoir de conserver cette greffe qui s’est fait attendre onze années.Plus de 1756 traitements par l’hémodialyse.Au-delà de 7024 heures branchées à une machine.Je ne veux pas le perdre!Je dois me rendre à l’hôpital au moins deux fois la semaine, pour recevoir des solutés intraveineux.Ce traitement est aussi fort que de la chimiothérapie.Il a y un espoir de sauver le greffon.Un médicament expérimental est à l’essai sur un patient de L’Hôtel-Dieu de Québec.La réussite est concluante pour cette personne.Un médicament dont nous devons avoir l’accord d’Ottawa.Il n’existe pas sous ordonnance pour traiter un cas comme le mien et quelques autres au Canada.

UN COUP DE COEUR FOUDROYANT

Nous sommes à la mi-mars 2003.Je reçois un appel téléphonique du cousin de Nathalie.Il demeure à Champlain, non loin de Trois-Rivières.Il s’enquiert de ma condition et s’informe sur les spectacles à venir.Il me parle d’une jeune artiste trifluvienne du nom de Fabiola Toupin.Il me fait un éloge très flatteur de la jeune interprète.Il me recommande de l’inviter en audition à L’Espace.Je lui manifeste mon ouverture et l’invite à communiquer mon intérêt à la jeune artiste.Celle-ci n’aura qu’à me contacter pour la suite des choses.
Une semaine plus tard, ma secrétaire Marie-Hélène me transfère un appel.C’est Fabiola Toupin qui est au bout du fil.
Elle se présente, me parle de son immense intérêt pour le répertoire de Félix et surtout sa poésie.Elle sollicite une audition accompagnée de son musicien guitariste Manu Trudel.Ce dernier écrit une bonne partie des chansons qu’elle chante sur scène.Nous fixons une date au calendrier.La journée de l’audition, elle se présente, l’allure décontractée, le regard franc et le sourire moqueur.Elle est élancée. le corps athlétique.Son compagnon, Manu,comme elle se plaît à dire son nom, est délicat de taille, les cheveux longs, ce qui lui donne un petit air rebelle.
Ils montent tous les deux sur la scène.Quelques accords de guitare pour s’harmoniser et voilà les premières notes de la voix de Fabiola, sortent de sa bouche.
Une voix qui me va droit au coeur.Quelle puissance et quelle sensibilité!La beauté des textes, la complicité des deux artistes me touchent.Elle chantera deux chansons.Je savais que j’avais devant moi, une magnifique artiste, une bête de scène comme on dit dans le métier.Je me suis souvenu, que je l’avais entendu à l’émission de Télé Québec:Le Plaisir croît avec L’usage.Nathalie et moi avions été renversés par sa performance.Mais je ne me rappelais plus de son nom.
Je la félicite pour sa prestation et celle de Manu son guitariste.Je lui fais savoir mon intérêt à la présenter au public de l’Espace, dans le cadre de la programmation estivale.J’avais la certitude que je venais de découvrir un talent rare.Quand elle s’approcha de la sortie, pour quitter les lieux, nos regards se sont croisés.À cet instant précis, une magie venait de naître entre nous deux.Je savais, elle savait, que nous vivrions une relation importante.C’est souvent comme ça dans la vie.
Mais il y aune question que j’aurais due me poser:Ai-je fait mon deuil véritable de Nathalie!
Parfois, il faut se donner du temps pour guérir les blessures d’une grande peine d’amour.Je ne regrette pas la folle épopée avec Fabiola.J’apprendrai beaucoup sur moi.Vous verrez!