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2009
Chapitre LVl:L’ année 2001 et 2002:La réalité dépasse la fiction (Suite)
Quelques semaines après la soirée de la chambre de commerce, nous quittons Nathalie et moi pour des vacances en Gaspésie. Je viens de faire l’acquisition de mon nouveau Jeep, dont je suis tellement fier. Mon cadeau à moi, pour toutes les années d’efforts liés à la réalisation de L’Espace, la relance de la Fondation et mes onze années d’attente pour une greffe de rein. Je propose à Nathalie de partir en voyage. Une semaine juste pour nous deux, dans le pays le plus romantique que je connaisse:La Gaspésie.
Le voyage se déroule bien. Je sais que la greffe est difficile. Mais j’ai tellement soif de ma nouvelle liberté que je ne peux passer à côté de ce petit voyage. Mon premier d’homme libre depuis toutes ces années.
Nathalie est merveilleuse de jeunesse et de beauté. Les paysages de la Gaspésie s’harmonisent avec son charme naturel et ses yeux de mer. Nous visitons tous les petits villages, sans oublier un arrêt à Petite Vallée, au village de la chanson.
Nous passons quelques jours dans un des petits chalets du village. Nous sommes reçus merveilleusement par le fondateur de ce Festival:Alan Côté. Je considère Alan comme une force de la nature. Il porte en lui toute l’âme de ce festival. Un colosse au coeur tendre, doué d’un sens de l’organisation et d’un amour des artistes, hors du commun.
Nathalie est heureuse, mais il y a quelque chose de changer. Je ne sais pas quoi!Les difficultés de ma greffe n’arrangent pas son désir profond de donner un sens nouveau à sa vie. Il y a un vide en elle que la maternité pourrait combler. Ma santé encore fragilisée ne nous aide pas. Le voyage ne nous rapprochera pas comme je l’aurais souhaité.
Nous récidiverons quelques semaines plus tard, en parcourant mon pays natal:Le Saguenay, Lac St-Jean. Je lui ferai découvrir le pays de mon enfance et les attraits de cette fabuleuse région. En tout, des kilomètres de route, qui seront assurément les derniers. Fin de la route et d’un magnifique voyage au pays de mes ancêtres.
Nous sommes en octobre 2002, nous recevons la grande artiste Lynda Lemay.Elle a accepté mon invitation d’offrir un spectacle-bénéfice au profit de la Fondation Félix-Leclerc.La salle est vendue depuis déjà plusieurs semaines.Je suis très excité de recevoir une artiste au rayonnement aussi signifiant au sein de la Francophonie. De plus, elle est magnifique et très attachante. J’avoue que je travaille fort pour que cette soirée soit une grande réussite. Je veux que Lynda se rappelle de notre accueil.
Nathalie et moi sommes dans une période ou l’effet de la dernière année de travail se fait sentir. Notre couple chancelle, sans trop nous poser de questions. Je parle pour moi. C’est le calme avant la tempête!
Il est 19 h 30, Lynda n’est pas arrivée. Nous sommes à 30 minutes du début de spectacle. La salle est déjà remplie. Mon cellulaire sonne!Il fait un temps exécrable dehors. C’est Lynda au bout du fil. Elle est sur le pont Pierre Laporte, en plein embouteillage. Les excuses n’arrêtent pas, elle se sent mal à l’aise de la situation. Il n’est pas dans ses habitudes d’être en retard à l’un de ses spectacles. Bref, cela me rassure de la savoir en route et pas très loin de l’île D’Orléans.
J’avise les spectateurs du fâcheux contretemps. Le spectacle commencera à 20 h 30, trente minutes plus tard que prévu. L’artiste arrive avec ses mèches de cheveux à la main, fébrile, mais souriant malgré un retard hors de son contrôle et de son chauffeur. Son équipe est sur place depuis le début de l’après-midi. Les gars de son et d’éclairage ont travaillé à la mise en place technique de son spectacle. Comme il s’agit d’une grande artiste, quelques secondes et le public est conquis. Une soirée qui se terminera par une petite réception au deuxième étage en présence de l’auteure-compositrice-interprète. Je n’ai jamais rencontré une artiste aussi disponible et chaleureuse pour son public que Lynda Lemay.
Nous terminerons cet événement dans une salle du bâtiment, aménagée pour un repas de fin de soirée. L’esprit est à la fête, le champagne aidant! Je crois que Nathalie sait que je ne suis pas indifférent au charme et la personnalité de Lynda. Elle a une maturité de femme qui me plaît. De toute façon, je me doute par le regard complice et désespéré de notre jeune employé amérindien en direction de Nathalie qu’il se trame une intimité non dévoilée. Quand il quitta les lieux, je savais!




