Chapitre LXV:Funambule:Je marche sur le fil de ma vie

Ma greffe commence sa valse à trois temps. Nous sommes en 2006 et je ne trouve plus l’énergie pour poursuivre sur le chemin de la production de spectacle et la gestion de la carrière de jeunes artistes.
Par ailleurs sur le plan financier, je vis une situation très difficile. Comment sortir de ce bourbier qui n’en finit plus de finir? Ma raison consentira par admettre mon incapacité financière et physique à poursuivre dans cette voie.
Je serai obligé de déclarer une faillite. Je me sens honteux devant cette décision incontournable qui me rend très malheureux. Mon père me sera d’un grand secours durant cette autre période sombre de ma vie. Mes parents m’offriront le gîte, le temps de me refaire à tous les niveaux. La vie n’est pas tendre à mon endroit, mais je refuse de baisser les bras.
Pendant presque six mois, je serai sans contrat. Je communique avec mon ami Armand Ferland, président de la caisse populaire de St-Pierre de l’île d’Orléans. J’ai eu ma libération de faillite. Je luis explique les choses telles quelles sont, lui demande son aide. Il siège sur le conseil d’administration d’une télévision régionale et sait qu’un poste de directeur général est disponible.
Il m’en informe et m’interpelle pour connaître mon intérêt à relever ce genre de défis. Parce que les défis, ils étaient réels! Les conditions salariales ne sont pas à la hauteur de mes aspirations, mais je considère cette possibilité d’emploi comme une chance de relancer ma petite boîte de communications. Je signerai un contrat d’une année.
Une amie de l’île D’Orléans me recommande un gîte sur la côte de Beaupré. Je retiens cette option à la location d’un logement. Je préfère attendre avant de m’enraciner sur la côte. Je ne suis pas certain que je vais m’adapter au milieu. Sage décision que la mienne dans le contexte de l’époque.
J’aime la région, mais mon tempérament et ma personnalité ne s’harmonise pas tout à fait avec la sociologie des milieux plus fermés. J’ai encore l’île, et tout ce qui se rapporte à cet univers, dans le coeur. Il me tarde d’oublier cette mémoire d’un passé pas très lointain à mon esprit. Je prends conscience très rapidement que l’organisme que je dirige a une histoire compliquée et une culture organisationnelle liée à des mentalités axées sur des petits pouvoirs politiques.
Moi, je suis un fonceur, un développeur qui cherche à maximiser l’atteinte des objectifs et la mission de l’organisme. Mon mandat est clair, mais certaines personnes m’attendent de pied ferme. Diriger et restructurer un petit média régional comporte son lot de surprises. N’ayez crainte, des surprises j’en vivrai quelques-unes.

Durant la période de restructuration de cette télévision régionale, je me lie à une jeune chanteuse de Québec. Notre relation ne sera pas passionnelle. Elle se définira par une attirance physique et des intérêts communs pour l’écriture et la musique. Cette période de ma vie me permettra de rencontrer mon meilleur ami:Marc Lacombe.Quelques soirées festives dans l’univers du blues au bistro le Pape Georges et une amitié qui dure depuis ce temps. Je ferai connaissance par ailleurs, au même endroit, de celle qui deviendra ma plus grande amie féminine à vie:Mireille Cyr. Un sentiment entre l’amitié et l’amour! En somme, une relation qui peut durer toute une vie. Qui dit mieux!
Cette année de travail et de collaborations auprès des gens de la côte de Beaupré et de l’île sera mon chant du cygne. À quelques parts, je fermais la boucle d’une partie de ma vie. Par la force des circonstances, je me retrouvais à la direction de ce média communautaire. À la fin de mon contrat, je savais qu’il était temps pour moi de quitter le pays de mes ancêtres.

Comme on dit par chez-nous:J’avais assez donné!