Le deuil de mon greffon et de ma liberté…

Juillet 2009, il y a déjà plus d’un an, j’ai recommencé mes traitements par la dialyse. Une autre perte au palmarès des deuils de ma vie. Celle-là, elle n’est pas banale. Je dirais que le niveau de conscience s’étale sur la durée et l’effritement graduel du greffon.
Mon greffon, suivant cette infection virale et la prise de médications toxiques, subit une lente, mais incontournable insuffisance terminale. Le retour à la dialyse après six années de greffe et onze années de traitements me force à puiser au plus profond de mon être. J’avoue que plus le temps avance, plus la perte est définitive, plus je me pose des questions sur la suite des choses.
Ma force de résilience diminue! Je le sais! je le sens. Mon regard sur ma vie et la suite des choses m’interpelle.Je porte en moi toutes les blessures, les joies d’une vie vécue intensément. Il est vrai, que je peux me réfugier dans l’écriture, mes univers de vie, riches et satisfaisants à beaucoup d’égards.
L’imaginaire, une échappatoire de tous les instants, peut-être! J’ai l’impression que cette perte, cette fois-ci, est plus significative pour la réflexion. J’ai développé un niveau de conscience du temps et de l’espace qui m’élève dans ma quête spirituelle.
Ma déficience physique qui m’oblige à vivre dépendant d’une machine depuis toutes ces années gagne du terrain sur ma résistance au combat de la vie.
Cet état d’esprit qui m’habite mesure ma compréhension et l’acceptation de ma propre finalité. Pour le moment, voilà ou j’en suis. Je ne baisse pas les bras au désir de poursuivre le rêve éveillé de la vie.
Tant que mon coeur trouvera du bonheur à aimer et contempler la beauté du monde……Mon désir de liberté est grand!