Mon coeur est à bout de souffle

LES FÊTES DU 400e

Je vis en colocation avec une amie. Nous sommes en juillet 2007, je suis engagé par l’organisation du 400e anniversaire de la ville de Québec. Je me retrouve chargé de projet médias et relations publiques. La dernière année a été fertile en émotions et ma capacité d’adaptation mise à l’épreuve. Encore une fois!
Je commence ce nouveau défi avec enthousiasme.
Lors de mon entrevue d’embauche, le mandat d’une année que l’on me proposait me stimulait. La directrice des communications était une magnifique personne dont le charisme ne laissait aucun doute. Il me tardait de commencer le travail d’équipe sous sa direction. J’ai le goût d’être créatif et développer des stratégies de relations publiques auprès d’organismes multiplicateurs dans le milieu de Québec.
Ma vie personnelle est sous le signe du célibat. Ma santé comme toujours ne me laisse pas beaucoup de répit. Ma greffe rénale tient le coup, mais exige des rencontres de contrôle régulières.
Je ne suis pas très heureux ou je vis. Mais je dois composer avec un choix à risque. Enfin, je rêve de me retrouver dans les murs du Vieux-Québec. Je suis dans le secteur Beauport. Je n’ai jamais aimé les villes banlieues, mais le contexte favorise ce choix pour l’année en cours.

Dès la première journée au sein de l’organisation du 400e, une déception m’attendait. Celle qui était à la direction des relations publiques n’était plus à l’embauche de l’organisation événementielle. Je perdais mes repères et surtout celle avec qui le mandat avait été élaboré. Sincèrement je me suis senti comme un chien dans un jeu de quilles.
Les débuts d’un nouvel emploi servent à l’intégration des lieux, se familiariser avec ses collègues, revisiter le mandat professionnel. Je ne me sentais pas à l’aise. Un minuscule poste de travail avec un ordinateur entouré d’une équipe en quête de direction. J’avais l’impression de me retrouver avec quelques passionnés et d’autres dont la culture de travail était presque syndicale. Quel paradoxe que cette loi du moindre effort dans un contexte d’échéancier serré et de grande fête!
D’ailleurs cet esprit de la fête, cette transmission de valeurs festives que représentait le 400e de la ville de Québec ne se vivait pas de l’intérieur. Du moins, pour le peu de temps dont j’en ai fait partie, je ne l’ai pas ressenti.
Je ne suis pas heureux. Je vois bien que nous ne sommes pas dans une culture de communication franche, de solidarité, de mise à profit d’un partenariat avec les autres grands événements de Québec:Le festival d’été, la Nouvelle-France, tous les autres partenaires potentiels dont l’expertise représentait une valeur ajoutée pour l’organisation du 400e.Nous sommes dans la culture de quelques divas, qui avec l’argent des autres, font de la petite politique et un égotrip qui ne sert pas les intérêts supérieurs de la grande fête.

MON COEUR DIT NON

J’arrive de mon travail. Je me sens las, je décide de me coucher tôt. J’ai de la difficulté à trouver le sommeil, je ressens un élancement dans le bras et l’épaule gauche. Mais vous savez, je suis tellement habitué à la douleur que je ne donne pas trop d’importance à ce fait. Je dors difficilement cette nuit-là.
Au petit matin, vers les 7hoo je constate que la douleur est toujours présente. Je commence à m’inquiéter de mon état de santé. Je communique avec ma petite soeur Nancy. Son compagnon, vient me trouver très rapidement, direction la greffe rénale de l’Hôtel-Dieu de Québec.
Arrivé sur les lieux, j’explique mes symptômes à l’infirmière de la greffe. Tout de suite, l’on m’envoie en cardiologie pour un électrocardiogramme. Je reviens avec les résultats. Un cardiologue est à l’unité de la greffe et procède à la lecture des données. Sans hésitation et sur le champ, il demande une civière afin de me transporter à l’unité coronarienne. Une équipe m’attend pour une angioplastie afin de déboucher une artère problématique. On constate un infarctus au haut du coeur. Le chirurgien-cardiologue me pose un stent au niveau de l’artère bouchée.
Je prendrai 2 mois de congé pour soigner ma blessure au coeur.Mon retour me révèlera que je ne veux plus poursuivre pour l’organisation du 400e.Ma santé m’orientera vers d’autres univers ou ma liberté, ma créativité seront au service de mon bonheur.
En quittant l’édifice de l’Industrielle Alliance qui abritait les locaux du 400e, je ressentis une immense joie. Une joie qui me dira beaucoup sur là où j’étais rendu dans la vie,