Archives du octobre, 2009

Le grand Charles Aznavour

Le grand Charles Aznavour

Charles Aznavour, l’artiste le plus complet et plus maître de sa destinée que j’ai rencontré. Certainement une légende vivante qui aura apporté à toutes générations confondues la beauté des mots et des musiques. Né le 22 mai 1924 à Paris, sous le nom de Shahnourth Varinag Aznavourian, Charles Aznavour est certes, l’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de la francophonie. Sans oublier, son rôle d’acteur. Il a joué dans plus de cent films.
J’ai eu l’immense privilège de le rencontrer et de le côtoyer à plusieurs reprises au cours des ans.
La première fois que j’ai eu le bonheur de sa présence, c’est sur l’île du poète Félix Leclerc. Il participa à un tournage en compagnie de son ami Raymond Devos. Le but de l’exercice était de mettre sur pellicules quelques moments rendant hommage au poète-chansonnier québécois. Le prétexte, les dix ans de la mort de notre chantre national.
Nous avons partagé, Nathalie et moi, le repas avec l’artiste, à deux moments sur l’île de la poésie. Un personnage plus grand que nature. Charles Aznavour a toujours représenté à mes yeux le modèle de l’homme et de l’artiste, ayant la capacité du jugement rationnel, le sens des affaires, doué d’un génie artistique hors-norme. Sa contribution à la chanson française est immense.
J’ai revu Charles Aznavour à Montréal, dans le cadre d’un hommage à Félix Leclerc, qu’il avait initié en collaboration avec Guy Latraverse. Un hommage diffusé dans toute la francophonie, avec les plus grands artistes du Québec et de France.
Mes derniers moments avec Charles Aznavour et non les moindres sont dans le cadre des Nuits de Champagne à Troyes. Il assumait la présidence d’honneur de ce magnifique événement culturel, dédié à la chanson. Nous avons partagé, à son invitation, sa table à quelques reprises. Un grand bonheur de se retrouver avec les amis de ce géant de la chanson. Raymond Devos, Fred Mela, pour ne citer que ceux-là. Un moment de grâce, quand il interpréta quelques-uns de ses plus grands succès, accompagnés de plus de 900 choristes.
Charles Aznavour a été d’une aide exceptionnelle pour les projets de la Fondation Félix-Leclerc. Je me souviens de sa venue sur l’île d’Orléans, afin de soutenir l’ouverture imminente de L’Espace Félix-Leclerc. Je n’avais jamais vu autant de journalistes encerclés un artiste comme ces derniers l’avaient fait lors de sa visite dans ce lieu de mémoire et de diffusion en hommage à Félix Leclerc.
Écrire sur Charles Aznavour, sans mentionner le nom de Gérard Davoust, serait une omission impardonnable, dans mon cas. Ce dernier, travailleur de l’ombre, malgré ses responsabilités de directeur général des Éditions Raoul Breton et président de la SACEM à l’époque, a permis le lien avec l’artiste. Sans lui, je ne sais trop, si tous ces privilèges du grand Charles Aznavour à notre endroit avaient été de même nature.Une collaboration fraternelle et exceptionnelle de Gérard Davoust.
Charles Aznavour, l’un des plus grands bâtisseurs de culture de la francophonie.
Merci Charles Aznavour!

Au pays de Fidel (Fin)

Au pays de Fidel (Fin)

Nous débarquons du véhicule, nous nous dirigeons sur le parvis de la maison. Haima cogne à la porte.Une dame d’une cinquantaine d’années nous accueille. Elle nous invite à nous assoir sur les petits bancs extérieurs longeant la galerie.Ele nous offre une limonade, en attendant. Après quelques minutes, un gaillard cubain, propriétaire des lieux, nous invite à entrer. Il nous dirige vers l’arrière de la maison.
J’entend des cris de cochons. Je commence à me douter du repas du soir. Eh bien oui! Je vais acheter un petit cochon vivant, d’environ quinze kilos, que le gentil colosse place dans une poche de jute. Nous voilà avec le cochon sur le siège du véhicule, direction Freeres. J’ai payé l’équivalent de trente dollars pour l’acquisition de la bête.
Arrivés à la casa, l’esprit est festif et joyeux. Tout le monde est là, même des nouvelles figures que je ne connaissais pas.Commence la préparation du repas. Je suis convié par le mari de la meilleure amie de Haima, à ramasser le bois pour le feu et la construction de la structure, qui fera office de broche pour la cuisson du porc cubain. Jusque-là, ça va!
Mais arrive le moment où nous devons sortir l’animal de sa poche. La suite ne me tente guère! Mais, il faut faire ce qu’il faut. Mon ami de demande de tenir l’animal, qui crie de tous ses poumons. Déjà là, c’est assez traumatisant d’entendre un cochon crier de toutes ses forces. Par la suite, on lui attache les pattes. Mon jeune cubain a dans ses mains un couteau bien affilé. Les instants qui suivent, si vous n’avez pas le coeur fort, prière de s’abstenir de lire.
Nous empoignons le jeune porc, en le tenant ferme par la tête. Commence l’opération de la saignée de l’animal. Wow! Le couteau affilé, mon partenaire cubain lui enfonce la lame dans la gorge, faisant une incision profonde. La saignée sera mortelle et sans douleur pour la bête. Jusqu’à le vider de son sang, l’animal se débattra, poussera des cris plus longuement que je pensais. Je trouvais cette scène surréaliste. Moi, qui ne veut même pas chasser un oiseau, me voilà à saigner un jeune porc. Une fois le tout terminé, le sang est ramassé dans un contenant et remis à la femme de la maison.
Après quelque temps, nous embrochons le porc et l’installons pour la cuisson.
Je tournerai la broche plusieurs heures en alternance avec mon ami Cubain.Cela exige de la force et de l’endurance. Surtout le développement d’une technique du poignet qui facilite le travail de cuisson. Haima me regarde d’un air admiratif.Probablement qu’à ses yeux, je me suis comporté comme un vrai homme.
La soirée se déroule dans le bonheur, sous un ciel qui allume ses chandelles une à une. Un ciel cubain pour la fête!
Nous buvons le rhum à la bouteille et mangeons l’animal sacrifié, avec délice et appétit. Cette soirée est gravée dans ma mémoire à jamais!
Les jours suivants, nous allons faire de l’équitation, découvrir la mer, faire le farniente chez Haima, mais surtout allez danser à la discothèque de Guardarlavaca.Sa meilleure amie et son jeune mari, sont souvent avec nous. Ils sont d’une grande gentillesse et très discrets.
Haima est magnifiquement douce et présente. Une jeune femme attentionnée, sensible, très intelligente. Un corps de déesse, au regard de mer! Je crois que le départ sera plus difficile que prévu. Une vraie beauté de l’île.
Je ne peux terminer ce récit, sans vous raconter mon expérience avec le système de santé cubain. Comme tous les jours, nous nous retrouvons dans la cour arrière de la casa.Nous discutons, fumons, prenons un café tout en profitant du plaisir du bébé, surtout d’être près l’un de l’autre, Haima et moi.
Soudain, en voulant me lever du banc de bois où nous étions assis, un clou rouillé qui sortait d’une des planches, me cisaille une entaille profonde au niveau de la cuisse droite. Le sang abonde de la plaie et je dois intervenir assez rapidement pour éviter l’infection. Étant donné que je suis greffé du rein et que mon système immunitaire par les médicaments antirejet est affaibli, il faut que j’intervienne promptement pour nettoyer et coudre la plaie ouverte. Il n’y a pas de téléphone à la casa. Cette dernière s’empresse d’aller chez le voisin, appelé pour du secours. Son père est avec nous, me prépare une compresse pour ralentir le débit du sang.
Arrivent les secours attendus. Je croyais qu’un véhicule ambulancier se présenterait. Eh bien non, il s’agissait d’une bicyclette à deux bancs avec une radio jouant des airs cubains. Bon, je n’ai pas le choix des moyens, va pour l’ambulance de fortune. Croyez-le ou non, nous nous retrouvons trois sur cette ambulance à deux roues. Je vous jure, c’était totalement surréaliste. Direction pour l’hôpital de Freeres. Nous roulons sur une route dont la dimension des trous est inimaginable. Le conducteur, un jeune Cubain en super forme physique, évite ces obstacles comme un maître des chemins minés. Nous arrivons à l’hôpital, mon beau-père de vacance à mes côtés. Il explique ma situation et l’on m’installe sur un brancard de la salle d’urgence. Le médecin chirurgien regarde ma plaie. Il la nettoie abondamment et procède aux points de suture nécessaires. La salle est propre. L’attente n’a été que de quelques minutes. Sauf, que le chirurgien m’a recousu à froid. J’ai serré les dents, en regardant le père de Haima. Il semblait fier de me voir accepter cette intervention sans maugréer de quelques façons que ce soient.
Nous sommes revenus avec le même transporteur, ou je fus accueilli presque en héros par la famille, surtout Haima.
Plus que deux jours à mes vacances. J’offre à Haima quelques cadeaux, sans oublier sa famille merveilleuse. Nous nous retrouvons la veille de mon départ, chez une grande amie de Haima. Au coeur du village, dans une maison à deux étages, je suis reçu avec beaucoup de fraternité. Nous mangeons le repas du midi et du soir, dans la pure tradition cubaine. La musique cubaine résonne de partout. Toutes les maisons avoisinantes dansent sur des airs dont je n’oublierai jamais la sonorité
L’amie de Haima, nous offre sa chambre pour la nuit. Cette dernière a le coeur triste, moi aussi d’ailleurs. Comment pourrais-je oublier ces moments de découvertes et d’humanité au pays de Fidel?
Je ne lui fais aucune promesse quant à la suite des choses. Je sais que je pourrais l’aimer follement.Mais j’attends de voir ce que le temps suggèrera à mon coeur!
Le jour du départ, elle m’accompagne à l’aéroport. Nos mains resteront nouées tout le long du trajet. Nos regards se croiseront pour une dernière fois, à la sortie du taxi. Je la quitte des yeux, en sachant que je ne reviendrai peut-être jamais sur l’île de Fidel. J’ai longtemps pensé à elle, par la suite. Je lui dédie ce texte! Merci du privilège qu’elle m’a offert en partage:Celui de la découverte d’un peuple merveilleux et d’une jeune femme aux yeux de mer, le coeur pur comme l’émeraude.

Au pays de Fidel (suite 2)

Au pays de Fidel (suite 2)

Il y a longtemps que je n’ai pas été aussi heureux. Je me sens en vacance. Cuba est une île merveilleuse, quand nous avons la chance de la découvrir sous le regard, de la vie au jour le jour de ses habitants.
Haima, m’a présenté à tous ses amis qui sont en fait, sa famille élargie.La simplicité, la fraternité des villageois, me séduit. Tous les jours, je me rends à Freeres, partager le quotidien avec les membres de sa famille.
Je vois, combien ils sont solidaires entre eux, qu’ils ont le sens du clan, de la communauté. Sans oublier le goût du partage, de la fête. Que ce soit une cigarette, une bouteille de rhum, un repas, un vêtement, personne n’est laissé pour contre. Ils ont le sens de l’autre dans leur attitude.Cela me fait prendre conscience de l’individualisme de nos sociétés nord-américaines.Je crois que l’étranger représente pour les Cubains, une ouverture sur le monde.Il fait rêver!Il ne faut pas oublier que la plupart des Cubains ont un niveau de scolarité qui fait l’envie de bien des pays libres. Ils perfectionnent tous une deuxième langue dans le cadre scolaire. C’est un peuple qui rêve! Les jeunes s’intéressent à ce qui se passe ailleurs, au-delà des frontières de l’île.
Je passe la plupart de mon temps chez les meilleurs amis de Haima. Je constate qu’ils sont presque sa première famille. Ils vivent dans une petite maison au toit de tôle, sur une structure de blocs de ciment gris, dont l’ameublement est plus que modeste. Ils sont cinq personnes, comprenant le bébé naissant de la meilleure amie de mon amie cubaine. Ils vivent à cinq, dans l’équivalent d’un trois pièces et demi. La toilette est dehors. Les animaux, chien, poules, coq, cochon ont droit de cité à l’occasion, dans l’humble demeure.La télévision est presque toujours ouverte.
Un matin, je décide de me louer un véhicule à quatre roues motrices, une sorte de Jeep de ville.Je voulais faire une petite surprise à la fille de l’île. Je retrouve Haima comme à l’habitude chez les parents de sa meilleure amie. Je n’ai pas encore rencontré son père, sa mère et son jeune frère. Elle se fait discrète sur ses parents depuis le début de notre rencontre. Je ne sais trop pourquoi d’ailleurs!
Une surprise m’attendait, au milieu de l’après-midi. Voilà qu’arrive dans la petite cour arrière, au travers des bananiers et des cocotiers, la famille au complet de Haima, y compris sa grand-maman maternelle. Ce qui est incroyable, c’est que je ne possède pas vraiment la langue du pays, mais j’arrive à me débrouiller et soutenir diverses conversations en ayant l’impression d’être totalement intégré.
Dans un élan de partage, de courtoisie, de faire la fête avec toute la famille, j’offre le repas du soir et le gâteau préparé par une pâtissière du village. Je croyais qu’il existait dans les alentours une sorte de traiteurs qui prépare des menus sur commande. Nous n’avions qu’à prendre le véhicule et aller chercher le tout. Enfin! J’explique à Haima, mon désir d’offrir le repas à toute sa famille. Elle est ravie, je le vois dans ses yeux.
Nous prenons mon véhicule, Haima, son frère et moi, direction je ne sais trop ou, mais bon, je suis les indications de mon amie cubaine. J’aurai la surprise de mon voyage, je ne perdais rien pour comprendre ce que sera le repas du soir!
Nous prenons une route secondaire, sillonnant la campagne cubaine.Là, nous apercevons une coquette maison faisant le coin à la jonction des routes secondaires. Haima et son frère débarque du véhicule, me faisant signe qu’elle n’en a que pour quelques minutes.Je la vois sonner à la porte, attendre quelque peu qu’on lui répondre. Ils reviennent, sans que je comprenne exactement ce qu’ils lui ont demandé à cet homme cubain, venu sur le parvis de sa porte. Enfin! Haima m’indique de prendre une autre route, celle-là encore plus secondaire, j’oserais dire tertiaire, au milieu de la campagne cubaine.
Soudain, après plus de vingt minutes à sillonner les petites routes de terre, Haima me demande de rouler sur la voie ferrée, pas le long, mais j’ai bien écrit sur la voie ferrée! Je ne fais ni un ni deux, je tourne le volant et nous voilà en plein coeur des champs cubains sur les rails de chemins de fer. Je remarque le sourire fendu jusqu’aux oreilles de mes deux occupants. Moi, j’avoue! Je n’en mène pas large. On ne sait jamais? Si un train arrive, nous sommes dans de sales draps! De plus, je ne suis pas dans mon pays! Bon, ça va, pas de train à l’horizon, Haima m’indique que je dois sortir de la voie et prendre le petit chemin de cultivateur à travers champs. On aperçoit une maison au bout du chemin, voilà nous y sommes. Ouf! Je ne comprends toujours pas pourquoi, un si long et périlleux trajet pour trouver le repas du soir?.

Au pays de Fidel (suite)

Au pays de Fidel (suite)

Nous nous laissons Haima et ses amies aux petites heures tardives de la nuit. Elle retourne chez elle à Freeres, petit village de quelques milliers de personnes, direction Holguins.
Avant de nous quitter, nous nous donnons rendez-vous, au petit restaurant, style casse-croûte avec boutiques pour touristes, ou une immense vidéo payante surplombe la terrasse extérieure. Je suis très heureux de cette rencontre. Le sommeil ne tarde pas. Je m’endors dans les parfums odorants d’une nuit festive, prometteuse pour des vacances qui s’annoncent sous le thème des imprévues anticipées, surprenantes aussi.
Le lendemain soir, nous nous revoyons à nouveau. Un plaisir partagé que nous avons tôt fait de nous avouer. Une soirée où je remarque l’intérêt des jeunes cubaines à regarder et entendre l’immense vidéo payante de la place. Michael Jackson est le roi incontesté des préférences musicales des jeunes du milieu. Je découvre que le lieu de rassemblement des gens du village de Guardalavaca est ce petit centre commercial, mais plus précisément la terrasse et le comptoir immense du casse-croûte de la place. Les touristes fréquentent régulièrement cet endroit, pour l’achat de souvenirs et autres babioles d’utilités relatives. Nous passons une soirée agréable, en essayant de communiquer en espagnol pour ma part. Ce qui n’est pas évident, quand ton vocabulaire se limite à quelques mots. Enfin, le langage non verbal représentant 70 % de la communication, suffit à communiquer l’essentiel, dans les circonstances.
Haima, m’invite à aller la rejoindre à son village lendemain matin, à Freeres, une quarantaine de kilomètres de Guardalavaca, là ou elle demeure.J’accepte l’invitation, en anticipant avec bonheur ce moment où je me retrouverai chez elle et rencontrerai les membres de sa famille.
Le lendemain matin, je loue un petit scooter pour la journée, retrouver Haima qui m’attend à l’entrée du village pour 10 h. Le trajet qui me sépare de Freeres est tout à fait surprenant. Le soleil est radieux. Tout au long de la route, des Cubains me saluent en m’envoyant la main. Je suis surpris de cette chaleureuse attention. Je rencontre des autobus bondés de villageois, entassés comme des sardines, dans ces autocars du siècle dernier. La ruralité est montagneuse et parsemée de champs en culture, de petits jardins derrière ou devant les casas. Des hommes à dos de cheval, chapeau tombant sur le visage, sourire communicatif, me font un signe de salutation de la tête. Un pur bonheur que ce parcours de la fraternité cubaine. Enfin, j’arrive à l’entrée du village. Je vois Haima, tout heureuse, me saluant généreusement de son bras. Elle monte derrière moi sur le scooter. Nous prenons la route de terre, tapée par le passage des véhicules et des chevaux.Nous nous dirigeons à sa demande chez des habitants vivant un peu à la sortie du village.
Petite route terreuse, en flanc de montagne, je roule près des casas fleuris, d’une grande sobriété, pour ne pas dire autre chose. Haima s’agrippe à moi, en m’indiquant, que nous sommes arrivés, là ou elle voulait.Je laisse le scooter près de la petite maison.Elle m’introduit à ses hôtes dont je crois qu’ils sont de la famille.L’homme et la femme de la maison, me serre la main, m’offrent les politesses cubaines. Au bout de cinq minutes, des gens arrivent de partout, venus des casas voisines, sourire aux lèvres, le regard franc, parlent avec Haima, de je ne sais trop quoi, ou de qui devrais-je dire. Enfin, je m’en doute!
Haima, est une jeune femme Cubaine de 23 ans, cultivée, les dents blanches sans aucune carie, qui rêve de découvrir le monde. Elle a un côté romantique, une pudeur et une retenue dans le geste qui lui donne un charme sans conteste. Je la sens bien avec moi. Je crois qu’elle a des espérances, mais sans trop d’illusions. Elle veut me faire découvrir ses univers, vivre le moment présent, sans attentes plus précises.
De toute façon, nous sommes bien ensemble, je respecte ses valeurs et ne veux qu’une mémoire en partage. Elle m’offre ce que peu de touristes de l’île ont la chance, soit de vivre le pays de Fidel de l’intérieur.

Au pays de Fidel

Au pays de Fidel

Je vous raconte une histoire vécue sur une île de soleil et du bonheur d’une rencontre franchement inoubliable. Quand la neige et la froidure de l’hiver québécois drainent nos énergies vitales, quoi de plus merveilleux que de se retrouver sur cette île des Caraibes, au pays de Fidel.
Nous sommes fin décembre 2003, je décide de quitter le Québec pour des vacances sous le signe de la liberté et de l’aventure.
Un besoin primaire de me retrouver, faire le vide et le plein d’une nouvelle mémoire à bâtir au gré des imprévues, en sillonnant les petites routes et villages cubains.
Départ de Québec pour atterrir à Holguin, dans le sud-est de l’île.
Mes vacances dureront 16 jours exactement. Mon hébergement est à Guardalavaca, petit village touristique, à une heure et quelques poussières de l’aéroport. Quel formidable dépaysement que ce changement de climat du nord au sud, à quatre heures d’avion de la cité de Champlain! Je prends possession de ma chambre au milieu de la nuit. Un parcours de nuit, dans un autocar à pleine capacité de passagers-touristes. Une route nationale étroite, trouée comme un gros fromage de gruyère. Enfin, ça sent bon la mer, les effluves de plantes tropicales, de cigares, de rhum brun et de crème solaire sur les corps dorés par le soleil et l’eau salée.
Une petite chambre trois étoiles, vue partielle sur l’eau de mer, sur fond de vert, de tous les dégradés. Les palmiers et les îlots de paillasses trônent aux alentours du complexe hôtelier. La piscine, toute lumière allumée, me rappelle, la joie, la chance que j’ai, d’être là, juste là!
La nuit sera courte. J’ai hâte aux couleurs du buffet matinal, aux odeurs de fritures, vacance plein sud. La journée se passe dans la découverte des lieux, quelques longueurs de piscine et déjà le soleil de Cuba, s’installe à l’horizontale. Je n’aime pas me baigner dans la mer, J’aime la regarder, fixer mes yeux sur la vastitude de l’océan, mais je ne trouve pas de plaisir à ingurgiter le sel des vagues, qui entre à grand coup d’eau dans ma bouche, me brûlent les yeux.

Le soir s’installe, la musique aux rythmes cubains, arrive jusqu’à mes oreilles. Il est certainement 22 h, j’ai le goût de danser, de bouger, faire la fête. Je me dirige vers une sorte de petit night-club, à proximité du complexe hôtelier. J’y entre, le corps un peu rougit par mes premières heures sous les rayons secs et lumineux de l’astre plein ciel.
Je demande au serveur una cerveza por favour!Je me sens dans une forme dangereusement libre. Un groupe de musiciens cubains animent la soirée. Mon regard se pose sur quelques jeunes femmes, la peau bronzée et le sourire communicatif. Je sais qu’elles ont le goût de danser, de s’amuser. Nos yeux se croisent très souvent pendant les premières minutes. Je me prépare à inviter l’une d’entre elles à danser, que voilà, je suis déjoué par une coquine, qui n’a pas attendu après moi, elle m’invita à parcourir la piste de danse.
Sincèrement, les femmes et les hommes cubains dansent divinement. Mais la soirée était jeune, aussi jeune et festive que les quatre femmes, dont les charmes et les odeurs invitaient à la pleine nuit jusqu’à l’aurore. Mais, il y toujours une beauté, qui vous chatouille le coeur, même si elles étaient toutes charmantes. J’avoue que je suis fasciné, disons-le sous le charme par cette jeune femme cubaine aux yeux couleur de mer. Nous passons la nuit, nos corps se déliant aux rythmes langoureux et endiablés des musiciens.
Une sorte de coup de foudre s’installe entre nous! Bien sûr, j’entends déjà tous les préjugés, de l’autre côté de l’écran. Mais je vous affirme que nous avons vécu une histoire savoureuse et romantique à souhait. Je n’y ai pas laissé mon compte en banque, ni ma chemise, je n’ai pas été obligé de la marier.
Je vous raconterai dans les prochains jours, les aventures incroyables que cette jeune femme de Cuba, m’a permis de vivre. Elle se prénomme Haima.Elle m’a fait connaître son coin de pays, comme je ne croyais jamais vivre une telle relation de proximité et de vérité avec le Cuba de Fidel.

Fred Mela soliste des Compagnons de la Chanson

Fred Mela soliste des Compagnons de la Chanson

Toute mon enfance est sous le sceau des chansons diffusées par la radio de Radio-Canada. Mais franchement, ce qui a laissé une trace affective et du gros bonheur ce sont les chansons de Fred Mela et les Compagnons de la Chanson.
Fred Mela, l’une des plus belles voix de ténor, soliste, chaude et douce que j’ai entendu.Il est né, le 10 mars 1924, à Annonay en Ardèche. De parents Italiens, il rêva tout jeune d’une carrière soliste dans le chant.
En 1944, il fit une rencontre déterminante pour le développement de sa carrière. La grande Édith Piaf, sous le charme de ces magnifiques voix d’hommes, conquise par ces jeunes en début de carrière, décida de soutenir le groupe vocal. Elle travailla à élargir leur répertoire musical et ainsi apporter une valeur ajoutée au groupe des Compagnons.
De 1944 à 1985, Fred Mela et les Compagnons de la Chanson ont fait vibrer les plus grandes scènes du monde. Grand ami de Charles Aznavour, Fred Mela rencontre au Québec, une jeune femme délicieuse, comédienne, dont il s’éprit follement. Il s’agit de la Québécoise Suzanne Avon.
Si vous vous souvenez comme moi des grands succès des Compagnons, pensez à la chanson Les trois Cloches, Guitares et Tambours et combien d’autres qui ont laissé leurs empreintes dans nos mémoires heureuses.
J’ai eu le privilège de rencontrer Fred Mela et Suzanne Avon à plusieurs reprises en France.Ami de Félix Leclerc, du temps ou celui-ci débuta sa carrière en France, connu la gloire et l’estime des Français, leur amitié se prolongea même après sa mort en 1988. Leur affection pour Nathalie, la fille de Félix, se concrétisa à plusieurs reprises lors de nos séjours en France.
Nous avons partagé divers moments avec eux, soient sur Paris, au Québec et la dernière fois, si ma mémoire est fidèle, dans la ville de Troyes. Nous nous sommes rencontrés à quelques reprises durant notre séjour dans le cadre du Festival Nuits de Champagne.
Charles Aznavour, président d’honneur du festival et grand ami de Fred Mella, nous a invités à quelques occasions à sa table.
Fred Mela, un homme attachant, humble, grand amoureux de sa compagne Suzanne Avon. Je sais qu’il a un talent et une passion affirmés pour la photo. Fred Mela chante toujours aujourd’hui. À l’occasion, il est invité dans diverses manifestations culturelles ou il fait le bonheur de ses nombreux admirateurs.
Fred Mela, un incontournable dans l’histoire de la chanson française. Les Compagnons de la chanson, une aventure vocale fabuleuse!

Georges Moustaki

Georges Moustaki

Georges Moustaki, celui qui a marqué mon adolescence et ma jeune vie adulte avec:Ma Liberté, le métèque, qui a écrit pour Édith Piaf, Millard, un incontournable de la chanson française.
Il est né le 3 mai, 1934 à Alexandrie en Égypte. J’ai eu le plaisir d’assister à quelques-uns de ses spectacles au Québec. Un homme d’une grande simplicité et très doux dans son approche avec les gens. Je l’ai rencontré une fois, lors de son spectacle à la salle Albert-Rousseau de Ste-Foy. Nous nous sommes rendus à sa loge, en fin se soirée. Il nous a accueilli Nathalie et moi, avec beaucoup de chaleur. Quelques minutes à échanger sur Félix et son plaisir renouvelé de se retrouver au Québec.
La possibilité de collaborer à la création de L’Espace Félix-Leclerc par le biais d’une soirée-bénéfice a été envisagée. Nous nous sommes laissés sur un au revoir et une sorte de promesse pour la suite des choses.
Jamais je n’aurais pensé rencontré celui qui avait laissé une empreinte indélébile sur ma mémoire musicale et poétique. Un immense artiste au regard bleu, dont la délicatesse du geste et de la parole, laisse un souvenir impérissable dans la mémoire des jours.
Une grande référence comme auteur-compositeur-interprète pour l’ensemble de la francophonie.Un bâtisseur de culture pour la chanson.
Longue vie à vous Georges Moustaki!

Le chansonnier Français:Guy Béart

Le chansonnier Français:Guy Béart

Il a popularisé une de mes chansons favorites:L’eau vive. En fait, il en a popularisé plusieurs au cours de sa carrière artistique. Pensons au Bal chez temporel, Il n’y a plus d’après, enfin, plusieurs générations de francophones ont vécu dans la mémoire de ses chansons. Né au Caire en Égypte, le 16 juillet 1930, immigré en France avec ses parents, à l’âge de 17ans, Guy Béart est un auteur-compositeur-interprète français qui a marqué son époque. Père de la magnifique comédienne Emmanuelle Béart, il ne déteste pas défendre ses idées sur la place publique, s’il le faut!
Une prise de bec mémorable avec le grand Serge Gainsbourg, à l’émission de Bernard Pivot, donna lieu à des échanges musclés.
La discussion avec Bernard Pivot portait sur la peinture comme art majeur. Gainsbourg étant peintre à ses heures. Ce dernier considérait ses chansons ou la chanson populaire comme un art mineur.
Il faisait la comparaison avec la musique classique et autres disciplines artistiques qui exigent une initiation.
Guy Béart, étant parmi les invités du plateau, interrompit Gainsbours pour le contredire sur cette affirmation. S’ensuit une discussion plutôt virile de la part de Gainsbourg.Un beau moment de télévision.
Vous pouvez le visionner sur YouTube, en inscrivant Guy Béart.
Je l’ai rencontré pour la première fois, à Paris au Palais Royal, au salon des Maréchaux.Quelques deux cent invités du milieu culturel français et politique, pour souligner le lancement du coffret d’art de l’oeuvre littéraire de Félix Leclerc.
Raymond Devos me présenta à Guy Béart.Ma première impression après quelques échanges et l’observation de son attitude avec le petit groupe de grands réuni en cercle, discutant rondement, sans s’écouter parler, les uns les autres, ne m’a pas fait un grand effet sur le personnage. Enfin, je pouvais comprendre le contexte convivial de la soirée, permettant à des égos immenses de se rendre utile:Soit d’essayer de prendre toute la place, en écoutant que ceux qui ont la notoriété pour être entendu, pourvu qu’il sache se faire entendre. Voilà, mon premier contact avec Guy Béart!
La deuxième fois que je le revis, c’est à Montréal, dans le cadre des Francofolies. Mon contact fut plus chaleureux et agréable. Il était content de revoir Nathalie et exprima ses souhaits de bonne chance pour nos projets. De notoriété, il ne s’en cache pas, Guy Béart aime délicieusement les femmes. Disons que Nathalie, la fille de Félix, possède un charme et une beauté incontestable. Je crois que ce fait l’a bien disposé au contact plus chaleureux. Je conserve un excellent souvenir de Guy Béart. Chaque fois que j’écoute ses chansons, un bonheur que ce moment, offert par cet immense talent d’artiste.

L’artiste Serge Reggiani

L’artiste Serge Reggiani

De tous les artistes de la chanson dont j’ai eu le privilège d’entendre et de rencontrer, Serge Reggiani est sans nul doute le plus émouvant, le plus intense des artistes des mots et des musiques.
Jamais je ne croyais qu’il était possible pour un artiste, de faire vibrer le coeur et l’esprit à ce point.
Nous sommes à Aix-en-Provence, au printemps 2003, 15 mois avant sa mort en juillet 2004.
Je suis invité dans cette magnifique ville du sud de la France, pour une soirée-hommage à Félix Leclerc. Le soir précédent les reconnaissances à notre poète-chansonnier, la direction du festival m’invite au spectacle du chanteur, comédien, interprète, peintre Français, d’origine Italienne, Serge Reggiani.
Président d’honneur du festival, ce soir-là, il habillera la scène, de son immense talent d’interprète et de comédien.
Le spectacle commence. Dès les premières notes, le son de sa voix brisée par l’âge et la maladie, seul, sur une simple chaise en bois, au milieu de la scène, face à la foule, j’ai la peau qui frissonne. Je suis complètement subjugué par cet être fragile, délicat, vieillissant, mais touchant droit au coeur. Il chante, le temps qui me reste, pas un mot dans la salle du Casino D’Aix-en-Provence. Il y a lui et nous! Jamais de ma vie, je n’ai vécu, une interprétation si bouleversante. Il chantera plusieurs de ses grands succès au cours du spectacle. Je sortirai de cette salle, comme l’on quitte un grand film. Des heures et des heures habitées par la voix, les mots, les musiques et l’unique présence sur scène de l’artiste Serge Reggiani.
J’aurai le très grand bonheur de lui serrer la main lors d’un banquet en son honneur, quelques jours plus tard. À ceux qui veulent comprendre la force et l’émotion que j’ai pu vivre, je vous invite à visiter Serge Reggiani sur Youtube.Écouter la chanson le temps qui reste!
Cette magique rencontre! Un cadeau fabuleux du destin.

L’homme et l’univers

L’homme et l’univers

Orphelin dans l’univers
En manque de son créateur
À la quête
De ses origines
De son destin
Incroyable solitude
Dans cette infinie vastitude
Solidaire de mes frères humains
Mon trajet
Un maillon dans la marche
Non assurée de l’espèce
La vérité
Dans l’interprétation
Des archétypes
Mémoire enfouie dans
Nos cellules originelles
L’humanité condamnée
À l’errance dans un univers
Trop grand pour lui
Nos parents seraient-ils
Le hasard et les probabilités
Fils et filles
Du Bing Bang originel
Si Dieu existe
A-t-il du coeur?