Il y a longtemps que je n’ai pas été aussi heureux. Je me sens en vacance. Cuba est une île merveilleuse, quand nous avons la chance de la découvrir sous le regard, de la vie au jour le jour de ses habitants.
Haima, m’a présenté à tous ses amis qui sont en fait, sa famille élargie.La simplicité, la fraternité des villageois, me séduit. Tous les jours, je me rends à Freeres, partager le quotidien avec les membres de sa famille.
Je vois, combien ils sont solidaires entre eux, qu’ils ont le sens du clan, de la communauté. Sans oublier le goût du partage, de la fête. Que ce soit une cigarette, une bouteille de rhum, un repas, un vêtement, personne n’est laissé pour contre. Ils ont le sens de l’autre dans leur attitude.Cela me fait prendre conscience de l’individualisme de nos sociétés nord-américaines.Je crois que l’étranger représente pour les Cubains, une ouverture sur le monde.Il fait rêver!Il ne faut pas oublier que la plupart des Cubains ont un niveau de scolarité qui fait l’envie de bien des pays libres. Ils perfectionnent tous une deuxième langue dans le cadre scolaire. C’est un peuple qui rêve! Les jeunes s’intéressent à ce qui se passe ailleurs, au-delà des frontières de l’île.
Je passe la plupart de mon temps chez les meilleurs amis de Haima. Je constate qu’ils sont presque sa première famille. Ils vivent dans une petite maison au toit de tôle, sur une structure de blocs de ciment gris, dont l’ameublement est plus que modeste. Ils sont cinq personnes, comprenant le bébé naissant de la meilleure amie de mon amie cubaine. Ils vivent à cinq, dans l’équivalent d’un trois pièces et demi. La toilette est dehors. Les animaux, chien, poules, coq, cochon ont droit de cité à l’occasion, dans l’humble demeure.La télévision est presque toujours ouverte.
Un matin, je décide de me louer un véhicule à quatre roues motrices, une sorte de Jeep de ville.Je voulais faire une petite surprise à la fille de l’île. Je retrouve Haima comme à l’habitude chez les parents de sa meilleure amie. Je n’ai pas encore rencontré son père, sa mère et son jeune frère. Elle se fait discrète sur ses parents depuis le début de notre rencontre. Je ne sais trop pourquoi d’ailleurs!
Une surprise m’attendait, au milieu de l’après-midi. Voilà qu’arrive dans la petite cour arrière, au travers des bananiers et des cocotiers, la famille au complet de Haima, y compris sa grand-maman maternelle. Ce qui est incroyable, c’est que je ne possède pas vraiment la langue du pays, mais j’arrive à me débrouiller et soutenir diverses conversations en ayant l’impression d’être totalement intégré.
Dans un élan de partage, de courtoisie, de faire la fête avec toute la famille, j’offre le repas du soir et le gâteau préparé par une pâtissière du village. Je croyais qu’il existait dans les alentours une sorte de traiteurs qui prépare des menus sur commande. Nous n’avions qu’à prendre le véhicule et aller chercher le tout. Enfin! J’explique à Haima, mon désir d’offrir le repas à toute sa famille. Elle est ravie, je le vois dans ses yeux.
Nous prenons mon véhicule, Haima, son frère et moi, direction je ne sais trop ou, mais bon, je suis les indications de mon amie cubaine. J’aurai la surprise de mon voyage, je ne perdais rien pour comprendre ce que sera le repas du soir!
Nous prenons une route secondaire, sillonnant la campagne cubaine.Là, nous apercevons une coquette maison faisant le coin à la jonction des routes secondaires. Haima et son frère débarque du véhicule, me faisant signe qu’elle n’en a que pour quelques minutes.Je la vois sonner à la porte, attendre quelque peu qu’on lui répondre. Ils reviennent, sans que je comprenne exactement ce qu’ils lui ont demandé à cet homme cubain, venu sur le parvis de sa porte. Enfin! Haima m’indique de prendre une autre route, celle-là encore plus secondaire, j’oserais dire tertiaire, au milieu de la campagne cubaine.
Soudain, après plus de vingt minutes à sillonner les petites routes de terre, Haima me demande de rouler sur la voie ferrée, pas le long, mais j’ai bien écrit sur la voie ferrée! Je ne fais ni un ni deux, je tourne le volant et nous voilà en plein coeur des champs cubains sur les rails de chemins de fer. Je remarque le sourire fendu jusqu’aux oreilles de mes deux occupants. Moi, j’avoue! Je n’en mène pas large. On ne sait jamais? Si un train arrive, nous sommes dans de sales draps! De plus, je ne suis pas dans mon pays! Bon, ça va, pas de train à l’horizon, Haima m’indique que je dois sortir de la voie et prendre le petit chemin de cultivateur à travers champs. On aperçoit une maison au bout du chemin, voilà nous y sommes. Ouf! Je ne comprends toujours pas pourquoi, un si long et périlleux trajet pour trouver le repas du soir?.
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2009
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