Non, je vous l’assure, hier soir dans mon lit, je réfléchissais aux artistes rencontrés et je me rendais compte que j’avais oublié un incontournable : Yvon Deschamps.
La première fois, c’est encore Robert Vinet, le producteur de G.S.I Musique qui me l’a présenté au Théâtre Corona de Montréal. Une belle rencontre dans le cadre du spectacle virtuel, en hommage à Félix Leclerc.
Un homme facile d’approche, généreux de sa personne, près des gens. Franchement, aucun décalage entre la perception que j’avais de l’artiste et la personnalité devant moi.
Je crois qu’il était accompagné de ses charmantes filles.
Puis vint Raymond Devos au Québec. Je produisais ce géant de l’humour français, à la salle Albert Rousseau en l’an 2000. Je demandai à Yvon Deschamps s’il voulait participer à cet hommage que l’on rendait à l’un des plus grands artistes de l’humour au sein de la francophonie.
Sa réponse fut immédiate, le temps de regarder son agenda et voilà notre humoriste national sur la scène de Québec.
Gratuitement, il se déplaça et fit un hommage touchant à Raymond Devos. Je sais que ce dernier avait une affection et une très grande estime pour la contribution artistique de celui qui a marqué l’imaginaire collectif de plusieurs générations de québécois.
Nous nous sommes revus le lendemain, à l’occasion d’un déjeuner que j’avais offert avant le départ pour la France de Devos et sa compagne Françoise Mauck.
Yvon Deschamps était accompagné de Judith Richards, sa femme, l’artiste bien connue et aimée des Québécois. Un beau moment, que j’ai déjà décrit dans un texte antérieur. J’apprendrai de la bouche de l’artiste québécois, son inconfort angoissant dans son rapport avec l’argent. Fils d’un quartier pauvre de Montréal, Yvon Deschamps, disait qu’il avait de la difficulté, au point de se sentir coupable de son aisance matérielle.
Cela m’avait interpelé et impressionné d’apprendre de la bouche du plus grand humoriste québécois, cette relation honteuse avec l’argent. Mais en même temps, à mes yeux, tout cela me le rendait encore plus attachant! Sa femme Judith Richards, tellement naturelle et vivifiante. Ne manqua pas de charme et de volubilité pendant ce dîner. Très belle en personne comme en public, une jeunesse émanait de sa personne. Une belle rencontre avec cette femme simple et authentique.
Nous avons revu Yvon Deschamps, Nathalie Leclerc et moi, lors de quelques spectacles au Palais Montcalm de Québec. Un plaisir toujours renouvelé d’assister à ces prestations ou la magie de l’artiste des mots et de la réflexion sociale a valu bien des thérapies collectives à plusieurs générations des nôtres.
Yvon Deschamps, un éveilleur de conscience, un humoriste encore inégalé au Québec.
À mon point de vue le plus grand et le plus touchant des artistes de l’humour québécois.
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