Archives du décembre, 2009

Je rêve!

Je rêve!

Je rêve d’un pays
À l’écoute de ses ainés
Prendre en partage
Une vie qui se raconte
Riches de sens
D’enseignements
Pour les jours nouveaux
À bâtir
Ouvrir son coeur
Son esprit
Aux bâtisseurs de vie
Que des ponts entre
Les générations
Se construisent
Des repères offerts
En cadeau
Aux générations
De la repousse
Beauté du geste
De ces mémoires qui
Monte la garde
N’attendant que le prétexte
Pour partager leur
Expérience
Leur immense bonheur
D’être entendu
Dans un dernier
Élan de vie
Le regard lumineux
Pencher sur les enfants
Du pays
Qu’ils ont contribué
À coup de rêves
D’audace
Léguer
Non sans cicatrices
Ni parcours sans risques
Celui de l’homme qui a
Osé
La passion du rêve
La liberté d’être
Celle de créer
Les mains nues
L’imaginaire des bâtisseurs
De pays
Celui qui est
En soi!

N.B J’écris ce texte en pensant à Paul Hébert, Paul Buissonneau, que j’ai présenté en entrevue-rencontre depuis les derniers mois. L’intérêt des citoyens, la couverture médiatique de notre région, me laisse songeur. Moi je ne fais pas d’argent avec ces initiatives. Sinon quelques risques d’en perdre! Enfin, je suis convaincu que notre société est en déficit de ces aînés, ces bâtisseurs de vie, de culture! Les jeunes générations doivent savoir qu’ils n’inventent pas la roue!
Une chance formidable pour eux d’être à l’écoute!C’est d’abord par l’écoute que l’on apprend sur la vie!

La Brasserie Lipp du quartier Saint-Germain à Paris

La Brasserie Lipp du quartier Saint-Germain à Paris

Je viens d’écrire un petit texte sur le chemin de l’exil. Une petite poésie-réflexion sur la capacité de la vie de nous surprendre. Aujourd’hui, j’ai 55 ans, je reçois des traitements de dialyse trois fois la semaine, dans l’espérance d’une troisième greffe de rein.
Je ne ne sais pas ce que la vie me réserve comme surprises, les chemins que je devrai emprunter pour aller au bout de ma quête.
Mais je vais vous raconter une histoire qui prouve ce que je tente d’exprimer à l’occasion dans mes textes. Qu’il faut s’accrocher de toutes ses forces et croire dans sa chance, le destin a des cartes cachées dans sa manche.
Même dans mes rêves les plus fous de mon enfance à ma jeune vie adulte, j’aurais imaginé vivre une pareille soirée. Nous sommes à Paris 1999, Nathalie Leclerc et moi, invités par la délégation générale du Québec à Paris, pour célébrer une grande fête, celle des quarante ans de notre délégation dans la Ville lumière.
Nous sommes amoureux, le bonheur pleine voilure avec le projet de création de L’Espace Félix-Leclerc sur l’île comme voilier amiral de notre rêve commun.
Nous quittons notre petit hôtel parisien, pour la réception offerte par le gouvernement du Québec, en l’honneur de la maturité des relations France-Québec qui trouvait son point d’ancrage sur la rue Pergolèse, dans le chic arrondissement parisien.
La soirée se déroulait sur invitation personnalisée, dans un prestigieux bâtiment d’un arrondissement dont j’ai oublié l’endroit. Nous rejoignons Raymond Devos et Françoise, à l’entrée principale des convives comme nous l’avions prévu quelques heures auparavant.
Nous sommes annoncés tous les quatre par nos noms et défilons devant les ministériels de la Culture, des Relations internationales et le vice premier ministre du Québec, monsieur Bernard Landry.
Déjà là, faire notre entrée avec le plus grand poète-humoriste de la francophonie, sa compagne, gérante d’artistes prestigieux et amoureux de surcroit de la plus belle fleur de l’île, Nathalie.Nous sommes présentés aux décideurs de l’État Québécois, vraiment, mes rêves les plus fous, n’allaient pas dans cette voie!
La soirée se déroule aux rythmes des rencontres les plus surprenantes les unes que les autres. Tous les grands noms du monde littéraire, du cinéma, de la chanson, du monde des affaires, de la politique québécoise et un nombre impressionnant de personnalités des divers milieux de la vie française, sont là!
Un plaisir des sens, tant par les vins offerts que les plateaux de petites bouchées fines, sans oublier le buffet royal!
Nous assistons au spectacle de fin de soirée, nous retrouvons sur la petite scène centrale, au milieu d’un prestigieux parterre d’invités, les prestations des Garou, Isabelle Boulay, des membres du Cirque du Soleil et bien d’autres artistes représentant avec éclat des éléments de la culture québécoise. Mais Raymond Devos nous réservait une surprise inattendue!
Ils nous invitent, Nathalie et moi, à terminer cette soirée de rêve à la Brasserie Lipp, lieu mythique par excellence de la vie culturelle et politique de Paris.
Des personnages tels que Mike Davis, François Mitterand, André Malraux, Antoine de Saint-Exupéry, André Gide, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Ernest Hemingway et Léon Blum y ont eu leur table attitrée.
L’arrivée et notre entrée en compagnie de Devos, avait quelque chose de surréaliste! Accueilli comme un prince, Devos est dirigé à sa table personnelle avec toute la politesse et la déférence dévolue au grand de ce monde.
Il est certainement minuit! Le personnel assigné à la table connaît les goûts du poète de l’imaginaire. Une carte des vins très relevée et une ambiance feutrée, comme j’avais imaginé la scène, durant le trajet nous menant à l’antre des repas bien arrosés des grands personnages de France et d’ailleurs.
Raymond Devos commande un tartare, de son choix, Françoise la même chose, Nathalie et moi demandons des suggestions maisons, qui se concocteront en cuisine par la préparation d’un poisson grillé, spécialité du chef!
Raymond et Françoise semblent aussi heureux que nous de ce moment d’accalmie relative. Nous sommes vraiment bien ensemble! Malgré le prestige des lieux, une simplicité autour de la table.
Juste la merveilleuse impression que je vis un moment inimaginable pour moi, quelques années auparavant!Je sais combien aujourd’hui, que la véritable beauté et grandeur de ce moment était le regard d’enfant de Raymond Devos, l’amour de Françoise pour l’homme de sa vie. Les battements de coeur pour le plus beau champ de blé du monde, mon amour, mon pays, Nathalie!
Merci Raymond Devos et Françoise, pour ces moments riches de vous!
Les passagers du train de la vie sont invités à une destination inconnue! Tout le monde à bord!

Le chemin de l’exil

Le chemin de l’exil

Perdre tout ce qui nourrit
Sa vie
Descendre
Aux creux de l’abîme
Refaire ses repères
Pauvreté matérielle
Involontaire
Face à face
Avec soi
Un corps en cicatrice
Dépouillement du coeur
Que reste-t-il
Pour garder la lumière
De l’âme allumée
Un rapport au monde
Modulé
Une force intérieure
Insoupçonnée
La volonté indomptée
d’être
La résilience intelligente
De ce qui n’est plus
Ne sera plus jamais
L’amitié en partage
La passion
D’un rêve à réaliser
La conscience du temps
Présent
Qui passe
La quête de l’authentique
Ne jamais se sentir
Vaincu!
Le train de la vie
Reviens toujours
À la gare
Des saisons nouvelles
Il s’agit vaillamment
Courageusement
Se retrouver sur le quai
Lors de son passage!

Le poète-chansonnier Yves Duteil

Le poète-chansonnier Yves Duteil

Auteur-compositeur-interprète, Français, Yves Duteil est né, le 24 juillet 1949 à Neuilly-sur-Seine.
Quel bonheur! Quel privilège que cette première rencontre, un jour, jamais imaginé dans ma tête de choriste, de présenter l’un des plus grands poètes des mots en chanson, de la francophonie! J’ai chanté comme soliste du Groupe vocal Atmosphère, dans le milieu des années 1980 et 1990, sur les petites scènes de France, la chanson qu’adorait Félix Leclerc:La langue de chez nous. Modifiée par ailleurs par l’auteur afin de rendre hommage au pays de nos ancêtres et de poésie de Félix Leclerc:L’île D’Orléans.
Toutes les chorales du monde francophone ont chanté Yves Duteil. Je me souviens quand il venait en spectacle à Québec, c’était la folie chez les filles de notre groupe. Jamais, il me serait venu à l’esprit qu’un jour, je développerais une complicité avec lui. La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille et fait place à l’occasion aux rencontres du destin!
Alors donc, j’aurai le privilège de développer avec ce poète, une fraternité bien sentie, au fil des années de la relance de la Fondation Félix-Leclerc et ma relation amoureuse avec la fille de Félix.
À mon initiative, je communiquerai avec lui une première fois, dans son pays de la commune de Précy-sur-Marne en Serre-et-Marne, dont il est le Maire depuis juin 1982. Il acceptera d’inclure dans sa tournée québécoise, un arrêt pour la présentation d’un spectacle-bénéfice à L’Espace Félix-Leclerc.Mais, il arrêtera bien avant, saluer Gaétane Morin-Leclerc, la femme de Félix, comme il lui plaisait à l’occasion de rendre une petite visite de courtoisie à la famille du poète.
Mes contacts avec Yves Duteil sont chaleureux et imprégnés d’une sorte de relation toute en simplicité. Débutera, entre Yves Duteil et nous, une complicité, sous l’empreinte de l’admiration et du respect qu’avait Yves Duteil pour notre chantre national.
Yves Duteil est un homme de valeurs, de famille, l’homme d’une seule femme. Son amour pour sa compagne de vie, Noella, qu’il a marié en 1975, est sans faille. J’ai eu l’occasion de rencontrer cette femme d’une grande douceur, d’une grande richesse humaine. Une battante, l’inspiration et la force tranquille du poète!
Je présenterai Yves Duteil à deux reprises sur l’île d’Orléans. Un succès de salle et d’amour à chaque fois. Nous avons partagé à plusieurs moments, soient à notre maison de l’île, ou à de bonnes tables de Québec.
Yves Duteil est un être attachant, délicat, le sens de l’autre bien senti. Mais sous cet habit de velours, existe un homme redoutable dans ses valeurs, ses idées, ses engagements humanitaires ses convictions politiques. Ce qui a causé par ailleurs, un différend important avec Richards Desjardins, lors de l’hommage à Félix Leclerc, au festival de la chanson de Troyes. Je vous en ai parlé abondamment dans des textes antérieurs.
Nous nous sommes rencontrés à Paris, à l’occasion des quarante ans de la délégation générale du Québec. Nous avions des amis en commun, dont sa gérante, Françoise Mauck et l’humoriste-poète, le très grand Raymond Devos.
À la mort de Françoise, la compagne et gérante de Raymond Devos, nous étions tous sous le choc! Yves et Noella assistaient aux funérailles de Françoise, dans une petite église en banlieue de Paris.
Je décide de communiquer avec Yves Duteil, présent à la cérémonie religieuse consacrée aux funérailles de Françoise Mauck.Bien entendue, Nathalie et moi, ne pouvons nous rendre sur Paris, j’appelle Yves, il me répond à voix basse. J’entends les chants religieux de la cérémonie. J’avais l’impression d’être là, accompagnant les amis de Françoise, surtout Raymond Devos, atterré, par la disparition d’une compagne et gérante exceptionnelle pour lui.
Revenons à Yves, il a eu la gentillesse de répondre en sachant que l’appel était de l’île, pour nous permettent de vivre quelques moments en solidarité avec Raymond et les proches de Françoise. Cette délicatesse du coeur, c’était cela Yves Duteil!
Il a été honoré dans son pays de plusieurs reconnaissances. Il reçoit une Mariane D’or, récompensant le meilleur Maire de France
La Langue de chez nous est considérée comme la chanson du 20e siècle en France, par le mensuel Notre Temps.Sans oublier tout son répertoire de chansons, en passant par le Parc Monceau, Prendre un enfant et combien d’autres dans la mémoire longtemps.
Je reverrai Yves Duteil, à l’automne 2002. Il avait présenté un spectacle sur l’île dans le cadre d’une soirée-bénéfice pour le soutien à L’Espace Félix-Leclerc.
Ce soir-là, nous nous sommes retrouvés tous les deux, à une table de l’auberge la Goéliche, située à la pointe de l’île, vue sur Québec. Il était témoin, de la rupture amoureuse toute récente avec Nathalie Leclerc, la fille de son mentor de la poésie québécoise.
Je crois qu’il était déchiré entre ma peine et la solidarité qu’il devait à Félix via sa fille.Malgré le fait que la brisure émanait de Nathalie elle-même.Duteil aborda cette délicate situation avec beaucoup d’humanité. Je le revis, à Trois-Rivières, en 2003, ou je luis avais demandé de donner un coup de pouce à Fabiola Toupin, jeune chanteuse-interprète Trifluvienne.
Ce qu’il fit avec beaucoup de générosité, en lui permettant de chanter quelques chansons sur la même scène que lui. Il qualifia sa voix de Timbre de collection. Quand même! Il savait qu’un lien de gérance et amoureux existait entre nous. Mais, il savait reconnaître à sa juste valeur, le talent d’une artiste.

Je salue Yves Duteil, un artiste exceptionnel, dans la lignée des fils poétiques de Félix et des plus grands poètes-chansonniers de la langue française.
Mon coeur vous salue, toi et ta compagne mon cher Yves!

Livresque beauté

Livresque beauté

Mon esprit subjugué
Par la beauté
De ton écriture
Tes phrases me hantent
Habitent mes imaginaires
Foisonnants
Qui es-tu pour saisir
L’intelligence des émotions
À fleur
De mots
Ta plume comme
Une île
Solitaire, lucide
Émerge
Un coeur si pur
Étoilé comme les ciels
Aux aurores boréales
Lumineuses
Aux couleurs d’infinis
Je ferme les yeux
Mon âme te retrouve
La nuit
Là où tu es!
Dans l’univers de tes écrits
L’envolée est délicate
Comme la main
Qui guide
Ton geste intérieur
Migration au pays
De tes lettres
Attachées à la corde
D’un cerf-volant!

Les cristaux étoilés de l’enfance

Les cristaux étoilés de l’enfance

Sentez-vous le dévoilement
Des flocons étoilés
À la porte d’un ciel
En rafale
Pour le bonheur de
L’enfance à tuques
Préparant les imaginaires
À la grande soirée lumineuse
De l’arbre aux mille bijoux
Accoudés sur le plancher
De pin à coeur de noeuds
Menant à la vue imprenable
Du géant immigré
Au salon
Des rêveries
Les yeux en émerveillement
Tôt le matin
S’endormant au crépuscule
Devant tant d’amour
À déballer
À la bonne fée maintenant
De laisser la véritable empreinte
Du sens des cristaux
Étoilés!

Tenir tête avec le coeur!

Tenir tête avec le coeur!

Tenir tête à la vie
Avec le coeur
De toute façon les dés
Sont joués
À l’avance
Développer son endurance
Au quotidien
Affronter les coups et blessures
Le regard
En jouvence
Vieillir du corps
Accumuler les deuils
Les fragilités
Jusqu’au passage
Lumineux
Au dernier souffle
Savoir au plus profond
De soi
L’âme victorieuse
Le regard tourné
Vers le rétroviseur
Les images derrière soi
Que nous sommes plus grands
Que la vie sur cette
Planète
Notre destinée
Intemporelle
Dédouaner de la matière!
Moi
Je peux bien y laisser
Ma peau à cellules
À la vie
Mais pas mon coeur
Ni mon âme!
Une vie avertie
En vos deux!

Résurrection

Résurrection

Elle est morte dans mes bras pour renaître dans les bras d’un autre. La résurrection-Christian Bilodeau

Au café du temps qui se raconte!

Au café du temps qui se raconte!

Arc-en-ciel à coups de
Pinceau
Café d’artiste
Tables de bois
Langues heureuses
Qui se délie
Entre chaque pause
Du moka odorant
Qui goûte le farniente
Conscience que le temps
De se dire
Se raconter
Un privilège que l’on s’offre
En partage
Nourriture essentielle
À la rencontre
Simple plaisir d’exister
Dans le regard
De l’autre!
Elles s’appellent Caroline!
Renée!
Venues comme les outardes
Messagères du temps
Qui s’arrête!

Où suis-je allé cette nuit-là?

Où suis-je allé cette nuit-là?

Mon cou est engorgé de sang
L’oxygène se raréfie
Les aiguilles d’hémodialyse
Au bras
On me débranche
De la mère purificatrice
Vitement le bloc opératoire!
Calme comme le lac
Après la pluie
Par trois fois
On tente l’intubation
Tous mes sens sont
En éveil
Position assise sur la table
De chirurgie
J’attends le sommeil
Anesthésiant
La nuit s’étira aux soins
Pour les êtres intenses
Le petit cylindre
Reliant mes alvéoles
Pulmonaires
À l’air soufflé artificiellement
Dévie de sa trajectoire
Je ne respire plus!
Branle-bas de combat
Pour certains témoins
De la scène
Je ne m’en sortirai pas!
Il est 11 h du matin
J’ouvre les yeux
Mon être est comme
Ivre d’amour
Une lumière parcourt
Les cellules de mon cerveau
Un état de grâce
De plénitude indescriptible
Devant moi
Ma fille Anne et sa mère
Fais un geste de la main
Réclamant un crayon
Un papier
J’écris d’un trait irrésistible
Ce sentiment plein comme
À l’arrivée d’un voyage
Lointain
Je t’aime!
J’étais totalement
Heureux

Une amie infirmière, Annie Dumont, présente,
m’a raconté les détails concernant cette nuit aux soins
intensifs.