Archives du mars, 2010

Réflexion!

Réflexion!

Ce que je trouve le plus difficile dans mes relations avec autrui est cette personne à qui l’on ne peut faire confiance. Des êtres désarticulés et malheureusement irresponsables. Leurs promesses sont comme feuilles au vent d’automne.
Le paradoxe c’est qu’ils s’indignent si l’on ne leur accorde pas le sérieux qu’ils estiment mérité!

La bouteille à la mer!

La bouteille à la mer!

Pierre que fais-tu? Écoute Nathan, j’écris un texte qui prendra la mer. Pourquoi un texte à la mer? Je ne comprends pas ton manège. Je veux faire le tour du monde! Bon, réplique Nathan, c’est une idée. Je peux comprendre Pierre qu’avec ta maladie terminale, tu essaies de laisser une empreinte, marquer ton passage! Enfin, assure-toi que ta bouteille soit étanche et résiste aux intempéries de toutes sortes.
Ne t’inquiètes pas mon ami! Je planifie tout dans les moindres détails, elle sera étanche, résistante au temps et à l’eau de mer. En fait mon cher Nathan, j’aimerais que tu ailles la déposer pour moi, là où le golfe s’ouvre sur l’atlantique. Tu sais, un peu en haut de Tadoussac? Tu acceptes?
Bien sûr, tu sais bien que je ne te refuserai pas ce voyage dans le temps. Je suis ton ami, et serai avec toi jusqu’à la fin. Si cette bouteille à la mer signifie quelque chose d’important pour toi, je le ferai, poète des océans!
Merci mon vieux chum, je t’aime, tu sais? Chaque jour je remercie l’univers que tu sois dans ma vie. C’est drôle Nathan, tu as toujours été fidèle à notre amitié, loyal et authentique. Je crois que tu es mon ange sur cette terre.
T’exagères un peu, mon Pierre! Je dois te laisser, Isabelle m’attend et les enfants pour le souper. Je reviens demain et t’apporterai le livre que tu m’as demandé.
Nathan, avant de partir, peux-tu essayer de me trouver du papier, style parchemin, une bouteille plastifiée résistante et du silicone pour sceller l’embouchure? Quand tu auras le temps, ne bouscule pas ton agenda pour moi.
Oui pas de problème Pierre, je ferai cela cette semaine. Mais, vas-tu me lire ce que tu vas écrire sur ton parchemin? Non! Seule la personne qui la trouvera en l’année indiquée en connaîtra le contenu.
Et tu dis que je suis ton meilleur ami! Enfin drôle d’amitié! OK, je pars! Salut vieux bambochard! À demain!
Salut Nathan, merci pour tout! On se voit demain en fin de journée, j’ai un traitement à 14 h, une rencontre avec le spécialiste et le vieux prêtre de l’hôpital va certainement venir me faire la causerie!

À suivre…

Pensée!

Pensée!

L’homme libre dit plus souvent non que oui! Sauf si c’est sa femme qui l’interpelle! — Christian Bilodeau

l’égo!

l’égo!

L’égo est une bête insatiable que l’on doit absolument dompter. Sinon il dévore le meilleur en vous! La simplicité, l’authenticité — Christian Bilodeau

L’homme de plume! Pierre Morency

L’homme de plume! Pierre Morency

Voilà, je vous rencontre homme
De plume
Comme l’on découvre la source
Qui jaillit au fond d’un sol
Ou les arbres
Deviennent des géants
La tête dans les étoiles
Lumière de votre regard
Bleu
Passions et souffrances
Jusqu’à la saison des fruits
En partage
Solitude du créateur
L’artisan et ses trésors
Le papier, l’encrier
L’encre, le pinceau
Vous êtes l’oiseau homme
Votre envol littéraire
Telle l’outarde
Messagère des mots
De l’âme, de l’esprit
Touche le coeur
De l’être qui a soif
Voyager sur vos ailes
Dans vos pays intérieurs
Guider par votre poésie
Lumineuse, libre
Un phare pour l’humain
Et ses quêtes!
Sachez cher arbre, homme de plume
Écrivain, poète
Que nous en serons
Les gardiens!
Et les lecteurs aussi…

Texte lu au poète Pierre Morency
le 22 mars prochain, au Café Babylone.

Toi!

Toi!

J’aimerais avoir vingt ans de moins, pour une seule et unique raison.Toi!-Christian Bilodeau

Le vieux marcheur…

Le vieux marcheur…

Un jour, un vieil homme marchant le long d’une petite route de campagne, remarque un homme assis seul au pied d’un majestueux chêne rouge. Il le salue courtoisement, d’un geste de la main. L’homme d’une cinquantaine d’années lui renvoie, nonchalamment les salutations d’usages.
Le vieil homme décide de s’approcher de l’inconnu et d’engager la conversation. Un bel été n’est-ce pas? Oui, mais j’ai hâte à l’automne, c’est moins chaud!Demeurez- vous sur l’île? Non, j’ai ma maison en banlieue de la ville. Venez-vous souvent au pied de cet arbre? Non, c’est la première fois. Un ami m’a recommandé ce lieu. À vrai dire, je n’aime pas beaucoup la campagne. Disons, que je vis une période un peu difficile et que je cherchais un endroit tranquille pour réfléchir.
Ah bon, lui répond le vieux marcheur. Avez-vous des problèmes financiers? Non, j’ai cinquante ans et je suis à la retraite. Je vis des placements de mon argent. Avez-vous des problèmes de santé? Non! je suis en bonne forme pour un gars de mon âge. Avez-vous des problèmes dans votre vie de couple? Non, j’ai une femme qui m’aime et aussi deux grands garçons adultes en pleine santé. En fait, je ne me prive de rien et j’ai tout ce que l’on peut désirer dans la vie. Ah oui! Et vous êtes malheureux? Disons que je sens un vide en moi. Je ne sais trop comment vous expliquer. Je crois que je n’ai jamais été vraiment heureux dans la vie. Le vieux marcheur écoute et laisse parler l’homme en pleines confidences.

À suivre…

Jean Ferrat le poète libre!

Jean Ferrat le poète libre!

Le vent dans tes cheveux blonds, le soleil à l’horizon, quelques mots d’une chanson, que c’est beau, c’est beau la vie – Jean Ferrat
Merci le poète pour tant de beauté, de liberté, de résistance pour la défense et la promotion de la langue française! Merci pour mon enfance, vos chansons que jouaient au piano ma tante Jeannine, ma grand-mère adorée, Cécile Bilodeau. Vous êtes de la race des nobles et des purs de coeur! Bon voyage l’artiste! Votre oeuvre chansonnière, votre poésie vous survivront encore longtemps.
Vous êtes dans la lumière des grands bâtisseurs de culture de peuple!

Message à mon père!

Message à mon père!

Quatre années sans toi!
C’est long tu sais
Cher père
Tu as quitté ce monde
Comme la nuit
Ferme les yeux du soleil
Tu étais le cristal lumineux
Le regard bleu
Posé sur nos vies
Tendresse de tes mains
Pleines de noeuds d’amour
Où que tu sois
Sache notre fidélité
La force de notre quête
Celle qui fait vivre
Féconde de ton passage
De l’homme aimant
Reçois mes bras de vie
Entourant à jamais
Le souvenir de ta mémoire
De la reconnaissance heureuse
D’être ton fils

Christian xx

Voyage de la survivance!

Voyage de la survivance!

Je vous raconte une histoire, mon histoire, dans l’antre des spécialistes du prolongement de la qualité de la vie humaine. Quelques semaines avant la décision de procéder à l’ablation du greffon rénal, transplanté le 9 juillet 2002, je me retrouve devant un jeune urologue de l’Hôtel-Dieu de Québec, de surcroît de 34 ans, dont le nom est Yves Caumartin.
Une poignée de main ferme, le regard clair, il m’explique sa décision de procéder à une transplantechtomie du greffon malade. Je ne sais pourquoi, mais je ressens une absolue confiance dans ce chirurgien au regard lucide et compétent. Il m’explique qu’il décidera lors de la chirurgie, la technique qu’il jugera appropriée pour l’ablation du greffon. Je l’interpelle sur cette technique chirurgicale. En fait, me dit-il, le rein transplanté est recouvert d’une membrane, qui bien souvent est liée à de multiples adhérences, site très vascularisé et davantage à risque de saignement. Il pourra prendre la décision de sortir le greffon de sa membrane, comme on sort un oeuf de sa coquille.
Une chirurgie de deux à trois heures selon les difficultés rencontrées. Bon, je n’ai pas le goût de vivre une autre épopée chirurgicale, mais je suis devant une intervention incontournable.Je lui demande de procéder dans les meilleurs délais selon son agenda, fort chargé, vous vous en doutez!
Quelques jours plus tard, son bureau communique avec moi pour fixer la date du 25 février 2010, pour la chirurgie. Plus que trois semaines à attendre patiemment et anxieusement, le retrait du plus beau cadeau de la vie, offert il y a huit ans déjà!
Mon deuil est fait dans ma tête et mon coeur. Ma seule et unique préoccupation est le bon déroulement de l’ensemble des interventions liées à cette chirurgie.
Une semaine avant la date butoir, je passe une journée complète au service ambulatoire de l’Hôtel-Dieu de Québec.Rencontre avec les divers spécialistes de la cardiologie, de la néphrologie, l’anesthésiste et les innombrables piqures d’abeilles qui vous sucent le sang jusqu’à l’éclatement des veines. Bref, après tous les tests de contrôles et l’accord des spécialistes rattachés à mon volumineux dossier médical, j’ai la permission pour l’ablation de mon greffon sous anesthésie générale. J’avoue que pour la première fois de ma vie, je ressens une angoisse, une peur qui envahit mon esprit. Cette peur, elle s’est réellement manifestée deux à trois jours avant la chirurgie.
Je n’avais pas peur de mourir comme d’en ressortir diminué sur le plan cardiaque et fragilisé au niveau de mes cordes vocales, dues à l’intubation lors de l’anesthésie générale. Cette crainte, elle m’habitait depuis la dernière intervention datant de huit mois, ou j’ai passé à deux doigts de la mort. J’y ai laissé ma voix pendant des mois avant une récupération lente, non sans l’intervention d’un spécialiste des cordes vocales. Un infarctus en prime avec la pose d’un stent médicamenteux à l’un des vaisseaux du coeur. Là vraiment, j’y avais goûté de belle façon!
Le 25 février dernier, 8 h du matin, je me présente au service ambulatoire de l’hôtel-Dieu de Québec, avec mes effets personnels pour une hospitalisation la plus courte possible. Tous les gestes d’usages sont faits en préparation pour le rendez-vous intime avec le bloc opératoire. Salle de chirurgie dont j’ai l’habitude d’y sentir les asepsies et la froideur. Le voyage entre ma chambre temporaire à la préparation et le bloc opératoire a quelque chose de surréaliste. Trois étages séparent les deux endroits. Mais je vous jure, je ne sais pourquoi, comment mon cerveau se retrouve dans un état presque de grâce! À chaque fois, je vis ce calme olympien, en pleine contradiction avec mon angoisse existentielle de quelques heures auparavant. Ce couloir qui mène aux salles de chirurgies possède des mystères qui m’échappent!
Je suis là, immobile, après le départ du brancardier, dans l’attente de mon entrée sous les rayons lumineux de soleil multiples qui éclairent la peau blanchâtre jusqu’à l’apparition des afflux sanguins rouge écarlate, sous contrôles des mains de vie.
Quelques minutes avant, je demande à parler avec l’anesthésiste et la chirurgienne assistante. Je veux qu’ils fassent attention à mes cordes vocales et prennent soins de mon coeur. Voilà, je suis prêt!
Nous sommes à l’étape de l’anesthésie. L’humour a sa place, car j’aime bien ce moment du départ en douce dans l’antichambre de l’absence sans douleur, ni conscience. Je sens mon corps et mon cerveau glisser doucement vers un bien-être apaisant. Je ne suis plus là!
Salle de réveil, 5 h de la journée, tout s’est bien déroulé! Je regarde au moniteur, je vois que mes tensions artérielles sont belles, que mon pouls est normal. L’infirmière à mon chevet me rassure sur la réussite de l’intervention. Le soir, je suis transféré aux couloirs des soins intenses, ou une équipe, formidable s’occupe du suivi après chirurgie d’un certain nombre de patients à risques. Couloir de mort, couloir de vie, les soins intensifs sont le nec plus ultra des soins de l’hôpital. Il faut des nerfs d’acier, une compétence assurée pour y travailler à longueur d’année.
J’y étais par prévention! 36 heures plus tard, je me retrouve au 9e étage, le temps d’une rapide récupération. Le 2 mars sur l’heure du midi, je suis en plein soleil printanier, libre et sans aucune complication.
Merci à l’urologue Yves Caumartin et son équipe. À celle de la salle de réveil, des soins intensifs, du personnel du 9e étage, mon néphrologue Denis Poulin, l’équipe d’hémodialyse, du service ambulatoire, sans oublier le personnel de cardiologie, cette deuxième famille qu’est l’Hôtel-Dieu de Québec.