Voilà un sujet qui me préoccupe à titre de personne qui a besoin de l’hémodialyse pour assurer la poursuite de ma vie. Aujourd’hui, à cinquante-cinq ans, je vous fais part de certaines de mes réflexions sur l’existence à tout prix.
La dialyse est un traitement qui vise la purification du sang et l’élimination contrôlée des liquides, ce que ne peut assumer une dysfonction rénale terminale chronique. Dans mon cas, on parle de treize années de traitements et six années de greffe rénale.
Mon propos aborde la question fondamentale et éthique de la dialyse à des âges ou les conséquences du traitement sur la qualité de la vie n’existent pratiquement plus. J’ai de la peine à observer une vieille personne qui subit quatre heures de traitements, trois fois la semaine, qui au final est complètement épuisée.
Bien souvent, elle nécessite l’aide d’un membre de sa famille, s’il en reste au coeur sur la main, ou l’aide d’une personne affectée au transport adapté.
Quelle est leur véritable qualité de vie? La plupart doivent demeurer plusieurs heures au lit ou au grand repos, tellement ils sont fatigués entre chaque traitement.
Bien souvent, ils ont des problèmes cardiaques, pulmonaires et autres, conséquences d’un état de santé fragilisé par la difficulté des traitements et de la maladie.
Moi je veux bien que l’on s’acharne pour le prolongement de la vie humaine. Mais franchement, je vous jure que je ne voudrais jamais vivre cette qualité d’existence médiocre, en fonction d’une machine, de mon entourage, des étrangers, pour survivre de peines et de misères.
Je ne souhaite pour rien au monde voir ma mère de quatre-vingts ans subir et s’acharner à vouloir exister dans des conditions réductrices d’un minimum de qualité de vie de la personne!
Pourquoi le système de santé accepte-t-il de dispenser des traitements qui coûtent une fortune à la société et qui en bout de piste n’améliorent pas vraiment le bonheur de vivre de ceux qui en bénéficient? Des soins qui engorgent les unités d’hémodialyses, déjà surchargées. Ces personnes qui au bout d’une vie bien remplie, vivent comme des zombies aux crochets de leur entourage ou d’un système surtaxé de la vie à tout prix?
La mort est inéluctable pour chacun de nous! Elle est une délivrance et souhaitée en son heure! Pourquoi cet acharnement des médecins à offrir ces traitements a des personnes qui n’ont plus de qualité de vie, qui sont un fardeau pour leur famille, la société et eux-mêmes?
Nous avons la responsabilité chacun d’entre nous, d’envisager que notre vie sur terre, un jour, aura son terme.
Je ne juge pas mes semblables au vieil âge qui s’accrochent au système, à la vie! Mais, j’avoue que j’ai de la misère au sentiment de compassion devant des êtres humains qui n’acceptent pas après une existence bien remplie, de voir clair devant leur état trop fragilisé. Il faut faire face à ce que la nature a décidé pour la suite des choses! Vivre aux crochets d’une machine, d’un système et du besoin vital des autres, dans un état permanent de fragilité, de fatigue, quel beau programme!
Je souhaite trouver le courage et l’acceptation du départ final, si la vie ne m’offre que cette relation au monde. Mais, nous avons la responsabilité de développer une spiritualité et une conception de notre existence qui nous préparent au passage de la vie à la mort. L’après mort demeure un mystère! Mais je préfère la délivrance dans l’inconnu à une vie misérabiliste et contre nature!
Bon! Ceci est mon point de vue aujourd’hui! Peut-être suis-je en réaction à la vieillesse et la maladie! Ce texte est-il ma façon de refuser ce que je ne veux pas devenir?
juil
08
2010
08
2010






