Quelle est la mission du Festival d’été de Québec?

Je ne peux résister à l’envie de réfléchir tout haut sur la petite polémique, mais non moins importante, entourant la programmation trop anglophone et américaine de ce festival d’été de la Capitale nationale de Québec. Au départ, je pense beaucoup de bien de Daniel Gélinas, qui comme chacun d’entre nous le sait, a sauvé les fêtes du 400e d’une honte sans nom.
Daniel Gélinas est un gestionnaire, un développeur, un homme à l’hémisphère gauche et droit bien harmonisé. Il connaît très bien le milieu du spectacle et des artistes d’ici et d’ailleurs. Je loue sa compétence et sa passion pour ce festival et la ville de Québec. Dans un article du Journal de Québec, de jeudi 8 juillet 2010, sous la plume journalistique de Michèle Coudé-Lord, l’artiste Paul Piché, fervent amoureux du Québec et de la chanson en français. Il réagissait à un panneau publicitaire grand format, montrant notre poète national Gilles Vigneault, supposant, selon lui, un décalage entre cette publicité laissant croire à la préoccupation de la chanson francophone chez les décideurs du festival versus le contenu officiel de la programmation du festival d’été de Québec.
Bon, là, je n’embarquerai pas dans l’argumentaire de l’un et de l’autre, dont les sensibilités sont à la croisée du discours de l’artiste, amoureux de sa langue et préoccupé de son sort sur un continent majoritairement anglophone. De l’autre, le gestionnaire, l’amoureux de son festival, de sa ville, qui subit les assauts et exigences de certains de ses partenaires face au devoir de rentabilité, de visibilité.Donc, d’achalandage! Sans compter, les Francofolies de Montréal qui ont imposé leur dictat sur la date de leur événement annuel avec toutes les conséquences et difficultés que cela occasionne pour le festival d’été de Québec, cette décision unilatérale.
Je crois que Paul Piché et Daniel Gélinas représentent par leur vision, la problématique de la tenue des grands événements en chanson au Québec.Les deux points de vue se défendent et sont riches de sens!Mais, la question doit être posée! Quelle est la véritable mission inscrite dans la charte du festival d’été de Québec? Les deniers publics pour la promotion de la culture francophone du Québec et d’ailleurs, sont-ils bien servis par le festival d’été de Québec.Y a-t-il un questionnement quant au ratio francophone obligatoire versus l’anglophone dans le cadre de la programmation du Festival?
Moi, je veux savoir quelle est la mission du Festival d’été de Québec. À partir de là, nous pourrons échanger, argumenter, revoir s’il le faut la programmation, afin qu’elle corresponde étroitement au mandat et la mission du festival. Malheureusement, nous vivons en terre d’Amérique du Nord, en situation de minorité francophone, dont nous avons la responsabilité de promouvoir et d’assurer la survie de cette culture et cette langue, même s’il en coûte un peu sur le plan de l’achalandage et l’économique.
La francophonie est riche et féconde en talents! Développons de nouveaux axes pour la promotion et la diffusion de la chanson francophone d’ici et d’ailleurs!
La jeune relève d’écrivains en chansons, de compositeurs et d’interprètes doit recevoir beaucoup plus d’attentions et de place au sein de ce festival. Nous devons devenir un chef de file au sein de la francophonie.En attendant, assurons-nous que la mission du festival corresponde à cet incontournable passage obligé, qu’est la survivance et le rayonnement de la langue française sur cette partie du continent!
Il faut du courage pour accepter un certain nombre de réalités.Aux dirigeants du Festival d’été, je souhaite de voir et ressentir l’urgence des vrais valeurs pour notre société francophone sur cette terre d’Amérique.On se gâte à vouloir nourrir le star système au détriment des véritables objectifs et mission de notre organisme.