L’homme de plume! Pierre Morency

Voilà, je vous rencontre homme
De plume
Comme l’on découvre la source
Qui jaillit au fond d’un sol
Ou les arbres
Deviennent des géants
La tête dans les étoiles
Lumière de votre regard
Bleu
Passions et souffrances
Jusqu’à la saison des fruits
En partage
Solitude du créateur
L’artisan et ses trésors
Le papier, l’encrier
L’encre, le pinceau
Vous êtes l’oiseau homme
Votre envol littéraire
Telle l’outarde
Messagère des mots
De l’âme, de l’esprit
Touche le coeur
De l’être qui a soif
Voyager sur vos ailes
Dans vos pays intérieurs
Guider par votre poésie
Lumineuse, libre
Un phare pour l’humain
Et ses quêtes!
Sachez cher arbre, homme de plume
Écrivain, poète
Que nous en serons
Les gardiens!
Et les lecteurs aussi…

Texte lu au poète Pierre Morency
le 22 mars prochain, au Café Babylone.



Toi!

J’aimerais avoir vingt ans de moins, pour une seule et unique raison.Toi!-Christian Bilodeau



Le vieux marcheur…suite et fin!

Comme prévu, le vieux marcheur et l’homme au mal à l’âme sont au rendez-vous du dimanche. La lumière sur l’île est éclatante de beauté et dévoile aux insulaires une partie de ses mystères. Le vieux marcheur arrive près du chêne rouge avec son sac à dos, dont une fine tige de bois dépasse l’ouverture.
Bonjour Simon! Comment allez-vous? Pas si mal et vous? Moi, je me sens comme un enfant qui découvre à chaque fois les splendeurs de cet endroit.Vous savez, j’ai pensé beaucoup à vous cette semaine.Comme promis je vous ai apporté un objet qui me tient à coeur et qui saura vous amuser, je crois!
Simon est intrigué par ce que va lui faire découvrir le vieux marcheur.
Mais avant dit le vieil homme, nous allons boire un bon verre de rouge. Une bouteille que j’ai depuis quelques années dans ma cave. Un vin de Bourgogne, de Mâcon, qu’un ami m’a offert lors de l’un de mes voyages, au pays des ancêtres.
Le vieux marcheur sort la bouteille de rouge de son sac, avec deux verres. Il verse joyeusement le bon vin et les deux hommes trinquent à la vie. Après quelques verres tout en ayant contemplé l’immensité du champ de blé d’un côté et les fraisiers à perte de vue de l’autre, le vieil homme sort de son sac à dos, un cerf-volant multicolore, dont les couleurs annoncent plusieurs envolées dans l’armature.
Intrigué, Simon l’interroge sur la chose. Le vieux marcheur tout en dépliant son vieux cerf-volant explique que cet oiseau a volé dans tous les ciels de ses nombreux voyages.
Il demande à Simon de l’aider à le faire voler. Qu’il ne coure plus assez vite et que les jambes plus jeunes de ce dernier peuvent lui permettre de dessiner à nouveau le bleu du ciel.
Mais avant, dit le vieux marcheur, j’aimerais que vous me fassiez une promesse. Allez-y toujours, répond Simon.
J’aimerais que vous veniez à cet endroit, au pied de ce chêne rouge, durant les trois prochains dimanches. Que vous entouriez de vos bras ce chêne quelques minutes. Voilà ce que je vous demande.
Simon demeure silencieux quelques instants. D’accord, je tiendrai ma promesse!
Mais pourquoi ce rituel, demande-t-il au vieux marcheur? Vous verrez Simon, faites-moi confiance!
Les deux hommes partirent avec le cerf-volant, le long du chemin, bordé de chaque côté, par l’immense champ de blé et les fraisiers de l’autre. Le vieil homme déroula quatre à cinq mètres de corde, plaça le cerf-volant dans la main de Simon et l’invita à courir à grandes enjambées, dos au vent. Simon s’élança avec l’oiseau multicolore, laissant le vent soulever le cerf-volant.
L’oiseau se mit à voler dans le ciel, de plus en plus haut! Simon était comme un gamin. Surexcité de voir ce vieux cerf-volant tellement haut, tellement loin dans le ciel. Il regardait le vieux marcheur en l’interpellant sur le magnifique de la chose. Le jeu dura plusieurs minutes, jusqu’à ce que Simon cherche du regard le vieil homme.
Il ne voit plus dans son champ visuel, occupé à maintenir son cerf-volant dans le bleu azuré du ciel. Il ramène adroitement son oiseau au sol. Angoissé de constater que le vieux marcheur avait disparu, il arpenta le long de la route pendant plusieurs minutes. Il n’était plus là!Simon retourna chez lui inquiet et médusé par cette disparition inattendue. Quoi penser de ce départ sans salutations, sans même un au revoir. Enfin, il tiendra promesse à ce vieux marcheur.
Il se rendit comme promis, au pied du chêne rouge sur l’île durant les trois dimanches qui suivirent. Rien de particulier, les deux premiers dimanches. Il entoura de ses bras à chaque fois le chêne rouge, en essayant de sentir l’énergie de l’arbre plus que centenaire. Le dernier dimanche de la promesse, même rituel qu’à l’habitude. Sauf au moment du départ.
Il monte dans son véhicule et aperçoit un couple d’hirondelles qui tournent autour du véhicule. Jusque-là, il est amusé de ce jeu. Sauf, que les hirondelles ne le quittent pas du trajet. Il a beau accélérer, ralentir, un coup de roue à gauche, à droite, rien à faire. Les hirondelles demeurent à quatre ou cinq mètres de son par brise.
Alors, monte en lui, une émotion étrange. Quelque chose de l’ordre du mystère. Une chaleur au coeur, au cerveau! Les hirondelles l’ont accompagné jusqu’à la sortie du chemin de campagne qui donne accès à la route principale, en gardant toujours la même distance dans son champ visuel.
Quand elles l’ont quitté, il savait qu’il venait de vivre un moment unique, magique!
Il pensa aussitôt au vieux marcheur et à sa promesse. Simon savait maintenant, au fond de lui-même, que son regard sur la vie venait de changer. Le vieil homme lui avait permis de renouer avec le rêve!



Le vieux marcheur…suite

Le vieux marcheur qui avait eu plusieurs vies au cours de ses 78 ans décida de poursuivre la conversation et tenter de soutenir la démarche de confidences de l’homme mal dans sa peau.
Avez-vous des rêves, demanda-t-il? Non, je ne suis pas un homme qui rêve. Je suis un cartésien, les deux pieds sur terre. D’ailleurs les rêveurs, je n’ai pas une très haute opinion.
Alors, les émotions, les sentiments, l’amour, ce n’est pas votre tasse de thé non plus? Non, j’aime mes enfants, ma femme, mes amis.Je crois que j’ai réussi à leur donner un maximum de sécurité, de conforts et d’autonomie! Vous parlez de vos garçons? Oui! Je suis fier d’eux.
Le vieux marcheur lui demande:Et vous! Êtes-vous fier de vous, de la vie que vous avez vécu, de ce que vous avez accompli jusqu’à maintenant?
En vérité, j’ai axé ma vie sur l’avoir, l’aisance matérielle, le paraître et tout ce qui vient avec. Vous comprenez?
Oui je comprends!
En somme, vous êtes un homme inquiet dans la vie? Oui! Le vieux marcheur échange un sourire complice avec l’homme. Riez-vous de bon coeur souvent? Pas vraiment! En fait, je ne sais trop pourquoi. Peut-être que j’aborde la vie trop sérieusement.
Vous voulez que l’on vous prenne au sérieux? Oui, je crois. Parlez-moi, si vous le voulez bien, de cet ami qui vous a conseillé cet endroit, cet arbre?
Il n’y a pas très longtemps que je le connais. C’est le père de la nouvelle compagne de mon fils, le plus jeune. Nous nous sommes rencontrés à l’occasion de l’anniversaire de Isabelle, sa fille. Je l’avais invité à la maison pour célébrer les 25 ans d’Isabelle. Je savais qu’il était tout seul. Sa femme l’a quitté il y deux ans. Je sais qu’il a souffert de cette séparation. Il est tombé malade, une année plus tard. Une maladie dégénérative du système immunitaire.
Le vieux marcheur garde le silence quelques instants. Qu’est-ce qui vous attire chez cette personne pour que vous acceptiez de vous lier d’amitié avec lui?
Vous savez, cet homme est tellement différent de moi. Quelque part, je l’admire. Il a tout perdu, femme, argent, santé et il réussit à être heureux. Il a plein de passions, telles la peinture, la musique, la lecture, la marche, enfin, il m’étonne de tant de courage devant les coups bas de la vie. À vrai dire, il est complètement à l’opposé de moi.
Dans une discussion où nous avions bu quelques bons verres de rouge, il me demanda si j’étais heureux dans la vie. Il ressentait, je crois, mon vide, mon inconfort de vivre. Alors, tout naturellement, il me conseilla cet endroit, en me disant que j’y trouverais peut-être une réponse. En fait, il a piqué ma curiosité.
Comme le temps s’écoulait, que l’après-midi se dirigeait vers un soleil qui tombe doucement, le vieux marcheur fit la proposition suivante à sa nouvelle connaissance:Si nous nous rencontrions au même endroit dimanche prochain, j’aurais quelque chose pour vous? Bien entendu, si la température le permet. Qu’en pensez-vous?
Je suis d’accord, il me fera plaisir d’échanger avec vous à nouveau. Surtout, que je me rends compte que je ne sais rien de vous! Vous m’avez écouté, sans me dire un mot sur vous.
Alors, c’est un rendez-vous? Bonne semaine et à dimanche prochain!

À suivre…suite et fin!



Le vieux marcheur…

Un jour, un vieil homme marchant le long d’une petite route de campagne, remarque un homme assis seul au pied d’un majestueux chêne rouge. Il le salue courtoisement, d’un geste de la main. L’homme d’une cinquantaine d’années lui renvoie, nonchalamment les salutations d’usages.
Le vieil homme décide de s’approcher de l’inconnu et d’engager la conversation. Un bel été n’est-ce pas? Oui, mais j’ai hâte à l’automne, c’est moins chaud!Demeurez- vous sur l’île? Non, j’ai ma maison en banlieue de la ville. Venez-vous souvent au pied de cet arbre? Non, c’est la première fois. Un ami m’a recommandé ce lieu. À vrai dire, je n’aime pas beaucoup la campagne. Disons, que je vis une période un peu difficile et que je cherchais un endroit tranquille pour réfléchir.
Ah bon, lui répond le vieux marcheur. Avez-vous des problèmes financiers? Non, j’ai cinquante ans et je suis à la retraite. Je vis des placements de mon argent. Avez-vous des problèmes de santé? Non! je suis en bonne forme pour un gars de mon âge. Avez-vous des problèmes dans votre vie de couple? Non, j’ai une femme qui m’aime et aussi deux grands garçons adultes en pleine santé. En fait, je ne me prive de rien et j’ai tout ce que l’on peut désirer dans la vie. Ah oui! Et vous êtes malheureux? Disons que je sens un vide en moi. Je ne sais trop comment vous expliquer. Je crois que je n’ai jamais été vraiment heureux dans la vie. Le vieux marcheur écoute et laisse parler l’homme en pleines confidences.

À suivre…



Jean Ferrat le poète libre!

Le vent dans tes cheveux blonds, le soleil à l’horizon, quelques mots d’une chanson, que c’est beau, c’est beau la vie – Jean Ferrat
Merci le poète pour tant de beauté, de liberté, de résistance pour la défense et la promotion de la langue française! Merci pour mon enfance, vos chansons que jouaient au piano ma tante Jeannine, ma grand-mère adorée, Cécile Bilodeau. Vous êtes de la race des nobles et des purs de coeur! Bon voyage l’artiste! Votre oeuvre chansonnière, votre poésie vous survivront encore longtemps.
Vous êtes dans la lumière des grands bâtisseurs de culture de peuple!



Québec, une ville, un homme, un psychanalyste!

Voilà, la jeune dame de 400 ans d’histoire sous le regard d’un homme! Je ne sais trop quoi pensé de tout cet éclairage médiatique sur ma ville et le désir légitime d’un magistrat de la rendre plus attrayante pour les gens d’ici et d’ailleurs? Il me semble qu’elle possède en soi tous les attraits pour tous les plaisirs des sens et des intérêts divers. Bien sûr, ses citoyens portent en eux les faiblesses et les forces de sa sociologie et de son histoire. Elle a été étudiée, analysée, par nombres de chercheurs en sciences sociales, communications, historiens et autres universitaires d’ici, compétents, avec rigueur et abondantes données.
Sommes-nous obligés de la dénuder sur la place publique pour comprendre, assumer, les défis de sa prospérité économique, touristique, culturelle, démographique, écologique et le développement harmonieux de son urbanisation? Je n’ai rien contre la personne de monsieur Rapaille. Il est ici à la demande du Maire de la ville et ses élus.
Je crois qu’après cet exercice du divan collectif, nous comprendrons que nous savions déjà tout ce que l’on apprendra sur notre ville et que la meilleure solution aurait été de réunir nos élites dans tous les secteurs névralgiques de l’analyse et du développement de notre cité.Associés des citoyens avisés, pour définir les enjeux collectifs et les stratégies afin d’atteindre les résultats anticipés. Un exercice de concertation, mobilisateur, fécond et riche, parce que ses citoyens se sentent concernés!
Laissons monsieur Rapaille faire son travail, il est trop tard pour faire marche arrière. Retenons ce qu’il nous semble constructif de son rapport, puis abordons l’avenir de notre ville comme un immense chantier ou les citoyens de la grande ville de Québec et ses élites de tous les secteurs d’activités concernés seront conviés, au meilleur d’eux-mêmes.
Pour nous dire nos quatre vérités, pas besoin de l’aide extérieur!



Message à mon père!

Quatre années sans toi!
C’est long tu sais
Cher père
Tu as quitté ce monde
Comme la nuit
Ferme les yeux du soleil
Tu étais le cristal lumineux
Le regard bleu
Posé sur nos vies
Tendresse de tes mains
Pleines de noeuds d’amour
Où que tu sois
Sache notre fidélité
La force de notre quête
Celle qui fait vivre
Féconde de ton passage
De l’homme aimant
Reçois mes bras de vie
Entourant à jamais
Le souvenir de ta mémoire
De la reconnaissance heureuse
D’être ton fils

Christian xx



Pierre Morency l’écrivain, le poète de renommée internationale au Café Babylone!

Il me fait un immense plaisir de vous annoncer officiellement la présence de l’écrivain, le poète de renommée internationale, Pierre Morency.Lundi le 22 mars prochain à 18 h, au Café Babylone de Québec, je recevrai en entrevue-rencontre, l’auteur du roman Lumière des oiseaux et de nombreux autres écrits poétiques, lus par des milliers de lecteurs du Québec et de la Francophonie.
Récipiendaire de nombreux prix et reconnaissances au Québec et en France, cette sortie publique de l’écrivain est un privilège pour moi et mon équipe des soirées Lancer un câble aux étoiles.
L’homme de théâtre Paul Hébert nous fera le grand honneur de sa présence pour lire un texte de son ami et rendre hommage au poète. Il s’agit d’un moment unique, sous l’empreinte de la confidence et de la découverte de ce personnage plus grand que nature. Sous des airs composés par l’artiste-musicien de Québec, Alfred Marin, je vous ferai la lecture d’un texte poétique d’une jeune écrivaine de la région de Québec du nom de Janique Watier.
De plus, pour la première fois devant public, je ferai la lecture de l’un de mes textes poétiques. Une soirée au coût de 15 $ par personne pour un maximum de 50 places assises.
C’est un rendez-vous à ne pas manquer!

Pour réservations:Café Babylone, 181 rue St-Vallier Est
Tél:418-523-0700
christianbilodeau.com
Tél:1-802-357-4067



Voyage de la survivance!

Je vous raconte une histoire, mon histoire, dans l’antre des spécialistes du prolongement de la qualité de la vie humaine. Quelques semaines avant la décision de procéder à l’ablation du greffon rénal, transplanté le 9 juillet 2002, je me retrouve devant un jeune urologue de l’Hôtel-Dieu de Québec, de surcroît de 34 ans, dont le nom est Yves Caumartin.
Une poignée de main ferme, le regard clair, il m’explique sa décision de procéder à une transplantechtomie du greffon malade. Je ne sais pourquoi, mais je ressens une absolue confiance dans ce chirurgien au regard lucide et compétent. Il m’explique qu’il décidera lors de la chirurgie, la technique qu’il jugera appropriée pour l’ablation du greffon. Je l’interpelle sur cette technique chirurgicale. En fait, me dit-il, le rein transplanté est recouvert d’une membrane, qui bien souvent est liée à de multiples adhérences, site très vascularisé et davantage à risque de saignement. Il pourra prendre la décision de sortir le greffon de sa membrane, comme on sort un oeuf de sa coquille.
Une chirurgie de deux à trois heures selon les difficultés rencontrées. Bon, je n’ai pas le goût de vivre une autre épopée chirurgicale, mais je suis devant une intervention incontournable.Je lui demande de procéder dans les meilleurs délais selon son agenda, fort chargé, vous vous en doutez!
Quelques jours plus tard, son bureau communique avec moi pour fixer la date du 25 février 2010, pour la chirurgie. Plus que trois semaines à attendre patiemment et anxieusement, le retrait du plus beau cadeau de la vie, offert il y a huit ans déjà!
Mon deuil est fait dans ma tête et mon coeur. Ma seule et unique préoccupation est le bon déroulement de l’ensemble des interventions liées à cette chirurgie.
Une semaine avant la date butoir, je passe une journée complète au service ambulatoire de l’Hôtel-Dieu de Québec.Rencontre avec les divers spécialistes de la cardiologie, de la néphrologie, l’anesthésiste et les innombrables piqures d’abeilles qui vous sucent le sang jusqu’à l’éclatement des veines. Bref, après tous les tests de contrôles et l’accord des spécialistes rattachés à mon volumineux dossier médical, j’ai la permission pour l’ablation de mon greffon sous anesthésie générale. J’avoue que pour la première fois de ma vie, je ressens une angoisse, une peur qui envahit mon esprit. Cette peur, elle s’est réellement manifestée deux à trois jours avant la chirurgie.
Je n’avais pas peur de mourir comme d’en ressortir diminué sur le plan cardiaque et fragilisé au niveau de mes cordes vocales, dues à l’intubation lors de l’anesthésie générale. Cette crainte, elle m’habitait depuis la dernière intervention datant de huit mois, ou j’ai passé à deux doigts de la mort. J’y ai laissé ma voix pendant des mois avant une récupération lente, non sans l’intervention d’un spécialiste des cordes vocales. Un infarctus en prime avec la pose d’un stent médicamenteux à l’un des vaisseaux du coeur. Là vraiment, j’y avais goûté de belle façon!
Le 25 février dernier, 8 h du matin, je me présente au service ambulatoire de l’hôtel-Dieu de Québec, avec mes effets personnels pour une hospitalisation la plus courte possible. Tous les gestes d’usages sont faits en préparation pour le rendez-vous intime avec le bloc opératoire. Salle de chirurgie dont j’ai l’habitude d’y sentir les asepsies et la froideur. Le voyage entre ma chambre temporaire à la préparation et le bloc opératoire a quelque chose de surréaliste. Trois étages séparent les deux endroits. Mais je vous jure, je ne sais pourquoi, comment mon cerveau se retrouve dans un état presque de grâce! À chaque fois, je vis ce calme olympien, en pleine contradiction avec mon angoisse existentielle de quelques heures auparavant. Ce couloir qui mène aux salles de chirurgies possède des mystères qui m’échappent!
Je suis là, immobile, après le départ du brancardier, dans l’attente de mon entrée sous les rayons lumineux de soleil multiples qui éclairent la peau blanchâtre jusqu’à l’apparition des afflux sanguins rouge écarlate, sous contrôles des mains de vie.
Quelques minutes avant, je demande à parler avec l’anesthésiste et la chirurgienne assistante. Je veux qu’ils fassent attention à mes cordes vocales et prennent soins de mon coeur. Voilà, je suis prêt!
Nous sommes à l’étape de l’anesthésie. L’humour a sa place, car j’aime bien ce moment du départ en douce dans l’antichambre de l’absence sans douleur, ni conscience. Je sens mon corps et mon cerveau glisser doucement vers un bien-être apaisant. Je ne suis plus là!
Salle de réveil, 5 h de la journée, tout s’est bien déroulé! Je regarde au moniteur, je vois que mes tensions artérielles sont belles, que mon pouls est normal. L’infirmière à mon chevet me rassure sur la réussite de l’intervention. Le soir, je suis transféré aux couloirs des soins intenses, ou une équipe, formidable s’occupe du suivi après chirurgie d’un certain nombre de patients à risques. Couloir de mort, couloir de vie, les soins intensifs sont le nec plus ultra des soins de l’hôpital. Il faut des nerfs d’acier, une compétence assurée pour y travailler à longueur d’année.
J’y étais par prévention! 36 heures plus tard, je me retrouve au 9e étage, le temps d’une rapide récupération. Le 2 mars sur l’heure du midi, je suis en plein soleil printanier, libre et sans aucune complication.
Merci à l’urologue Yves Caumartin et son équipe. À celle de la salle de réveil, des soins intensifs, du personnel du 9e étage, mon néphrologue Denis Poulin, l’équipe d’hémodialyse, du service ambulatoire, sans oublier le personnel de cardiologie, cette deuxième famille qu’est l’Hôtel-Dieu de Québec.