Le président du gouvernement Mondial annonce d’une voix grave que la planète est sous le joug d’un virus provenant du cosmos. Aucun doute dans l’esprit des chercheurs du Ministère de la Santé, nous sommes en présence d’un virus inconnu et redoutable par sa violence et ses effets rapides sur la santé des yeux des citoyens résidant n’importe ou sur tous les continents.
Il invite les citoyens de la terre entière, à faire preuve de compassion les uns envers les autres et promet que l’équipe de scientifiques regroupant les plus grands chercheurs de la planète, travaillera sans relâche à la création d’un antidote afin de sauver l’humanité de la plus grave catastrophe imposée à l’homme depuis son existence.
Il réitère l’importance de garder espoir et faire preuve de force intérieur, de solidarité, d’entraide devant les souffrances et les bouleversements incommensurables que ce virus cause à l’homme.
Les semaines défilent dans la peine et les deuils imposés à la famille. Francis et Jessica sont de retour à la maison de Aix-en-Provence. Ils doivent réapprendre à vivre. Accepter l’inacceptable, la cécité totale! À l’image du couple et leur famille,le monde cherche de nouveaux repères! Des centaines de milliers d’aveugles de partout la planète!
Le virus poursuit son carnage aux yeux des humains. Les plus intelligents cerveaux du monde n’arrivent pas à trouver l’antidote à cette bactérie venue de l’univers! L’ordre social, économique, politique, la santé mentale et psychologique des populations affectées est menacée!
Le niveau de suicide individuel et collectif prends une tangente alarmante!
La solidarité entre les voyants, épargnés jusqu’à ce jour par le virus et les nouveaux non-voyants trouve la voie de la compassion. Mais combien de temps cette compassion résistera-t-elle aux affres du temps, aux exigences sans nom des besoins à satisfaire de ces personnes à jamais handicapées!
La famille pour le moment est le lieu d’ancrage des solidarités humaines et nécessaires pour un minimum de cohérence sociétale!
Un chaos indescriptible est à prévoir! Le moral et la confiance s’effritent de jour en jour! Sandra tente du mieux qu’elle peut d’organiser la vie de sa famille dans ce contexte qui change toute la donne des valeurs acquises jadis, il y a pas si longtemps. Elle doit composer avec ses craintes que le virus attaque Albert et elle-même. Francis et Jessica demandent une aide constante. Aucune ressource extérieure disponible pour soutenir la famille dans cette épreuve.
Les ressources financières fondent à un rythme qui laisse présagé que le calvaire n’en finira plus de finir! Les économies mondiales sont bouleversées.Toutes les entreprises et services gouvernementaux fonctionnent au ralentit. Les continents Européen,les Amériques, l’Afrique, l’Asie, le moyen Orient et tous les autres endroits sur la planète dénombrent des centaines de milliers de citoyens qui ont perdu la vue. Une psychose planétaire s’est installée. Les politiques n’ont plus de discours, plus rien à offrir pour calmer leurs populations.
Une grave pénurie alimentaire est à prévoir! Les semaines passent, les chercheurs sont toujours dans la quête de l’antidote miracle au virus venu de l’univers. Mais voilà, que les médias nationaux et internationaux informent dans un bulletin traité en priorité que des cas de disparitions du virus chez des patients atteints, sont observés dans certaines régions du sud de la France.
Les scientifiques du Ministère de la Santé Mondiale ne savent quoi penser de ces constatations rapportées dans les médias et confirmées sur le terrain auprès de certains centres de santé du sud de la France! Cette nouvelle fait le tour de la planète à une vitesse de l’instantanée. Des cas de citoyens ayant perdus la vue suite au virus, recouvrent la vision progressivement. L’espoir renaît comme une lumière sur le monde.
Les jours passent et l’on dénombre à chaque jour des centaines de cas de citoyens recouvrant la vue après des semaines de cécité totale.Ces cas de recouvrement de la vue se manifestent maintenant sur tous les continents.
La petite Jessica ouvre les yeux et mentionne à sa mère qu’elle voit embrouillée, mais qu’elle voit! Quelle est cette étrange virus qui vient semer la noirceur sur la planète pour ensuite disparaître progressivement sans antidote, contre toutes attentes des plus éminents chercheurs de la planète.
Un bonheur indescriptible prend place dans le coeur et l’esprit de chaque citoyen du monde. Il est peut-être encore trop tôt pour croire que ce virus disparaîtra comme il est arrivé, retournant dans les profondeurs stellaires de l’univers.
Francis vit le même phénomène que sa fille Jessica.Les pleurs se mélangent à la joie immense de revoir à nouveau. Jamais Sandra n’a paru aussi belle aux yeux de Francis.Revoir ses enfants, la beauté et la lumière du monde extérieur lui procure un état de grâce, un émerveillement jamais ressentit auparavant!
À suivre…
Prologue.
Nous sommes en 2200, l’espérance de vie chez les humains est de 125 ans. La science est omniprésente et a fait des progrès fabuleux pour la survivance de l’homme. Ce dernier n’a toujours pas résolu le mystère de ses origines et l’énigme de son rapport à la création.
Un gouvernement mondial règne sur l’humanité et dicte les règles de fonctionnement de l’économie, et du rôle des états sur l’échiquier de la planète. La langue universelle de l’économie pour la communication entre les hommes est l’anglais. Il n’y a plus de guerre des religions. Tous les états de la planète sont laïques, permettant la liberté de culte.
Nous sommes à l’aire des robots intelligents qui remplacent l’homme dans de nombreux secteurs de la vie quotidienne. Les communications et les transports se font à une vitesse ou la terre des hommes est déjà trop petite pour lui. Cette dernière étouffe par le surpeuplement des continents d’Asie et d’Afrique. Elle n’arrive plus à nourrir l’ensemble de l’humanité. L’eau potable est une ressource recherchée et en manque un peu partout sur la terre.
Le gouvernement mondial a légiféré pour la protection de l’eau douce.
Les nuits se rallongent, car le jour se meurt sous l’épaisse couche d’ozone et de smog, causée par la pollution urbaine, le surpeuplement et la multiplication des véhicules de tous genres. Les changements climatiques fragilisent la vie de millions d’individus en Amérique.La désertification causée par l’homme et l’avancement des océans le long de certains continents retranche l’homme en zone urbaine.
Mais la plus grande catastrophe de l’humanité se profile dangereusement sur l’un des continents les plus civilisés!
Un virus de souche inconnue s’attaque à l’oeil chez les humains. Il est tellement virulent, que ses conséquences sont la cécité complète pour ceux ou celles qui en sont porteurs.
Les chercheurs du monde entier sont sur un pied d’alerte. L’Organisation mondiale de la santé avise tous les États de la planète d’une catastrophe jamais égalée sur le plan pandémie. Déjà sur le continent Européen, des centaines de milliers de personnes infectées par le virus que les chercheurs prénomment:Le BKH2.
Sandra! As-tu écouté les nouvelles de ce matin? C’est effrayant ce qui se passe en Europe! Oui, je sais Francis, cela me fait peur, toute cette vague de personnes aveugles conséquence de ce virus maudit! Il semble que les chercheurs ne soient capables de trouver le vaccin antidote, qui tuerait la souche de ce virus. Combien de personnes atteintes en France selon toi Francis?
Je ne sais trop! Mais les hôpitaux sont débordés et c’est la panique au bureau.Sandra est Québécoise, venue s’installer en France avec Francis, jeune avocat Français, d’Aix-en Provence, dans la début trentaine.
Sandra est écrivaine et a déjà publié deux romans chez une Maison D’éditions internet.Elle est romancière, follement amoureuse de ce jeune avocat, qu’elle a rencontré chez des amis Parisiens, lors d’un séjour ou elle donnait une conférence sur la disparition des communautés autochtones du grand nord Québécois.Elle est sociologue de formation, diplômée de l’Université de Montréal.
À suivre!
Josée pleure sa mère. Une femme dans la jeune cinquantaine, décédée d’un cancer impitoyable. Le combat contre la maladie fut long et pénible. Fille unique, très près de Suzanne, sa mère, elle accompagna celle-ci, jusqu’à la fin.
Josée est une femme magnifique, au coeur tendre et l’intelligence vive. La mort de Suzanne bouleversa ses valeurs et son rapport à la vie.Elle vient de perdre la femme la plus significative depuis sa naissance, sa confidente, celle à qui elle pouvait tout raconter.
Elle consacre à son père le soutien moral dont il a grandement besoin.Lui, l’homme fragile, qui déteste se raconter.
Chef de mission en pays étranger, plus précisément en Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest, Josée demanda un congé sans solde de six mois, afin d’être auprès des siens.
Mais un malheur n’arrive souvent, hélas, jamais seul! L’homme de sa vie, son grand amour depuis maintenant six ans, lui annonce, le lendemain des funérailles, qu’il veut poursuivre sa vie en dehors du couple.
Il quitte Roberval, dans quelques jours, pour poursuivre son travail de coopérant en Amérique du Sud. Il s’occupera activement de formation auprès de villageois péruviens. Son mandat sera de mettre sur pied, une coopérative agricole en soutenant la formation des gens du milieu.
Josée est sous le choc! Celle-là, elle ne l’a pas vue venir! Elle qui croyait que Émile était toujours amoureux d’elle.
Ils s’étaient rencontrés au Guatemala, il y a plus de six ans. Jeunes coopérants, ils sont devenus follement amoureux l’un de l’autre.
Dans le milieu, on les surnommait les inséparables. Comme les oiseaux qui ne se quittent jamais! Bizarre parfois l’existence! Ils projetaient de donner un nouveau souffle à leur vie de couple. Tous les deux étaient d’accord pour avoir un enfant. Josée était folle de bonheur à l’idée de devenir mère et porter la vie en elle. Cette décision de l’homme qu’elle aimait depuis plusieurs années s’abattit sur elle comme la foudre inattendue, un soir d’avril.
Elle devra porter en son coeur deux immenses deuils. Parfois, il y a certaines pertes dont on ne se relève jamais!
Josée décida d’aller vivre sur l’île Verte près de Rivière-du-Loup. Une petite maison près du large, pour y refaire sa santé émotionnelle et aussi physique.
Ce choix de s’isoler, de s’éloigner pour mieux se rapprocher d’elle-même était plus que nécessaire. Il devenait vital! Elle s’ennuyait de Émile. Il habitait ses pensées tous les jours depuis son départ. Déjà, trois mois se sont écoulés depuis la mort de Suzanne.Le mois de juillet est magnifique sur cette île de la poésie.
Josée se mit à l’écriture et au dessin. Elle dessinait au fusain les paysages et personnages de l’île. L’écriture devint rapidement une passion. La passion des mots, de ses imaginaires soutenait son manque, son immense vide:Émile et Suzanne sa mère.
Josée était une jeune femme de trente-trois ans. La tignasse rousse et les yeux vert émeraude, elle était longiligne avec de la retenue dans le comportement.
Un caractère bien trempé doté d’une belle intelligence émotionnelle. Une sensibilité d’artiste, faisait d’elle une personne réceptive aux sentiments des autres. Sur l’île, on l’appelait déjà la rousse aux yeux de perles!
À suivre….
Il est cinq heures du matin. Déjà Marina s’affaire à chauffer le four à bois deux-ponts pour le café et le petit déjeuner. Le soleil se lève sur l’horizon multicolore des montagnes à feuilles.
Le campement de bois ronds s’étire doucement avec les odeurs et la chaleur du feu d’érable.
Marina réveille délicatement son homme et son beau-père. Aujourd’hui, c’est l’ouverture officielle de la chasse à l’ours noir. Pour rien au monde, nos chasseurs n’auraient manqué ce rendez-vous tant espéré depuis la saison dernière.
La forêt du nord de La Tuque accueille un grand nombre d’ours noirs en cette période de l’année.
Luc et son père Rino ont installé depuis plusieurs semaines les caches pour l’observation de l’animal, convoité pour sa fourrure et le plaisir de déjouer son odorat fin et rusé.
Marina est une passionnée de nature et de lecture.
Elle est délicate et très féminine. Paradoxe inexpliqué, que cette jeune femme à l’allure tout en douceur, manie le gros calibre avec habileté et prenne plaisir à déjoué le gibier sur son territoire.
Luc, son compagnon de vie, est un chasseur avisé, le compas dans l’oeil, dont le sens du détail et la connaissance des bois en font un chasseur redoutable.
Quant au père de Luc, Rino, il est le plus expérimenté des trois. Il connaît le territoire de l’ours et ses habitudes. Chaque année, Rino ramène au village, sur le toit se sa vieille Jeep de l’armée, son trophée de chasse.
Ça sent bon dans le campement! Luc s’approche de Marina et lui chuchote à l’oreille quel est le plus beau chasseur du campement.
Voilà une délicatesse qui valut à Luc le service cinq étoiles d’un déjeuner pour homme.
Le beau-père ne voulant être en reste devant les faveurs obtenues de son fils, exclama tout haut qu’il avait la plus belle bru du village.
Difficile de résister à tous ces compliments!
Sauf que Marina troqua le petit déjeuner de ses hommes pour qu’en retour ils lavent et rangent les vaisselles et la propreté du camp, avant le départ pour la chasse.
Marina a toujours eu le sens des affaires.
Elle dirige une boutique de vêtements plein air à Alma.Déjà six heures du matin, le temps est à la grisaille.
Tous les trois ont enfilé leurs vêtements de camouflage, préparer et vérifier leurs armes et cartouches. Ils sont fins prêts! Fébriles et anxieux de retrouver leurs caches et repérer les traces fraîches de l’animal.
Marina décide de se séparer du groupe. Elle veut explorer un sentier non loin des caches, qui longent la rivière. Luc lui demande d’être prudente et de suivre les conseils de base au niveau de la sécurité. Il s’assure qu’elle a son sifflet en cas de problème.
Marina est une fonceuse qui n’a pas froid aux yeux. Elle veut marcher ce sentier, où elle a laissé de l’urine de femelle à quelques endroits lors de la préparation des caches plusieurs semaines auparavant!
La belle et la bête auront-elles rendez-vous? Le temps est de plus en plus maussade. Nos hommes commencent à ressentir le froid dans leur cache respective.
Marina marche le long du sentier menant à la rivière depuis presque une heure maintenant. Pas de nouvelles!
À suivre!
Nous descendons doucement vers les battures du fleuve. C’est l’été, le mois de juillet est en fête. Ça sent l’amour chez les fées! Charles a du bonheur plein les yeux. Il tient la main chaude et douce de sa belle.
Où m’amènes-tu, lui demande Pascale?
Ce soir, je t’ai préparé un feu de bois là où nous pourrons contempler les étoiles, le fleuve et le coucher du soleil.
Charles dans la journée, avait ramassé du bois sec, ériger à l’indienne, pour le feu du soir.
Pascale ne se doutait de rien! Charles apportait dans son sac à dos, les frugalités pour le plaisir d’un repas en amoureux.
Marchant côte à côte le long du petit sentier à travers champ, ils entendaient les grillons tout en humant les odeurs des herbes folles, chauffées par le soleil du jour.
Crois-tu que notre amour va durer toujours? Je suis tellement heureux avec toi! Je n’ai jamais aimé quelqu’un comme je t’aime, tu sais!
Moi aussi je suis follement amoureuse de toi Charles! Si je te perdais, je crois que je ne pourrais plus jamais aimer à nouveau.
Moi! J’en mourrais Pascale!
Ne dis pas de sottises grand fou! Non, je te le jure! Je ne crois pas qu’il soit possible d’aimer plus fort que ce que je ressens pour toi.
Le ciel est peint d’oranger, de rouge, de quelques étoiles qui brillent sur cette soirée naissante et chaude de juillet. Près du feu de bois, des immenses pommiers trônant sur le paysage, dont l’horizon glisse sur les champs d’orges avoisinants.
Plus bas, sur les battures, le fleuve et la vastitude des montagnes lointaines qui dessinent la poésie des grands espaces.
Charles allume le feu que déjà des milliers d’étincelles s’envolent vers le ciel.Le bois est sec et pétarade son plaisir de tant d’oxygène.
Pascale s’affaire à placer le goûter sur la nappe, étendue sur l’herbe, à quelques mètres du feu. Elle débouche la bouteille de Mommessin, un Beaujolais rouge français, pour le plaisir en bouche et l’éveil des sens.
Les amoureux ne tardent pas aux ébats du coeur et des corps. Sans attendre la deuxième gorgée de rouge, ils profitent de la chaleur du feu naissant pour s’aimer follement.
À suivre…
Anne aimerais-tu un jus d’orange? Non merci Sébastien! Un café noir me suffit ce matin. Viens voir Anne, les crocus sont en fleurs sur le parterre!
Ça sent le printemps ma douce! Tu sais Anne, je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie. Tu m’as appris à regarder le monde avec tes yeux. Moi, le gars rationnel, cartésien, qui a toujours eu peur de ses émotions. Merci la vie que mes yeux aient rencontré tes yeux.
Sébastien, tu es d’un romantisme fou ce matin! Je t’aime moi aussi mon grand filou. Anne! Si on allait se recoucher quelques minutes? On a du temps, nous sommes samedi! D’accord, mais seulement quelques minutes (Rires complices).
Quelques heures plus tard! Sébastien j’aime faire l’amour avec toi. Tu me connais! Je me sens femme à tes côtés. Tant mieux, parce que l’amour, ça se vit aussi dans le plaisir du sexe que l’on se donne.
Franchement Anne, je trouve qu’après cinq années de vie commune, j’ai l’impression à chaque fois, que c’est la première. Pas toi? Bon Sébastien, là on arrête les mamours et on sort de la maison. OK! Qu’est-ce qu’on fait?
Je propose Anne que nous allions marcher à la montagne? On pourrait prendre le téléphérique du Mont St-Anne et faire un petit pique-nique en haut sur la terrasse du chalet? Je prépare le goûter et toi une salade? Ça te va Sébastien? Parfait ma belle!
Il faut s’habiller en conséquence, ça ne sera pas chaud en haut de la montagne Sébastien.Oui, oui, je sais!
La fin de semaine passe doucement, dans le bonheur de deux âmes amoureuses et une petite maison chaude comme l’amour naissant.
Nous sommes à la fin avril, le boulot ne manque pas pour nos deux tourtereaux. Sébastien est ingénieur civil pour le ministère des Transports et Anne est violoniste pour l’orchestre symphonique de Québec.
Tous les deux sont natifs de la Gaspésie, terre de leurs ancêtres. Sébastien est un sportif, un physique, tandis que Anne est une littéraire, une musicienne.
Ils ont une passion commune:La voile. Depuis qu’ils se connaissent, ils ont toujours réalisé chaque année un petit voyage sur leur voilier. Un sentiment de liberté, de vastitude les habite à chaque fois.
Depuis leur petite enfance, la mer est l’amie, la confidente de toujours. Elle est un besoin viscéral pour chacun d’eux. Il possède et cajole un petit voilier à un mat, équipé de deux voiles. D’une longueur de 8 mètres avec cabine et moteur de dépannage, il possède tout l’équipement requis pour sillonner le long des côtes maritimes d’ici et d’ailleurs.
Les vacances sont le prétexte à des navigations de quelques semaines. Sébastien est un bon capitaine et un passionné des flots. Une bonne partie de leurs économies est investie dans l’amélioration de leur voilier.
Cette année, pour souligner le trente-cinquième anniversaire de naissance de Anne, ils sillonneront la mer des Caraibes. Un périple de plus d’un mois à bord!Une première pour eux!
À suivre…
Alexandre, à quoi penses-tu? Rien d’important Julie! Tu n’es pas obligé de m’en parler Alexandre, mais je te connais assez pour deviner que tu es très loin dans ta tête en ce moment.
Oui, c’est vrai! Je pense à nous deux, notre vie, mon travail. Il me semble que nous nous éloignons l’un de l’autre depuis un bon bout de temps!
Tu ne trouves pas Julie? Dix ans de vie à deux, à travailler, payer les dettes, petit chapeau, petit manteau, à gagner le pain quotidien comme le disais Félix. La vérité est que je me sens las de cette routine qui m’étouffe!
J’ai l’impression de ne pas exister. Je crois que l’on passe à côté de quelques choses, non! Écoute, nous sommes dans la quarantaine, en bonne santé, qu’est-ce que tu dirais si l’on partait?
Partir ou Alexandre? Je ne sais pas! Faire l’Europe en bicyclette, vivre sur un bateau en visitant la France par les canaux fluviaux, il y a tant à vivre! On vend tout et l’on part à l’aventure. Qu’est-ce que tu fais de mon travail, mes clients, mon bureau!
Enfin Alexandre, réfléchis à toutes les conséquences d’une telle décision? Je sais! Je sais! Oublie cette idée folle.
Non, je ne veux pas l’oublier, mais examiner lucidement ce qui t’arrive! Tu n’es plus heureux avec moi? Je suis fatigué de mon boulot, notre petite vie programmée à l’avance. On sait même les soirs où l’on va faire l’amour!
Écoute! Nous n’avons pas d’enfants ensemble. Bien sûr il y mon fils, mais il a vingt ans et étudie à l’université. Il peut se passer de son père pour une année! Enfin, sa mère est là! Pour mon journal, je demande un congé sans solde. De toute façon, pour les dossiers qu’ils me confient, ils peuvent me remplacer facilement, ne sois pas inquiète pour eux!
Bon, je constate que tu as vraiment le goût d’un arrêt. Donne-moi un peu de temps pour réfléchir à tout cela Alexandre.
D’accord Julie! Je t’aime, tu sais?
Quelques semaines plus tard, le sujet est abordé à nouveau. Alexandre revient à la charge auprès de Julie. Et puis Julie! As-tu réfléchi à mon idée de tout vendre et partir juste tous les deux, comme lors de notre premier voyage en Amérique centrale, à nos débuts?
Oui, j’y ai longuement pensé Alexandre.Voilà le fruit de ma réflexion.
À suivre.
Pierre que fais-tu? Écoute Nathan, j’écris un texte qui prendra la mer. Pourquoi un texte à la mer? Je ne comprends pas ton manège. Je veux faire le tour du monde! Bon, réplique Nathan, c’est une idée. Je peux comprendre Pierre qu’avec ta maladie terminale, tu essaies de laisser une empreinte, marquer ton passage! Enfin, assure-toi que ta bouteille soit étanche et résiste aux intempéries de toutes sortes.
Ne t’inquiètes pas mon ami! Je planifie tout dans les moindres détails, elle sera étanche, résistante au temps et à l’eau de mer. En fait mon cher Nathan, j’aimerais que tu ailles la déposer pour moi, là où le golfe s’ouvre sur l’atlantique. Tu sais, un peu en haut de Tadoussac? Tu acceptes?
Bien sûr, tu sais bien que je ne te refuserai pas ce voyage dans le temps. Je suis ton ami, et serai avec toi jusqu’à la fin. Si cette bouteille à la mer signifie quelque chose d’important pour toi, je le ferai, poète des océans!
Merci mon vieux chum, je t’aime, tu sais? Chaque jour je remercie l’univers que tu sois dans ma vie. C’est drôle Nathan, tu as toujours été fidèle à notre amitié, loyal et authentique. Je crois que tu es mon ange sur cette terre.
T’exagères un peu, mon Pierre! Je dois te laisser, Isabelle m’attend et les enfants pour le souper. Je reviens demain et t’apporterai le livre que tu m’as demandé.
Nathan, avant de partir, peux-tu essayer de me trouver du papier, style parchemin, une bouteille plastifiée résistante et du silicone pour sceller l’embouchure? Quand tu auras le temps, ne bouscule pas ton agenda pour moi.
Oui pas de problème Pierre, je ferai cela cette semaine. Mais, vas-tu me lire ce que tu vas écrire sur ton parchemin? Non! Seule la personne qui la trouvera en l’année indiquée en connaîtra le contenu.
Et tu dis que je suis ton meilleur ami! Enfin drôle d’amitié! OK, je pars! Salut vieux bambochard! À demain!
Salut Nathan, merci pour tout! On se voit demain en fin de journée, j’ai un traitement à 14 h, une rencontre avec le spécialiste et le vieux prêtre de l’hôpital va certainement venir me faire la causerie!
À suivre…
Un jour, un vieil homme marchant le long d’une petite route de campagne, remarque un homme assis seul au pied d’un majestueux chêne rouge. Il le salue courtoisement, d’un geste de la main. L’homme d’une cinquantaine d’années lui renvoie, nonchalamment les salutations d’usages.
Le vieil homme décide de s’approcher de l’inconnu et d’engager la conversation. Un bel été n’est-ce pas? Oui, mais j’ai hâte à l’automne, c’est moins chaud!Demeurez- vous sur l’île? Non, j’ai ma maison en banlieue de la ville. Venez-vous souvent au pied de cet arbre? Non, c’est la première fois. Un ami m’a recommandé ce lieu. À vrai dire, je n’aime pas beaucoup la campagne. Disons, que je vis une période un peu difficile et que je cherchais un endroit tranquille pour réfléchir.
Ah bon, lui répond le vieux marcheur. Avez-vous des problèmes financiers? Non, j’ai cinquante ans et je suis à la retraite. Je vis des placements de mon argent. Avez-vous des problèmes de santé? Non! je suis en bonne forme pour un gars de mon âge. Avez-vous des problèmes dans votre vie de couple? Non, j’ai une femme qui m’aime et aussi deux grands garçons adultes en pleine santé. En fait, je ne me prive de rien et j’ai tout ce que l’on peut désirer dans la vie. Ah oui! Et vous êtes malheureux? Disons que je sens un vide en moi. Je ne sais trop comment vous expliquer. Je crois que je n’ai jamais été vraiment heureux dans la vie. Le vieux marcheur écoute et laisse parler l’homme en pleines confidences.
À suivre…